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Berger Blanc Suisse : Étoile des neiges

Le berger blanc suisse est un chien de berger d’origine suisse, reconnu comme race à part entière par la Fédération Cynologique Internationale en 2002. Physiquement très proche du berger allemand, il s’en distingue par sa robe entièrement blanche (l'une des races de chiens blancs les plus reconnaissables du grand gabarit) et sa silhouette plus allongée : 60 à 66 cm au garrot pour 30 à 40 kg chez le mâle, avec une espérance de vie de 12 à 14 ans. Intelligent, fidèle et sensible, c’est un chien polyvalent, employé comme chien guide, de piste ou de sauvetage, et un excellent compagnon pour les enfants. Il supporte en revanche mal la solitude et doit se dépenser chaque jour : sa superbe robe ne peut donc pas être votre seul critère d’adoption, car il est et restera avant tout un chien de berger.

Berger blanc suisse : Caractéristiques physiques

Le berger blanc suisse est en tout point similaire au fameux berger allemand. Vous le reconnaîtrez cependant facilement, grâce à une silhouette plus allongée et moins angulée. Sa robe est blanche, et non pas noire et fauve. Le berger blanc suisse est robuste et musclé, bien que de taille moyenne. Ses oreilles sont droites et triangulaires. Son poil est de longueur moyenne et ses yeux en amande sont généralement bruns. Enfin, sa queue est attachée bas et est insérée.
Sa taille varie entre 60 et 66 centimètres pour les mâles, et entre 55 et 61 centimètres pour les femelles. Question poids, les mâles se situent entre 30 et 40 kilos, et les femelles entre 25 et 35 kilos.

Berger blanc suisse couché

Origines et histoire du berger blanc suisse

Cela pourrait vous surprendre, mais le blanc était à l’origine une couleur typique pour les chiens de berger. Même les bergers allemands arboraient une robe immaculée à leurs débuts. Le berger blanc suisse n’avait d’ailleurs pas la couleur dans son nom auparavant, mais puisqu’elle est vite devenue une particularité, il a été jugé utile de la rajouter au standard.

Le premier berger allemand est enregistré dans le « livre d’origine du club de bergers allemands » en 1899. L’ancêtre de cette race, appelé Greif, possédait, lui aussi, une fourrure toute blanche. Quatorze ans plus tard, le premier berger blanc est introduit dans le livre des origines, mais en 1933 cette teinte de robe est interdite dans le standard de la race. Ce que l’on appelait alors « berger allemand blanc » est interdit d’élevage et d’exposition, et ce depuis cette époque.

Malheureusement, dans ce genre de situation, les chiots ne survivent pas les changements de lois. La race n’a pu survivre que grâce au bon cœur des américains, qui en ont continué l’élevage malgré tout. En 1964, le premier club de berger blanc est créé, en Californie, avec une optique de défense et de préservation de ladite race.

portrait de Berger blanc suisse

Portrait de Berger Blanc Suisse

Trois ans plus tard, l’American Kennel Club supprime le berger allemand blanc du livre des races, peu après qu’Agatha Burch n’en importe un en Suisse. Ce chien fut alors inscrit dans le Livre des Origines Suisses (LOS) sous le fameux nom « berger allemand blanc ». Burch fera en sorte de créer une portée, qui sera elle aussi inscrite dans le LOS. Quelque temps plus tard ; la Fédération Cynologique Internationale ferme toute inscription de bergers allemands blancs.

C’est en novembre 2002 que la Fédération Cynologique accepte de façon provisoire le chien de berger « Berger blanc suisse ». Un an plus tard, la race est enfin reconnue et peut obtenir le LOF. Depuis 2011, deux races sont acceptées par les standards : le berger blanc suisse à poils longs, et le berger blanc suisse à poils mi-longs. Les chiens sont jugés séparément durant les expositions canines.

La santé du berger blanc suisse

Cette section évoquait « une prédisposition aux diarrhées », « un historique d'Ivermectine » et une prédisposition à la dysplasie. Le troisième point est exact et se chiffre. Les deux premiers étaient trop vagues pour servir à quoi que ce soit, et l'un d'eux recouvre en réalité un sujet précis et important.

Bonne nouvelle d'emblée : sur le point qui inquiète le plus les acheteurs, cette race est un cas d'école de dépistage qui fonctionne.

Les hanches : une amélioration mesurée, en France

Une étude française a analysé les radiographies officielles de dépistage de dix races sur vingt ans, toutes lues par le même examinateur. Le berger blanc suisse y est représenté par 2 924 chiens.

