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Fiche de race : Dogue Allemand
Origine : Allemagne · Groupe FCI : 2 / Pinschers, Schnauzers, Molossoïdes et Bouviers
Taille (au garrot)
Poids
Espérance de vie
Prix d’un chiot
Cadre de vie
Idéalement une maison avec jardin, mais peut vivre en appartement si ses besoins en exercice sont satisfaits. Peu adapté à la solitude prolongée.
Avec enfants & animaux
Très doux avec les enfants malgré son gabarit imposant, sociable avec les autres animaux s’il est bien sociabilisé.
Aboiement
Bas à moyen – aboie surtout pour prévenir d’une intrusion.
Fun fact
Surnommé le « géant gentil », le Dogue Allemand détient le record du plus grand chien du monde.
*Les valeurs sont indicatives et peuvent varier selon les lignées et individus.
Le Dogue Allemand est une race géante originaire d'Allemagne : un mâle mesure 80 à 90 cm au garrot et peut dépasser les 70 kg, un gabarit qui lui vaut le record du plus grand chien du monde. Derrière cette stature impressionnante se cache un chien doux, sociable, calme et protecteur, surnommé le géant gentil, très affectueux avec les enfants et docile avec sa famille. Il s'adresse aux foyers qui ont de l'espace, idéalement une maison avec jardin, et qui acceptent le budget d'un géant à l'espérance de vie courte, de 7 à 10 ans.
La seule préoccupation qu'il faut avoir lorsque vous envisagez d'adopter un Dogue, c'est bien la place que vous avez dans votre logement. Communément connu de par sa représentation à la télévision sous le personnage de Scooby-Doo, le Dogue Allemand est un ami que vous allez devoir choyer, et qui vous le rendra bien !
Caractéristiques physiques
Le Dogue est un chien imposant, qui aura bien du mal à passer inaperçu. Il n'en est pas moins harmonieusement constitué, ce qui lui vaut le surnom d'Apollon chez les cynophiles. Son corps tout en longueur peut atteindre les 80cm chez les mâles, et 72cm chez les femelles. Côté poids, les mâles pèsent entre 55 et 70kg, alors que les femelles pèsent entre 45 et 65kg. Autant dire qu'il faudra aller faire un tour à la gym avant de pouvoir le porter dans vos bras.

Le Dogue Allemand possède un poil court, lisse, et luisant; généralement de couleur noire, bleue, arlequin, fauve, ou bringée. Son crâne est allongé et ciselé de façon délicate, sa truffe est relativement large, son museau rectangulaire et ses mâchoires larges. Ses oreilles sont attachées hautes et tombantes. Ses yeux sont généralement foncés si la robe est autre que bleue ou arlequin. Sa queue est attachée haute et forme une pointe diminuée.
Origines et histoire
La controverse entourant son origine est flagrante, et se retrouve même dans son nom. Souvent appelé Grand Danois, le Dogue Allemand ne trouve cependant pas ses racines au Danemark. La race est très présente au royaume danois, ce qui peut expliquer la confusion.
Le Dogue serait un descendant des chiens appelés 'Alans', possédés par le peuple des Alains, des cavaliers nomades venus d'Iran. Ils ont conquis l'Europe du IVème au VIème siècle, et dès la fin du Moyen-Âge, leurs chiens étaient prisés pour leurs capacités exceptionnelles pour la chasse à courre, tout particulièrement lorsqu'il était question de sangliers, dans le cadre de la chasse à courre.

