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Aujourd’hui, la méthode d’éducation positive est bien acceptée dans l’univers canin. Les mentalités et les façons de travailler ont en effet beaucoup évolué ces dernières années grâce, notamment, à l’émergence des sports canins mais aussi aux connaissances éthologiques bien plus poussées sur les canidés. Voici les principes et les vertus de l’éducation positive du chien.

Pourquoi l’éducation positive ?

Pendant longtemps, une seule et unique méthode était présentée aux propriétaires de chien qui souhaitaient avoir un animal de compagnie qui obéit au doigt et à l’œil. On employait alors des termes particulièrement durs comme la domination ou encore la soumission, afin que le maître prouve par tous les moyens qu’il est le chef de meute. Heureusement, de nombreuses études ont été menées pour finalement conclure que la hiérarchie inter-espèces n’existe pas, ni même au sein de l’espèce canine.

De ce constat est née l’idée qu’une technique d’apprentissage basée sur la soumission ne peut pas fonctionner. Il est d’ailleurs amusant de s’apercevoir que les mentalités et les manières d’éducation ont simultanément changé dans plusieurs espèces. Le cheval bénéficie lui aussi d’une éducation positive. C’est le cas également pour les humains, les parents et les écoles y étant désormais très largement favorables. Quelle que soit l’espèce, animale ou humaine, on utilise le renforcement pour augmenter la probabilité qu’un comportement apparaisse ou se renouvelle. Inversement, on se sert de la punition pour accroître la perspective qu’un agissement disparaisse ou ne se répète pas. C’est le conditionnement pavlovien, un processus par lequel le chien va associer une réponse normalement déclenchée par une sollicitation comme une friandise, à un stimulus neutre, comme une cloche, qui ne provoque habituellement aucune réaction de la part de son maître.

Le médecin Ivan Pavlov, dans sa très célèbre expérience, faisait tinter une cloche dès qu’il distribuait de la nourriture à un chien. Lorsqu’il la fit sonner sans toutefois apporter la gamelle, le chien se mettait tout de même à baver. Cela démontre que le cerveau associe le geste répété « faire sonner la cloche » à la conséquence « manger ». C’est pour cette raison que la notion de plaisir est mise en avant en éducation positive. En outre, on ne parle plus de donner un « ordre » mais un « signal ». En effet, on ordonne au bagnard de briser des pierres mais pas à l’athlète de courir. Ce dernier reçoit plus justement le signal du départ. Tout naturellement, le chien comprend que son maître est le leader de la relation parce qu’auprès de lui, il se sent en sécurité.

Qu’est-ce que l’éducation positive ?

Depuis plusieurs années, une autre façon d’éduquer son animal de compagnie apparaît, qui n’a plus rien à voir avec du dressage au sens littéral du terme. Celle-ci se veut plus adaptée aux chiens domestiqués, contrairement à l’ancienne méthode qui se basait sur des recherches réalisées sur des chiens vivant à l’état sauvage. On comprend alors que le respect, la douceur ainsi que la justesse et la compréhension de son fidèle compagnon sont le secret d’une éducation réussie. L’objectif n’est plus d’obtenir un chien obéissant sous la contrainte.

Le but de l’éducation positive est de construire une relation de confiance qui, elle seule, permet de vivre aux côtés de sa boule de poils dans une atmosphère harmonieuse. Maintenant que cette méthode éducative est utilisée par tous les professionnels, on remarque que la récompense et l’encouragement s’avère être bien plus efficaces. On s’appuie donc davantage sur la motivation et non plus sur l’inhibition. Au cours d’une séance d’éducation, on viendra renforcer, c’est-à-dire récompenser, les bons comportements sans jamais venir pointer du doigts les erreurs. Le chien aura ainsi envie de reproduire une attitude qui a engendré dans le passé une conséquence positive. On évite dans ce contexte que le chien obéisse par crainte d’être sanctionné. Il doit le faire tout simplement dans l’espoir d’être généreusement récompensé.

