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Berger allemand : un excellent chien de compagnie

Chien de berger créé en Allemagne en 1898 par le colonel von Stephanitz à partir des bergers de Württemberg et de Thuringe, le berger allemand est un grand chien musclé (55 à 65 cm au garrot pour 22 à 40 kg) au tempérament intelligent, loyal et protecteur. Race la plus utilisée au monde par les forces de police et de secours, il excelle tout autant comme chien de famille, protecteur avec les enfants, à condition de lui offrir de longues promenades et une stimulation mentale quotidienne, idéalement dans une maison avec jardin. L'amour que vous lui portez le rendra heureux, oui, mais est-ce suffisant au quotidien ?

Les caractéristiques du Berger allemand

De taille comprise entre "la normale" et la "grande taille", le berger allemand possède un corps vraiment musclé et allongé. S'il devait être comparé à un autre animal, il le serait avec le trotteur, de la famille des équidés. Ses membres ont un aplomb exemplaire, lui conférant des fortes poussées lors de la course ou du saut. La forme de son museau nous montre à quel point il peut être puissant. Ses oreilles ne sont pas très grandes, mais ne sont pas non plus toutes petites.

Leur base est large, elles sont dressées dans leur intégralité. Pour qu'un berger allemand soit "digne" de ce nom, la queue doit atteindre le jarret. Les yeux sont le reflet d'un regard perçant, du fait de leur forme en amande et oblique, et de leur couleur très foncée. Ce chien mesure environ 60-65 cm pour le mâle et 50-60 cm pour la femelle.

Berger Allemand debout

Le mâle mesure 60 à 65 cm et la femelle 55 à 60 cm, pour un poids allant, selon la fiche de la Société centrale canine, de 22 à 40 kg selon le sexe et le format. La robe est le plus souvent noire avec des marques brun rouge, brunes ou jaunes.

Deux affirmations très répandues, que cette fiche portait elle aussi, sont fausses et méritent d’être corrigées.

Le berger allemand à poil long existe, et c’est une variété officielle. La fiche de race de la Société centrale canine ne laisse aucune place au doute : la race comporte deux variétés, poil court dense ou poil long dense. Un berger allemand à poil long n’est donc ni un croisement, ni un chien hors race : c’est un berger allemand. Un test ADN de longueur du pelage existe d’ailleurs pour cette race. L’idée que « ça n’existe pas » vient d’une époque où le poil long n’était pas admis en exposition, ce qui n’est plus le cas.

Le berger allemand blanc, en revanche, n’est pas un berger allemand au sens du standard. Ce n’est pas qu’il n’existe pas : c’est qu’il constitue depuis longtemps une race distincte, le berger blanc suisse, avec son propre standard. Un chiot blanc vendu comme « berger allemand blanc rare » est donc vendu sous une appellation qui ne correspond à rien.

Origine

La reconnaissance officielle de ce chien a une ancienneté de deux siècles. En effet, ayant eu lieu en 1898, ce canin tient ses origines du croisement entre les bergers de Württemberg et de Thuringe. Comment est-il né ?

Berger Allemand allongé bâillant dans l'herbe

Des cynophiles ont souhaité sauver les bergers, lors de l’industrialisation qui a engendré la perte des élevages de moutons, fin XIXe. Ces personnes pensaient alors que ce « patrimoine » était d’une préciosité remarquable, facile à entretenir, beau, robuste et facile à éduquer.

C’est la passion invétérée du colonel Von Stephanitz qui a poussé celui-ci à prendre en charge ces chiens pour en faire une race « de marque ». Très vite, le berger allemand a été aimé du grand public et s’est rapidement étendu dans le monde entier.

Caractère de ce chien de race

Ses traits de caractère font de lui un chien dont les qualités ne sont pas à nier. Il est aussi joyeux que ce qu’il est beau. Cet animal se montre très joueur. Très intelligent, il sait passer de bons moments avec les enfants, sans montrer de marque de « violence » ni de brutalité. Il supporte bien la solitude, mais n’aime pas rester enfermé.

Berger Allemand couché la tête posée sur un siège, regardant la caméra

Son gabarit fait qu’il a besoin de se dépenser, de se défouler. Son caractère docile lui permet de mener plusieurs fonctions de front, comme la garde et la défense de votre domicile, le secours des personnes qui l’entourent. Il peut aussi être un excellent chien de compagnie. Cette race de chien est celle que l’on utilise pour guider les aveugles. Si vous possédez d’autres animaux de compagnie, votre berger allemand les acceptera sans problème.