La création du Dogue Allemand que nous connaissons aujourd'hui a duré plusieurs siècles et connaîtra de nombreux croisements avec des molosses européens. Il est possible de traquer son ancêtre le plus moderne jusqu'au Bullenbeisser, un chien puissant se situant entre un lévrier rapide et un mâtin de type anglais.
Il faudra attendre 1878 avant qu'un élevage de Dogue ne démarre réellement. Le premier standard de la race sera rédigé deux ans plus tard, et le club de race sera créé en 1888 en Allemagne. Côté français, le club ne sera créé qu'en 1923, et le standard rédigé en 1991. La race est donc relativement encore jeune en Europe.
La santé du dogue allemand
Cette section parlait d'alimentation, de sensibilité au froid et de dysplasie, puis concluait que l'espérance de vie « n'atteint, malheureusement, que les 9 ans ». Ce dernier point est exact.
Mais il manquait ce qui explique en grande partie cette brièveté, et qui est la première urgence de la race : le retournement de l'estomac. Pas un mot n'y était consacré.
La torsion de l'estomac : plus d'un chien sur trois
Une étude a estimé le risque sur toute la vie de faire une dilatation-torsion de l'estomac chez cinq races. Le résultat pour le dogue allemand est le plus élevé de toutes : 36,7 % (intervalle de confiance 25,2 à 44,6 %), contre 3,9 % chez le rottweiler.
Autrement dit : plus d'un dogue allemand sur trois fera une torsion de l'estomac au cours de sa vie. C'est une urgence qui tue en quelques heures.
La même étude a évalué l'intérêt de la gastropexie préventive, une intervention qui fixe l'estomac à la paroi abdominale pour l'empêcher de se retourner. Elle réduit la mortalité par torsion d'un facteur 29,6 chez le dogue allemand, et les auteurs la recommandent pour toutes les races étudiées.
C'est la conversation à avoir avec votre vétérinaire, idéalement au moment de la stérilisation, puisque les deux interventions se combinent.
En attendant, les facteurs de risque mesurés se corrigent facilement, et deux sont contre-intuitifs :
- Le risque est maximal pour un gros volume de nourriture en une seule fois : on fractionne la ration en deux ou trois repas.
- La gamelle surélevée augmente le risque au lieu de le réduire. On nourrit au sol.
- Un chien qui engloutit est plus exposé ; une gamelle anti-glouton aide.
- Un antécédent chez un parent au premier degré augmente le risque : c'est une question à poser à l'éleveur.
Les signes à reconnaître : le chien tente de vomir sans rien produire, s'agite, ne tient pas en place, salive ; le ventre gonfle et durcit, les muqueuses pâlissent, puis l'abattement s'installe. On part immédiatement, de nuit s'il le faut. Voir le retournement de l'estomac.
Les articulations : moins graves que la page ne le disait
La page indiquait que les risques de dysplasie « restent fréquents chez la race ». Les chiffres sont plus rassurants qu'attendu pour un chien de ce format : sur 19 253 évaluations, 12,5 % de dogues allemands sont dysplasiques de la hanche, dont seulement 0,2 % de formes sévères. Aux coudes, 5,0 % sur 5 892 évaluations.
Le dépistage garde tout son intérêt, et le conseil de la page sur la croissance était le bon : éviter les sauts et les exercices violents pendant que le squelette se construit. Un dogue allemand passe d'un kilo à soixante-dix en dix-huit mois ; rien de ce qui est abîmé à cet âge ne se répare.
Les paupières
Sur 838 269 chiens suivis en clientèle courante, le dogue allemand ressort comme l'une des races les plus touchées par les anomalies de paupières : 3e rang pour l'ectropion, avec une prévalence annuelle de 1,47 % contre 0,04 % toutes races, et un risque estimé 153 fois celui d'un chien croisé. Pour l'entropion, le risque est estimé 16,9 fois supérieur.
Un œil qui coule en permanence, une paupière retournée qui expose la conjonctive : ce ne sont pas des traits de race à entretenir au coton, ce sont des paupières qui ne protègent plus l'œil, et la correction est chirurgicale.
Le cœur et le cou
Deux affections méritent d'être connues chez le géant, même si aucune ne se dépiste par un test ADN :
- La cardiomyopathie dilatée, dans laquelle le muscle cardiaque s'amincit et pompe mal. Elle est fréquente chez les races géantes et peut rester silencieuse longtemps. Une fatigue inhabituelle, une toux, un essoufflement au moindre effort ou un malaise justifient un examen cardiaque.
- Le syndrome du wobbler, une compression de la moelle épinière au niveau du cou. Le chien marche en titubant de l'arrière, comme sur des œufs, et adopte une démarche raide de l'avant. Cela s'installe progressivement chez l'adulte jeune. C'est douloureux et cela se prend en charge, d'autant mieux que le diagnostic est précoce.
Cinq maladies testables
Le panel comprend l'ichtyose, qui donne une peau sèche et très squameuse ; la leucoencéphalomyélopathie et la myopathie centronucléaire, deux affections neuromusculaires du jeune chien ; la myélopathie dégénérative, indolore, ce qui la distingue de l'arthrose ; et la sensibilité médicamenteuse MDR1.
Les trois questions à poser à l'éleveur
- Y a-t-il eu des torsions d'estomac dans la lignée ? C'est un facteur de risque mesuré et vous ne pouvez pas le connaître autrement.
- Les radiographies de hanches et de coudes des deux parents, avec leur stade.
- L'âge et la cause du décès des grands-parents.
Nos sources
- Ward M.P. et al., Benefits of prophylactic gastropexy for dogs at risk of gastric dilatation-volvulus, Preventive Veterinary Medicine, 2003 (risque sur la vie de 3,9 % chez le rottweiler à 36,7 % chez le dogue allemand ; la gastropexie préventive réduit la mortalité d'un facteur 29,6 dans cette race).
- Glickman L.T. et al., Non-dietary risk factors for gastric dilatation-volvulus in large and giant breed dogs, et Diet-related risk factors for gastric dilatation-volvulus in dogs of high-risk breeds (volume par repas, gamelle surélevée, vitesse d'ingestion, antécédent familial).
- Disease Statistics by Breed, Orthopedic Foundation for Animals, consulté le 14 août 2026 (dogue allemand : hanche 12,5 % de dysplasiques sur 19 253 évaluations dont 0,2 % de formes sévères ; coude 5,0 % sur 5 892).
- O'Neill D.G. et al., Conformational eyelid disorders in dogs under primary veterinary care in the UK, PLOS One, 2025 (838 269 chiens ; dogue allemand, ectropion 1,47 % contre 0,04 % toutes races, 3e rang, OR 153,4 ; entropion OR 16,90).
- Bilan génétique du dogue allemand, Antagene (5 maladies testables : ichtyose, leucoencéphalomyélopathie, myopathie centronucléaire, myélopathie dégénérative, sensibilité médicamenteuse MDR1).
- Statistiques LOF 2025 (PDF), Société centrale canine (dogue allemand : 756 inscriptions en 2025).
Caractère et aptitudes
Le Dogue Allemand est avant tout un chien très joueur, d'où la nécessité de passer du temps avec lui et de lui proposer une promenade par jour, minimum. Il est doux et protecteur, il devient alors un parfait chien de garde lorsque cela est nécessaire. Son physique est généralement suffisamment dissuasif et sa méfiance envers les étrangers fera le reste. Il est fidèle envers ses maîtres, il faut donc bien penser à le sociabiliser assez tôt. Son enthousiasme peut cependant parfois dépasser certaines frontières, il faut donc le contrôler et canaliser son attention sur ce qui est important. Avec sa famille il sera calme, intelligent, et très docile.
Il ne connaîtra que peu de conflits avec d’autres chiens et d’autres animaux. La cohabitation avec un chat est possible, c’est plutôt le félin qui pourrait commencer les batailles. Il est également affectueux avec les enfants, il les protégera comme un grand frère sur le qui-vive.