C’est d’ailleurs la théorie de Burrhus Frederic Skinner, qui développa le principe du conditionnement opérant. Fortement influencé par Pavlov, le célèbre psychologue américain a mené un test dans le but de simplifier l’étude des mécanismes de conditionnement. Pour parvenir à cette conclusion, il imagina une boîte remplie de nourriture. Pour répondre favorablement à ce stimulus discriminatif, le chien devait comprendre qu’il recevrait cette nourriture par le simple fait d’actionner un levier. Cette expérience a permis de révéler que le comportement du chien est entraîné par les conséquences provoquées elles-mêmes par ces propres actions. Skinner a ainsi découvert que le chien peut apprendre à reproduire ou non ses agissements. Pour que le chien soit en mesure d’adopter le bon comportement et le reproduire, son maître doit donner une réponse positive immédiate.

Comment mettre en pratique l’éducation positive ?

Le renforcement du chien au moyen du plaisir

Bien évidemment, une récompense n’est pas forcément synonyme de friandise, de morceaux de saucisse ou de jambon qui sont surtout utiles au début de l’éducation. Peu à peu, vous pouvez renforcer votre chien en lui concédant davantage de gratifications. Un chien apprécie tout autant de recevoir des caresses que sa nourriture favorite ! Une partie de jeu, une parole apaisante, des félicitations enjouées, une promenade, etc. ont autant d’effet et permettront à votre adorable compagnon de se montrer plus enclin à vous écouter. Les comportementalistes et les éducateurs canins emploient le terme de « renforcement plus », ou R+.

Le clicker training utilise complètement le renforcement positif, lisez mon article sur le sujet pour en savoir plus : Qu’est-ce que le clicker training pour éduquer son chien ?

Renforcer son chien en réduisant les désagréments

Vous pouvez récompenser votre chien en allégeant ou en mettant fin à une privation, à une situation pénible comme un bruit, ou encore en lui redonnant un jouet qui lui a été confisqué, etc. Il s’agit dans ce cas d’une « punition moins », ou P-.

Punir un chien en lui offrant moins de plaisir

Dans l’éducation positive, la punition est tout à fait possible. Pour cela, vous pouvez porter hors de sa vue une assiette alléchante ou sa balle préférée, arrêter une séance de jeu, vous absenter, l’isoler, etc. Dans le cadre d’une séquence d’apprentissage, la bonne attitude à avoir est d’ignorer le comportement non souhaité. Le chien étant un animal sociable, il aura vite fait d’abandonner les agissements qui ne font pas réagir son maître. On parle alors de « renforcement moins », ou R-.

Bannir la punition qui consisterait à augmenter les désagréments

La méthode d’éducation positive reconnaît qu’une punition peut consister à réprimander son chien, à donner un coup sec sur sa laisse, à le prendre avec virulence par le cou, à exprimer votre colère, voire à lever la main sur lui. Pour les spécialistes, ce type de riposte s’appelle « punition plus », ou P+. Il faut néanmoins toujours avoir en tête qu’on est plus motivé si on sait qu’on sera récompensé, que si on tente d’éviter par tous les moyens de recevoir une correction. Ceci vaut autant pour nous, humain, que pour le chien.

Par conséquent, il faut bien admettre que le renforcement positif, R+, procure davantage de plaisir et permet d’avoir un chien motivé pendant une séance d’apprentissage. C’est de là que vient le nom de « méthode positive ». Le maître devient un véritable guide et ne se pose plus en dominant, comme il pouvait l’être lorsque les méthodes traditionnelles basées sur la contrainte étaient d’actualité. Un chien ne doit pas avoir peur de son maître. Il ne peut que progresser en recevant des récompenses (R+) dès qu’un acte est jugé bon, et non pas en étant puni dès la survenue d’une attitude perçue comme déviante. En stimulant la motivation de votre compagnon à quatre pattes, vous favorisez son autonomie et canalisez ses instincts, lui permettant de s’intégrer dans la famille et de trouver sa place dans le monde civilisé.

Sachez qu’un chien éduqué avec respect et compréhension mettra tout son cœur à l’ouvrage, dans l’unique but de plaire à son maître. Cela entraînera inévitablement et de manière tout à fait spontanée les comportements appropriés chez vous, comme à l’extérieur, puisque le chien va vite comprendre qu’il a tout intérêt à vous satisfaire qu’à mal agir. Avec l’éducation positive, vous travaillez avec votre chien et cherchez à communiquer avec lui. Les moyens coercitifs n’ont désormais plus lieu d’être, pour le plus grand bonheur de votre fidèle toutou !

L’éducation positive conduit-elle à une indulgence extrême ?