Conditions de vie

Même s'il n'aime pas rester enfermé, le berger allemand sait vivre en appartement. Il faut tout simplement le sortir plusieurs fois par jour et lui donner l'occasion de faire des activités. Cette "grosse" boule de poils aime le contact humain, c'est pour cette raison qu'il aime rester en intérieur une partie de la journée.

Berger Allemand debout sur une allée, regardant la caméra

Hormis les promenades quotidiennes, le berger allemand aime jouer à la balle, exécuter des courses ou effectuer des jeux sportifs. Autant d'activités qui ne manquent pas d'occuper votre protégé et qui font qu'il se sentira bien. Avec une bonne gamelle pour terminer la journée, votre chien sera le plus heureux.

Sa santé

Il faut ici une mise au point, parce que cette fiche affirmait deux choses inexactes : que le berger allemand est « très robuste et rustique », et que « contrairement aux idées reçues, ce chien n’est pas plus sujet à la dysplasie de la hanche qu’un autre ».

La fiche de race de la Société centrale canine va dans le même sens, en écrivant que la race « ne présente pas de problèmes de santé particuliers ». Mais le reste du site de la Société centrale canine dit autre chose, et c’est ce qu’il faut regarder.

La dysplasie de la hanche, et l’index que vous pouvez demander

Le berger allemand fait partie des six races pour lesquelles la Société centrale canine a mis en place des évaluations génétiques de la dysplasie de la hanche, aux côtés du setter anglais, du berger belge, du boxer, du golden retriever et du labrador. Ce projet, financé par le Fonds de Recherche Centrale Canine-Agria et mené avec la société GenEval, calcule à partir des pedigrees et des résultats officiels de radiographies un index génétique en base 100, qui estime la capacité d’un chien à transmettre ou non la maladie à sa descendance.

On n’indexe pas six races au hasard : on indexe celles où le problème est réel et où les données sont assez nombreuses. Dire que le berger allemand n’est pas plus concerné qu’un autre est donc doublement faux, et c’est aussi passer à côté d’un outil que vous pouvez utiliser.

Demandez à l’éleveur non seulement la lecture officielle des hanches des deux parents, cotée de A à E, mais aussi leur index génétique dysplasie. Un chien est dit améliorateur de la race lorsque son index le rend moins susceptible que la moyenne de transmettre la maladie. Attention toutefois à ne pas tout attendre de la génétique : la Société centrale canine rappelle elle-même que l’environnement dans lequel le chien évolue a un impact important sur la maladie. Croissance non forcée, pas de sauts ni d’escaliers répétés chez le jeune, et poids tenu à vie.

La myélopathie dégénérative, prise pour de l’arthrose

C’est la maladie la plus fréquente dans la race, et probablement la plus mal identifiée. La myélopathie dégénérative est une dégénérescence de la moelle épinière qui entraîne une paralysie progressive : perte de coordination des membres postérieurs, puis paraplégie, incontinence urinaire et fécale, parfois jusqu’à la tétraplégie.

Le gène en cause est SOD1, la transmission est autosomique récessive, et la fréquence des porteurs dans la race est considérable : 40 %. L’âge d’apparition se situe entre 8 et 14 ans. La mutation a été identifiée en 2009 par Awano et ses collègues, dans une publication qui souligne la ressemblance de cette maladie avec la sclérose latérale amyotrophique humaine.

Voici pourquoi cela compte pour vous. Un berger allemand âgé qui traîne l’arrière-main est presque systématiquement supposé arthrosique ou dysplasique. Or ici, le premier signe n’est ni une boiterie ni une douleur, c’est une perte de coordination : le chien croise les postérieurs, use ses ongles sur le dessus des doigts, se rattrape mal. Faire la différence change la prise en charge, et un test ADN existe.

Le nanisme hypophysaire, qui se voit à deux mois

Celui-ci concerne directement l’achat d’un chiot. Un sous-développement de l’hypophyse provoque une déficience hormonale et un nanisme harmonieux. Les signes cliniques significatifs apparaissent deux à trois mois après la naissance, donc au moment même où le chiot arrive chez vous.

Ce qu’on observe : un retard de croissance marqué, une taille réduite, et un détail très caractéristique, la conservation du duvet de naissance avec un retard d’apparition du pelage adulte, puis une perte de poils symétrique sur le tronc, le cou et le haut des pattes. À l’âge adulte s’ajoute une dégradation de la fonction rénale.