Le résultat est franchement encourageant. La proportion de chiens dysplasiques est passée de 34,6 % sur la période 1997-2003 à 20,3 % sur 2011-2017. C'est une baisse statistiquement significative, et le berger blanc suisse fait partie des quatre races seulement, sur les dix étudiées, à l'avoir obtenue, avec le cane corso, le setter Gordon et le rottweiler.

Deuxième chose à savoir : les formes graves sont rares. Sur la dernière période, les stades sévères ne représentent que 0,7 % des chiens dépistés, et les formes modérées 4 %. L'essentiel des cas relève de la dysplasie légère.

Cela ne dispense évidemment pas du dépistage : c'est précisément le dépistage qui a produit cette amélioration. Radiographie après 12 mois, sous sédation, lue par un lecteur agréé, et vous demandez les résultats des deux parents. Voir la dysplasie de la hanche chez le chien.

Les coudes

Une seconde étude française, portant sur 17 861 radiographies de coudes lues entre 2002 et 2022 dans treize races, situe la prévalence globale de la dysplasie du coude à 11,4 %. Le berger blanc suisse fait partie des races étudiées, et il ne figure pas parmi les quatre les plus touchées (dogue de Bordeaux, rottweiler, bouvier bernois et cane corso).

Un détail utile de cette étude : la dysplasie du coude touche significativement plus les mâles que les femelles, 17,5 % contre 10,5 %.

Le nanisme hypophysaire, la maladie emblématique de la lignée

C'est l'affection la plus caractéristique du berger blanc suisse et de son ancêtre le berger allemand, et cette page n'en parlait pas.

Une mutation du gène LHX3, de transmission récessive, empêche l'hypophyse de produire l'hormone de croissance et plusieurs autres hormones. Le chiot atteint cesse de grandir vers deux mois alors que ses frères et sœurs poursuivent leur croissance, garde son poil de chiot laineux puis le perd, et reste minuscule.

Deux précisions valent d'être données. D'abord, la maladie est récessive : deux parents parfaitement normaux, tous deux porteurs, peuvent produire un chiot atteint. C'est exactement ce que le test ADN permet d'éviter, et c'est la raison pour laquelle il faut le demander. Ensuite, un cas décrit en 2025 chez un berger blanc suisse a montré qu'un déficit en ACTH, l'hormone qui commande le cortisol, peut apparaître secondairement, deux ans après le diagnostic. Un chien nain qui devient apathique doit donc être réévalué, le traitement étant simple et efficace.

L'hypoplasie cérébelleuse

Décrite chez le berger blanc suisse en 2023, elle est due à une mutation du gène Reelin, également récessive. Le cervelet, qui coordonne les mouvements, ne se développe pas complètement. Le chiot marche en écartant les pattes, titube, et tremble quand il veut faire un geste précis, alors qu'il est calme au repos. Cela se voit dès les premières semaines. Un test ADN existe.

Le reste du bilan génétique

  • La sensibilité médicamenteuse MDR1. C'est de cela que parlait maladroitement « l'historique d'Ivermectine ». Un chien porteur de deux copies de la mutation réagit gravement à des molécules courantes, dont l'ivermectine des vermifuges et le lopéramide. Le test se fait une fois et vaut pour la vie : c'est probablement le plus rentable de tous.
  • La myélopathie dégénérative, atteinte progressive de la moelle épinière du chien âgé, qui commence par une faiblesse de l'arrière-main. Elle est indolore, ce qui la distingue de l'arthrose.
  • Le déficit d'adhérence leucocytaire, qui prive les globules blancs de leur capacité à rejoindre un foyer d'infection. Les chiots atteints font des infections graves à répétition très tôt.
  • L'anomalie de l'œil du colley, malformation du fond de l'œil présente dès la naissance.

Un test vendu pour cette race n'y sert à rien

Voici le point le plus concret de cette page, et il est passé inaperçu en France.

Le mégaœsophage congénital est un défaut de l'œsophage, qui se dilate et ne pousse plus les aliments vers l'estomac : le chiot régurgite ce qu'il vient d'avaler, dès le passage aux solides, et risque des pneumonies par fausse route. Il existe chez le berger allemand, et un test de risque est commercialisé pour cette race.

Une étude suisse publiée en 2025 a vérifié si ce test avait un sens chez le berger blanc suisse. La réponse est non : dans cette race, il est presque totalement non informatif, et sélectionner sur lui ne réduirait probablement pas la fréquence de la maladie, mais appauvrirait la diversité génétique de la race. Les auteurs demandent explicitement que les éleveurs et les propriétaires en soient informés.

Autrement dit : si un éleveur met en avant ce test, ce n'est pas un gage de sérieux. Les tests qui comptent chez le berger blanc suisse sont ceux cités plus haut.

