🐾 Race de chien

Chow-chow : une boule de poils

Derrière son allure de gros nounours à la langue bleu-noir, le chow-chow est un chien chinois très ancien, de gabarit moyen (20 à 32 kg, 46 à 56 cm au garrot), au tempérament digne, calme et remarquablement indépendant. Peu démonstratif même avec les siens, réservé face aux enfants et aux autres chiens, il convient surtout aux maîtres qui recherchent un compagnon posé plutôt qu'un partenaire de jeu, idéalement avec un jardin et à l'abri de la chaleur, que son double pelage très dense lui fait redouter plus que toute autre race. Comptez une espérance de vie médiane de 12,1 ans. Voyons ce qui se cache derrière cette boule de poils.

Les caractéristiques du Chow-chow

Sous ses airs nounours, on découvre dans cette race un chien fort et peu allongé. Sa tête volumineuse se compose d'un crâne plat et large, avec un museau "énorme" renfermant des mâchoires "qui fonctionnent à merveille". Ses petites oreilles sont bien distinctes l'une de l'autre et restent continuellement bien dressées. Sous ses poils, on y voit des petits yeux, de couleur très foncée et en position "enfoncés" dans la tête. Son dos ne présente aucune cambrure.

Chow-Chow vu de profil dans un parc, pelage crème et collerette fournie

Bien au contraire, il est bien longiligne et court. Sa démarche est élégante, du fait de la posture de ses membres. Cette façon de se déplacer "comme sur des échasses" est belle et bien typique du chow-chow. La queue s'appuie naturellement sur la croupe, ressemblant à une boule, dont le poil de votre protégé est fourni, dense et lisse.

Au vu de son cou, on pourrait presque le comparer à un lion. Son poids, mine de rien, est quand même de 20 à 30 kg. Pour sa taille, il n'est pas bien haut, comptant entre 48 et 56 cm pour le mâle et 46 à 51 cm pour la femelle.

Origine

Alors que les origines précises du chow-chow ne sont pas certifiées, nous savons tout de même qu'il est très ancien. Sa petite taille ne l'empêchait pas d'être reconnu comme étant un très bon chien de combat. Cette fonction n'a pas perduré, puisqu'il est ensuite devenu un chien de traineau (comme le Husky Sibérien) et/ou un chien de garde.

Chow-Chow chiot assis dans l'herbe devant des marguerites

Malheureusement, un jour, il a été dégusté et sa chair a été très appréciée. Le chow-chow a donc été recherché pour être mangé. Au XIXe siècle, l'Angleterre l'a définitivement adopté pour le protéger et en faire un chien de compagnie. Bien éduqué, il s'est très vite répandu dans toute l'Europe, permettant aux particuliers de l'aimer et le chérir.

Caractère de ce chien de race

Contrairement à la plupart des chiens de compagnie, le chow-chow a un caractère assez particulier. Il n'aime pas montrer son affection et son amour à ses maîtres, même s'il les aime profondément. Les marques d'affection ne sont pas sa tasse de thé, il préfère rester dans son coin. Sa fierté et son indépendance sont des traits de caractère bien à lui.

Chow-Chow assis dans l'herbe, langue sortie, fond de ciel et arbres

Les enfants risquent d'être déçus de par son comportement face aux jeux. En effet, ce petit chien regarde, mais ne participe pas à cette action. Avant de choisir un chow-chow, il est important de bien comprendre le fond de son caractère. En dehors de tout de cela, il reste un chien gentil, calme, sachant rester seul lorsque toute la famille s'absente. Prenez garde tout de même à ne pas laisser la porte ouverte, son naturel revient vite.

Aimant l'extérieur, il aurait tendance à être fugueur. C'est pour cette raison qu'il se montre particulièrement enthousiaste aux préparatifs de voyage. Il aime se promener, se dépenser, il a besoin d'exercice.

Conditions de vie

Qu'il vive en extérieur ou en intérieur, le chow-chow trouve toujours ses marques et ses repères. Il se plaît partout. Il aime les caresses et les câlins, même s'il ne les demande pas. Voir que sa gamelle et son écuelle sont toujours propres et remplies lui donne du baume au cœur et trouver un panier douillet pour s'y reposer lui est agréable. Autant de petites attentions que votre boule de poils apprécie considérablement.

Chow-Chow assis sur un fauteuil, langue légèrement visible

La santé du chow-chow

Cette section affirmait : « Rien à redire, rien de particulier à signaler. Il est très robuste et fait face aux différences de températures sans souci. » La seconde phrase est fausse, et c'est la plus dangereuse que nous ayons eu à corriger sur ce site : le chow-chow est la race qui fait le plus de coups de chaleur, toutes races confondues.

Sur la longévité, en revanche, la fiche n'avait pas tort. Il faut donc corriger précisément trois choses : la chaleur, les yeux et les coudes.