Un chiot qui reste petit et garde son poil de bébé n’est donc pas forcément « en retard » : c’est une piste à explorer sans attendre. Le gène est LHX3, la transmission autosomique récessive, la fréquence des porteurs de la principale mutation atteint 15 %, et là encore un test ADN existe.

Le reste du bilan génétique

Le bilan proposé pour la race en France couvre onze maladies, ce qui situe le berger allemand parmi les races les plus dépistées. Outre les deux précédentes, il comprend l’hémophilie A, l’hyperuricosurie, l’achromatopsie, la bêta-mannosidose, le cystadénocarcinome rénal associé à une dermatofibrose nodulaire, le déficit d’adhérence leucocytaire, la mucopolysaccharidose de type VII, le syndrome de Scott et la sensibilité médicamenteuse MDR1, cette dernière étant une information à donner au vétérinaire avant toute anesthésie ou vermifugation.

Aucun éleveur ne fait les onze. Les deux à réclamer en priorité sont la myélopathie dégénérative et le nanisme hypophysaire, avec les résultats des deux parents, sur papier, portant le nom et le numéro d’identification de chaque chien testé.

Le dos, et ce qu’il faut regarder chez les parents

Un dernier point, qui ne relève d’aucun test. La ligne de dos très inclinée que l’on voit sur certains chiens de lignées d’exposition fait débat depuis des années, parce qu’une inclinaison marquée et des postérieurs très angulés se paient sur la locomotion. Quand vous visitez un élevage, regardez marcher les parents, de profil et de face, sur quelques dizaines de mètres. Une démarche qui frappe l’œil vaut tous les pedigrees.

Berger Allemand allongé sur le sol en béton, langue visible

Sur le quotidien, les fondamentaux valent plus que les compléments : des repas à heures fixes, de l’eau disponible en permanence, et un poids surveillé toute la vie, car c’est le facteur sur lequel vous avez le plus de prise pour ses articulations. Comme tout chien de ce format à poitrine profonde, il est par ailleurs exposé à la dilatation-torsion de l’estomac : repas fractionnés, jamais avant ni après un effort.

Le dressage

Comme tous les jeunes chiens, le berger allemand se montre fou-fou. A force de persévérance et de patience, votre protégé vous obéira. Certes, il a tendance à vouloir jouer, mais le jeu n'est-il pas une bonne façon d'éduquer son chien ? La fermeté et la rigueur sont de mise, les récompenses aussi.

Berger Allemand portrait de profil, langue pendante

Aucune brutalité n’est nécessaire dans le dressage de votre berger allemand. Intelligent, il comprend très vite ce que vous lui demandez et saura vous combler si vous le responsabilisez.

Quelques conseils

Le berger allemand n'est pas un jouet. Il assimile très bien les impératifs. En le récompensant quand il le mérite et en le punissant s'il agit mal, vous obtiendrez de très bons résultats. Son comportement se montrera exemplaire, il le suivra jusqu'à la fin de ses jours.

Berger Allemand au premier plan regardant l'appareil, avec un autre chien en arrière-plan

Nos sources

  • Société centrale canine, fiche de race Berger allemand : taille de 55 à 65 cm, poids de 22 à 40 kg, deux variétés de poil, court dense ou long dense, robes admises et position de la fiche sur la santé.
  • Fédération cynologique internationale, standard n°166, Berger allemand.
  • Club du Chien de Berger Allemand, club de race officiel affilié à la Société centrale canine.
  • LOF Select, Mise en place d’un index « dysplasie de la hanche », projet du Service Santé de la Société centrale canine avec GenEval, financé par le Fonds de Recherche Centrale Canine-Agria : index génétiques en base 100, notion de chien améliorateur, et liste des six races indexées dont le berger allemand.
  • Antagene, bilan génétique du Berger allemand : les onze maladies dépistées dans la race et les caractères analysés, dont la longueur du pelage.
  • Antagene, myélopathie dégénérative : gène SOD1, transmission autosomique récessive, 40 % de porteurs, apparition entre 8 et 14 ans, d’après Awano et al. (2009).
  • Antagene, nanisme hypophysaire : gène LHX3, transmission autosomique récessive, 15 % de porteurs, signes cliniques significatifs deux à trois mois après la naissance, d’après Voorbij et al. (2011).

Crédit photo : Melory - stock.adobe.com

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