Non, un chien blanc n'est pas un chien sourd

C'est une inquiétude fréquente, et elle est infondée pour cette race. La surdité congénitale liée à la robe concerne des blancs produits par certains gènes précis ; la Société centrale canine liste les races affectées, et le berger blanc suisse n'en fait pas partie. Son blanc n'est pas de ceux qui s'accompagnent d'anomalies de l'oreille interne. Le rapprochement avec le dalmatien ou le bull terrier n'a pas lieu d'être.

La croissance, l'estomac, et l'attachement

  • La croissance. Le conseil que donnait déjà cette fiche est le bon et mérite d'être répété : pas de sport intense chez un chien encore en croissance, pas de sauts ni de descentes d'escalier répétées, et surtout pas de suralimentation ni de complément de calcium.
  • Le retournement de l'estomac. Chien de 30 à 40 kilos à poitrine profonde. On fractionne la ration, on nourrit au sol et non dans une gamelle surélevée, et on connaît les signes : efforts de vomissement qui ne produisent rien, ventre qui gonfle et durcit, agitation puis abattement. Voir le retournement de l'estomac.
  • L'hyperattachement. La fiche le signalait, et c'est juste. Ce n'est pas une maladie, mais c'est le motif de consultation comportementale le plus fréquent sur cette race : un chien qui ne supporte pas la solitude aboie, détruit ou se mutile. Cela se travaille dès l'arrivée du chiot, pas quand le problème est installé.

Les trois questions à poser à l'éleveur

  1. Le statut des parents pour le nanisme hypophysaire et l'hypoplasie cérébelleuse. Ces deux maladies sont récessives : des parents sains peuvent produire un chiot atteint.
  2. Les radiographies de hanches et de coudes des deux parents, avec leur stade.
  3. Le statut MDR1, qui vous évitera un accident médicamenteux évitable.

Nos sources

Caractère et aptitudes

Comme la plupart des bergers, le berger suisse trouve le bonheur avant tout avec son maître. Il supportera très mal la solitude, et il faudra bien le dresser si vous devez vous absenter pendant un petit moment. Une fois qu’il a appris à vous attendre, il sera un excellent camarade de jeu, surtout pour les enfants, qu’il adore et respecte !

C’est un animal intelligent et sensible, il restera fidèle envers et contre tout et sera à votre écoute durant chaque exercice. Il cherche à vous plaire en obéissant à vos ordres, et c’est un plus lors du dressage. Il sera cependant plus laxiste que les autres bergers et sera enclin à écouter plusieurs membres d’une même famille, plutôt que de se concentrer uniquement sur un « chef ».

Berger blanc suisse avec son jouet


Au niveau travail, le berger suisse blanc est polyvalent comme aucun autre animal. En France, les bergers suisses travaillent principalement en tant que chiens d’accompagnement, chiens sanitaires, chiens guides d’aveugles, chiens de piste, chiens de sécurité, chiens d’avalanches, chiens de berger, chiens de sauvetage d’eau et dans les sports d’agilité et d’obéissance.

Le berger blanc suisse est apparu en 2011 dans les rangs des sapeurs pompiers du Cher et des Alpes-Maritimes afin d’aider aux recherches dans les décombres et dans les missions de quête.

Son éducation et son comportement avec les autres animaux

Si le berger blanc suisse pourrait impressionner de par son physique de loup, il faut savoir qu’il est plutôt calme selon la situation. Il est dynamique et très doué comme gardien de troupeau, mais il est avant tout très affectueux. Il s’adaptera à vos conditions de vie sans problème et sera facile à dresser, si vous êtes prêt à y mettre du vôtre. Attention cependant, il est avant tout berger.

Il sera donc toujours plus heureux s’il a de quoi se dépenser, comme un jardin, de longues promenades, ou des jouets à gogo. Il appréciera votre présence avant tout, mais devra faire du sport pour être en bonne santé.

Berger blanc suisse et un chat


Côté dressage, il va falloir être ferme. S’il est enclin à répondre à vos ordres, certains chiens seront moins dociles que d’autres, et il va falloir le remettre en place, doucement. Le berger suisse est sensible, comme nous l’avons dit plus haut, il va donc falloir le traiter avec respect. C’est un exercice qu’il faut entamer très tôt, puisque plus tôt il sera contraint à des règles, plus tôt il s’y soumettra. Ne le laissez pas dicter ses règles, c’est lui qui doit s’habituer à votre rythme de vie et à vos heures de repas. Faites-lui comprendre que vous émettez des règles, et que vous ne le délaissez pas.