La chaleur : première race sur 900 000 chiens

Une étude britannique portant sur 905 543 chiens suivis en clientèle vétérinaire courante a classé les races par fréquence de coup de chaleur. Le chow-chow arrive premier des deux classements :

  • 0,50 % des chow-chows ont fait un coup de chaleur dans l'année, contre 0,04 % toutes races confondues. Devant le bouledogue anglais (0,42 %) et le bouledogue français (0,18 %).
  • Après ajustement, un risque environ 16 fois supérieur à celui d'un labrador.

Deux honnêtetés à ce sujet. D'abord, les auteurs signalent eux-mêmes que l'intervalle de confiance est large, la race étant peu nombreuse : l'ordre exact du classement est moins solide que le constat général. Ensuite, un coup de chaleur tue : dans cette même étude, 14 % des chiens atteints en sont morts.

Et il faut comprendre pourquoi, parce que cela change les précautions à prendre. On lit souvent que le chow-chow serait brachycéphale, c'est-à-dire à face écrasée comme le bouledogue. C'est faux : les études qui l'ont examiné le classent parmi les chiens à museau de longueur normale. Ce qui le met en danger, c'est son double pelage, extrêmement dense. Il vit en permanence sous une couette.

Concrètement : pas de sortie aux heures chaudes, jamais d'effort en plein soleil, jamais seul dans une voiture ni dans un jardin sans zone d'ombre, de l'eau partout. Les signes d'alerte : halètement qui ne se calme plus, bave épaisse, titubation, muqueuses très rouges puis pâles. On mouille le chien à l'eau fraîche, jamais glacée, et on part chez le vétérinaire immédiatement. Et non, on ne le tond pas pour autant : son sous-poil l'isole aussi du chaud et repousse mal.

Chow-Chow debout en laisse sur un trottoir

Les yeux : deuxième race sur 28 pour l'entropion

L'entropion est un enroulement de la paupière vers l'intérieur : les cils frottent en permanence sur la cornée. C'est douloureux, et cela finit par l'ulcérer.

La même équipe britannique, sur 838 269 chiens, a mesuré 9,28 % de chow-chows atteints dans l'année, contre 0,33 % toutes races, soit environ 28 fois plus. Seul le shar-peï fait pire. Et 27 % des chiens atteints avaient déjà un ulcère de la cornée. Les auteurs relèvent au passage que le standard britannique de la race exige depuis longtemps un chow-chow « exempt d'entropion », ce que les chiffres démentent sans ambiguïté.

Chez cette race, deux mécanismes se cumulent : l'enroulement de la paupière inférieure chez le jeune chien, et chez l'adulte le poids des plis du front, qui fait retomber la paupière supérieure. Une série clinique récente de 27 chiens opérés pour ce second motif comptait 15 chow-chows.

Ce qu'il faut en retenir : un chow-chow qui garde un œil mi-clos, qui larmoie ou dont l'œil est rouge n'est pas « comme ça ». Il a mal. La chirurgie règle très bien le problème, et plus tôt elle est faite, moins la cornée est abîmée.

Le glaucome, à connaître comme une urgence

Le glaucome primaire à angle fermé, montée brutale de la pression à l'intérieur de l'œil, est décrit chez le chow-chow. La référence est une série nord-américaine portant sur 1994-2002 : 4,70 % des chow-chows, troisième race derrière le cocker américain et le basset hound, âge moyen d'apparition 6,2 ans.

Une réserve à donner : ces chiffres viennent d'hôpitaux universitaires, où l'on n'envoie que les cas difficiles. Ils surestiment donc probablement la fréquence réelle et ne se comparent pas aux chiffres d'entropion ci-dessus, qui viennent de la médecine de tous les jours.

Le glaucome n'en reste pas moins une urgence en heures, pas en jours : un œil brutalement rouge, dur, très douloureux, avec la pupille dilatée qui ne réagit plus. Sans prise en charge rapide, l'œil est perdu.

Le coude : la race la plus touchée du plus grand registre mondial

C'est le chiffre le moins connu, et le plus frappant. Sur le registre orthopédique américain, qui compile les radiographies de dépistage race par race, le chow-chow est premier sur 166 races pour la dysplasie du coude, avec 51,4 % de coudes anormaux sur 1 781 évaluations. Plus d'un chien dépisté sur deux.

Pour la hanche, il faut au contraire nuancer la réputation de la race : 21,6 % de dysplasiques sur 6 462 évaluations, ce qui la place 46e. C'est notable, ce n'est pas exceptionnel.

Réserve de méthode : ce registre fonctionne sur envoi volontaire par les éleveurs. Le biais joue dans les deux sens, les cas les plus évidents n'étant pas toujours soumis, mais seuls les éleveurs déjà sensibilisés testant leurs chiens.

Ce constat a une conséquence directe en France. Le club de race ne demande, comme unique examen de santé, que la radiographie des hanches, à partir d'un an, sous sédation, lue par un lecteur agréé. Un stade A ou B est exigé pour la cotation et pour le titre de champion, mais tous les stades sont acceptés à la confirmation. Aucun dépistage du coude ni de l'œil n'est demandé, alors que ce sont les deux points faibles documentés de la race. C'est donc à vous de poser la question.