Éduquer en positif ne signifie pas que tout est permis. En effet, voir son chien comme un membre de la famille à part entière et non plus comme un être inférieur ne sous-entend pas qu’on autorise tous ses agissements. Vous avez établi des règles chez vous et celles-ci sont valables pour tous, aussi bien pour vos enfants que pour les personnes qui sont invitées chez vous. En aucun cas vous soumettez vos proches à vos désirs, vous n’êtes pas dominant par rapport à eux.

Cependant, ils ne détériorent pas les coussins du fauteuil, ils ne montent pas debout sur la chaise avec leurs chaussures sales. La situation est exactement pareille pour votre chien ! Il vit sous votre toit, sans avoir tous les droits. Comme vos enfants, il doit connaître ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Vous pouvez aussi bien donner à votre compagnon à quatre pattes le droit de monter sur votre lit comme faire des fêtes aux gens qui viennent chez vous. Libre à vous de fixer vos propres règles. De plus comme nous l’avons vu, l’éducation positive n’empêche pas la punition. Lorsque le chien n’a pas agi comme il aurait dû, il suffit de lui montrer notre mécontentement à travers l’ignorance. En effet, confisquer une chose qui lui plaît, qu’il s’agisse de son jouet ou de l’attention de son maître, s’apparente à une sanction (P-). La punition positive, ou P+, est simplement écartée puisqu’avec une méthode d’éducation positive, on n’inflige jamais au chien l’intimidation ou un rapport de force pour lui faire comprendre que sa réaction ne nous plaît pas.

Il faut garder à l’esprit que votre gentil compagnon à poils agit en suivant son instinct. Pour lui, aboyer, faire un trou, essayer de dévorer le rôti qui traîne sur la table, déchiqueter les chaussons est tout à fait normal. C’est à vous de travailler sur ces attitudes déplaisantes pour l’être humain, qui sont naturelles du point de vue du canidé. Votre chien est intelligent, il n’est ni têtu, ni compliqué, il est simplement nécessaire de prendre du temps pour lui montrer comment vivre à vos côtés. Ne vous limitez pas aux séances d’apprentissage ! Votre éducateur canin est là pour vous donner les clés, afin que vous sachiez comment bien travailler au quotidien avec votre chien. Pour qu’il se montre obéissant aussi bien au club qu’à la maison, vous devez répéter ces apprentissages en toutes circonstances. C’est la meilleure façon de le confronter à la vie réelle. Avec de la patience, de l’indulgence et de la régularité, votre compagnon deviendra celui que vous avez toujours rêvé d’avoir, un chien bien dans ses pattes et heureux de vivre à vos côtés !

L’éducation positive, une philosophie

L’éducation canine positive apparaît comme étant une façon différente de voir les choses. Dès que votre chien ne se comporte pas comme vous l’aimeriez, l’éducation positive vous incite à analyser sa réaction afin de trouver une solution pour interrompre cet agissement indésirable. Vous indiquez ainsi à votre doux compagnon la voie à suivre pour adopter le comportement que vous désirez renforcer. Cette technique d’apprentissage vous apprend à gérer chaque jour les situations que vous jugez inconfortables. Une astuce toute simple consiste à garder dans une pochette quelques croquettes qui vous serviront à récompenser votre chien lorsqu’il vous satisfait sur un point qui nécessite d’être amélioré.

Plutôt que de le punir parce qu’il veut courir après un chat, demandez-lui de s’assoir à chaque fois que vous en croisez un. Il vous appartient de choisir le comportement de remplacement que vous voulez renforcer, et aider votre chien à prendre la bonne décision. Chaque attitude déplaisante est une occasion à saisir pour travailler avec votre fidèle compagnon. Inutile bien entendu d’y passer de longues heures. Vous risqueriez de le décourager. 10 à 15 minutes par jour suffisent amplement. Prévoyez de courtes sessions de 2 à 3 minutes que vous mettrez en place plusieurs fois au cours de la journée pour qu’il garde sa motivation. N’hésitez pas à le faire pendant une balade, chez le vétérinaire, à l’heure de ses repas, etc. pour un maximum de plaisir.

Finalement, l’éducation positive est une méthode ludique qui fera naître une merveilleuse relation de complicité, pour des années sereines et pleines de tendresse !

Crédit/Photo : Santiago EsquivelTim Golder, nomao saekiDrew CoffmanDawid Sobolewski

Comment fonctionne une méthode d’éducation positive ?
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