Montrez-lui des limites dès 2 mois. Il aura ainsi aucun déficit et sera habitué à la fois à votre vie et aux bruits qui peuvent apparaître dans votre quotidien. Faites-lui découvrir le monde petit à petit afin d’effacer son côté potentiellement peureux. Sociabilisez-le le plus souvent possible. Côté affection, donnez-en autant que vous le pouvez, sans trop en abuser. Sa prédisposition à l’hyper-attachement sera à surveiller, il risque de très mal supporter vos absences.

Toilettage et entretien

L’entretien quotidien est relativement moindre, comparé à des chiens aux poils plus longs. Moins vous le faites sortir, moins il demandera de soin, et lorsque vous devez lui en délivrer, ils sont plutôt simples à réaliser. Il mue en général 2 fois par an, et ses mues durent environ 1 mois. Le plus utile de cette race, c’est ses poils autonettoyants. Si vous pouvez le brosser tous les jours, c’est toujours mieux, surtout pendant ses mues, mais il faut éviter de le laver plus de 2 fois par an.

Berger Blanc Suisse tête tournée de profil dans la neige

Si le berger blanc suisse semble apporter peu de contraintes avec lui, il faut bien comprendre qu’il existe une manière optimale d'éduquer et de s’occuper d’un chien. Est-ce qu’il acceptera de rester sur le canapé avec vous toute la journée ? Probablement. Est-ce que c’est bon pour lui ? Pas du tout. Les bergers sont des chiens dynamiques, et il vaudrait mieux pour lui qu’il puisse se dépenser plusieurs fois par jour. Cela dépend avant tout de votre mode de vie, et plusieurs promenades peuvent tout à fait satisfaire un tel chien, mais il faut bien connaître ses besoins et équilibrer son alimentation en fonction de ses dépenses énergétiques.

Le berger blanc est un animal sans pareil, qui sera fidèle jusqu’au bout et qui ne demandera que peu d’entretien. Les coûts sont basiques pour un chien de cette taille, il faudra ensuite voir avec votre vétérinaire si votre compagnon présente des demandes particulières. N’oubliez pas de l'éduquer ou de le faire éduquer très tôt, vous réduirez ainsi les risques de troubles du comportement à néant.

Crédits photos : @fotolia et ©Flickr – niki385434

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8 commentaires

Joana · 19 octobre 2020 à 13:37

Bonjour... J'ai besoin de savoir si vous éduquer autres animaux que le Berger blanc suisse ???

Paul Laurent · 19 octobre 2020 à 14:57

Bonjour Joana,

Oui mes conseils fonctionnent avec toutes les races.

Paul

David · 29 décembre 2020 à 10:31

Ces chiots sont adorable

Sauvain · 31 décembre 2020 à 09:36

Bonjour j ai un BBS de 5 mois, a ces 2 mois nous avons pris des "cours" de dressage avec un éducateur canin. Cela nous a permis de lui apprendre entre autre la marche en laisse, des ordres simples mais a la maison il n'ecoute rien, il ne fait que jouer, essaie de tout attraper... il ne reste pas tranquille au panier plus de 30 secondes malgré l'apprentissage et même après 1 heure de ballade et "defoulade". Je ne sais plus quoi faire... il me mordille sans cesse alors qu'il a de nombreux jouets.

Sophos · 31 août 2021 à 15:35

Bonjour,
Avez-vous résolu votre problème, cela m'intéresse ?
@Paul Laurent, une réponse ?

Merci à vous, très bel article en tout cas

sassard · 24 mai 2021 à 00:04

bonjour monsieur.il a 5 mois et ce sera pire...avec tant de bonheur.j'ai eu des
ROTTWEILERS pendant 30 ans que j'ai adorés;jamais brusqués;pour une raison familiale ,une "amie" voulait s'en débarrasser le jour de la mort de mon ROTT.
il avait 5 mois;1 an pour qu'il retrouve l'équilibre.
nous l'avons pris et surtout ne pas le brusquer.il ne dira rien ,mais il sera déséquilibré pour toujours.j'ai eu 20 chiens ,je suis en retraite et c'est le bonheur.
il court tous les week ends 10kms par jour!!!et n''est jamais fatigué;à vos sneakers
et son harnais.pas de muselière.bonne nuit.

AMEUR · 25 août 2021 à 19:43

Bonjour,
Je suis à la recherche d'un berger Suisse et aimerais savoir où m'en procurer un et chenilles de confiance.
Merci de votre aide

BlackPanther · 16 mai 2022 à 08:55

Bonjour,
J’aimerais adopter un berger blanc suisse. Est-ce possible ?
Je suis dans un appartement de 75m2. Cependant, je pourrais le sortir AU MOINS 2 fois 2heures par jour ( matin et soir ).
Je suis très sportive et j’adore faire du vélo et courir :)
Merci.
PS : Je suis au lycée ;)