Le bilan génétique

Trois maladies sont testables : la myélopathie dégénérative (atteinte progressive et indolore de la moelle épinière chez le chien âgé), l'ostéogenèse imparfaite (fragilité osseuse) et la sensibilité médicamenteuse MDR1.

Nuance importante : c'est une offre de laboratoire, pas une preuve de fréquence. L'ostéogenèse imparfaite ne repose, chez le chow-chow, que sur un seul chien décrit, et la race n'est pas une race MDR1 classique. Trois tests sont proposés ; cela ne veut pas dire que la race est frappée par trois maladies.

Deux affections rares mais propres à la race

  • Le carcinome de l'estomac. Le chow-chow a fait l'objet d'une étude qui lui est spécifiquement consacrée, sur 106 chiens. C'est un cancer d'évolution rapide, souvent diagnostiqué tard : les signes n'apparaissent en moyenne que trois semaines avant. Vomissements chroniques, amaigrissement et perte d'appétit chez un chow-chow d'âge mûr méritent un examen, pas une attente.
  • Le mélanome de la bouche. Sur une série de 338 mélanomes buccaux, le chow-chow est surreprésenté. Une masse pigmentée dans la gueule ou sur la langue se fait examiner.

Une précision utile : la langue bleu-noir du chow-chow est normale et caractéristique de la race. Ce qui doit inquiéter, c'est une masse, pas la couleur.

Signalons enfin la myotonie congénitale, raideur musculaire du chiot décrite dans la race depuis les années 1970. Elle est rare, et surtout aucun test ADN n'existe pour elle chez le chow-chow, contrairement à ce qu'on lit parfois.

Ce qui n'est pas documenté, et qu'on lui prête pourtant

  • L'hypothyroïdie. La plus grande étude disponible, sur 905 553 chiens, a identifié 24 races prédisposées. Le chow-chow n'en fait pas partie.
  • La torsion de l'estomac. Absente des deux grandes études de risque par race, dont l'une couvre 165 races.
  • La dysplasie rénale familiale. Aucune source primaire, seulement des mentions de listes recopiées.

Et l'espérance de vie ?

La fiche annonçait douze ans, et elle avait raison. L'étude britannique de référence, portant sur 584 734 chiens, donne une médiane de 12,1 ans pour le chow-chow. C'est un peu en dessous de la moyenne des races pures (12,7 ans) mais sans différence significative avec les chiens croisés. Le chow-chow n'est pas une race à mortalité précoce : ses problèmes sont des problèmes de confort et de douleur, pas de durée de vie. Raison de plus pour ne pas les laisser passer.

Les quatre questions à poser à l'éleveur

  1. La radiographie des hanches des deux parents, et son stade.
  2. Les coudes ont-ils été radiographiés ? Le club ne l'exige pas, c'est donc un vrai marqueur de sérieux.
  3. Y a-t-il eu des opérations de paupières dans la lignée ? Un éleveur honnête répondra, l'entropion étant très fréquent dans la race.
  4. Les reproducteurs ont-ils fait l'objet d'un examen ophtalmologique ?

Le toilettage

La fiche annonçait un entretien facile. C'est le seul point où elle se trompait dans l'autre sens : le double pelage du chow-chow demande un brossage plusieurs fois par semaine, et quotidien pendant les deux mues annuelles, sous peine de bourres qui macèrent contre la peau. Profitez-en pour regarder les yeux et les plis du visage.

Son dressage

Il est très facile. Pourquoi ? Tout simplement parce que votre canin n'aime pas "avoir quelqu'un dans ses pattes" continuellement. De ce fait, il écoute et obéit. Intelligent, les règles de bases rentrent très vite. Vous n'aurez aucune difficulté à l'éduquer.

Chow-Chow chiot assis dans l'herbe au coucher du soleil

La méthode positive peut s'avérer la plus efficace, du fait de son indépendance. Il ne faudrait pas braquer votre compagnon à quatre pattes. Son dressage se fait principalement avec la voix, le regard ou des silences qui en disent longs.

Quelques conseils

Son allure et sa façon d'agir pourraient laisser penser qu'il s'agit d'un croisement entre un chien et un ours. Malgré tout, il a besoin d'amour que vous saurez lui donner en vivant tous les jours avec lui !

Nos sources

Crédit photo : Grigory Bruevstock.adobe.com

Cet article vous a été utile ?

Donnez-lui une note : c'est anonyme, ça prend deux secondes, et ça aide les autres maîtres à s'y retrouver 🐾

Note : 3.6/5 (68 votes)

Cet article vous a plu ? Partagez-le 🐾

2 commentaires

STORTZ Laëtitia · 16 juin 2022 à 09:40

Bonjour, je viens d’acquérir un chow chow male de 2 mois. Pourriez vous me dire à quel moment dois je commencer à l’éduquer? Merci à vous