Le Dogue n’est pas spécialement fugueur, mais il détestera rester enfermé trop longtemps. Il est donc proscrit de le faire vivre en appartement, et éviter au maximum de le faire voyager en véhicule fermé. Gardez les voyages au strict minimum.
Son éducation et son comportement avec les autres animaux
Comme pour toutes les autres races de chiens, l’éducation d’un Dogue doit commencer dès les premières semaines. C’est un animal très intelligent, il comprendra donc très vite les exercices d’éducation, les récompenses et les réprimandes. Son dressage est relativement facile et efficace, mais il ne faut pas trop le choyer, sinon il prendra le dessus.
Si vous n’êtes pas assez stricte, il risquerait de prendre les séances de dressage comme des jeux, sans en apprendre des leçons. Il est naturellement doué à l’agility et possède des capacités sans pareilles, il faudra veiller à les exploiter.

Travaillez au quotidien avec votre chien, le mot d’ordre est à la répétitivité. Plus un exercice sera répété, plus il sera assimilé rapidement, et le Dogue n’oubliera pas vos ordres d’une séance à une autre. Évitez les cris et les coups, ils ne servent jamais l’apprentissage !
Il est important de le sociabiliser, mais il ne faut pas essayer de le pousser à être agressif envers les intrus, son physique imposant suffira largement. Il est naturellement méfiant envers les gens qu’il ne connaît pas, et pourrait donc se montrer menaçant, sans jamais passer à l’action.
Toilettage et entretien
Avant d’opter pour l’adoption d’un Dogue Allemand, sachez que les coûts mensuels sont très élevés, comme souvent avec les grands chiens. Le prix d’achat tourne généralement entre 1000 et 1500€, ce qui reste un argument à prendre en compte. Soyez également prêt à devoir dépenser beaucoup en soins vétérinaires, durant au moins les 12 premiers mois de sa vie. Son régime alimentaire demande une quantité importante de nourriture, ce qui fait vite grimper les factures d’entretien.

Niveau toilettage, le Dogue Allemand devra être brossé le plus régulièrement possible. Il faudra également examiner ses oreilles de manière constante, afin de vous assurer qu’elles soient propres et que la peau ne soit pas irritée. Il peut être nécessaire de lui couper les ongles et de lui nettoyer les yeux une fois de temps en temps. Un bain par mois est généralement suffisant, soyez sûr de l’habituer très tôt à l’eau, il pourrait même finir par aimer cela !
L’adoption d’un chien doit toujours être réfléchie, il est important de prendre en compte toutes les inconnues, et les caractéristiques de la race. Le Dogue est un animal exigent au niveau financier, et devra pouvoir gambader dans l’herbe au moins une fois par jour. Une vie en appartement n’est pas joyeuse pour un tel chien, il faudra donc faire des concessions, ou attendre quelques années avant de pouvoir lui offrir une maison plus accueillante.
Ce grand joueur sera toujours fidèle envers son maître, et vous devez bien le lui rendre. Il est d’ailleurs important de noter que l’otectomie, le fait de couper les oreilles de chiens, est illégale depuis 2008 en France, sauf raison médicale avancée par un vétérinaire. Longtemps victime de cette pratique, le Dogue doit maintenant profiter de ses longues oreilles tombantes !
Crédits photos : @fotolia et ©Flickr – Giacomo Carena, Therese Banström





