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Chien de montagne portugais : berger qui garde d'un œil bienveillant sur son troupeau

Le chien de la Serra da Estrela, appelé cão da Serra da Estrela au Portugal, est plus couramment connu sous le nom de chien de montagne portugais ou Estrela. La Fédération Cynologique Internationale le classe dans le groupe des chiens de type Pinscher et Schnauzer - Molossoïdes - Chiens de montagne et de bouvier suisses. Dans son pays natal, il est le compagnon inséparable du berger qui garde d'un œil bienveillant sur son troupeau de moutons. Les voleurs de bétail et les loups ont tout intérêt à ne pas s’en approcher, s’ils veulent s’en sortir indemnes ! Les familles voient surtout en lui un molosse doux, affectueux et très attachant. Excellent gardien des fermes et des propriétés en général, il est particulièrement bien adapté pour la défense des personnes et sert même de chien de trait.

Les caractéristiques du Chien de montagne portugais

Le chien de montagne portugais, dont le nom officiel au standard est chien de la Serra da Estrela, est un molossoïde de grande taille du type mâtin, à la silhouette rustique et compacte. Son dos est presque horizontal, ses reins musclés, sa croupe modestement inclinée.

Une mise au point sur le format s’impose, car beaucoup de fiches, dont celle-ci, le sous-estimaient. Le standard FCI n°173 donne 65 à 73 cm et 45 à 60 kg pour un mâle, 62 à 69 cm et 35 à 45 kg pour une femelle, avec 2 cm de tolérance en plus. Un mâle adulte peut donc peser 60 kg, et non 50. Sur un chien de garde territorial, la différence n’est pas théorique : c’est ce que vous devrez tenir au bout d’une laisse.

Chien de montagne portugais debout en exposition, deux chiens vus de profil avec un masque noir
Photo : Pleple2000, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

L’Estrela est généralement recouvert d’une longue fourrure bien fournie. Les poils sont plus courts sur la tête et les membres, pour devenir plus longs sur l’ensemble de la queue ornée de franges. Le cou, le poitrail, les cuisses et l’arrière des pattes avant sont également généreusement garnis de lourdes franges. La variété à poil court est moins fréquente et a pratiquement disparu aujourd’hui. Les poils sont alors de la même longueur partout sur le corps, bien qu’un peu plus courts sur la tête et les membres. Dans tous les cas, la race présente une robe fauve, gris, gris-loup ou jaune, aussi bien unicolore que tachetée. Bien couché sur tout le corps, le poil est épais et très abondant, lisse ou légèrement ondulé, dur mais sans excès. Le standard de la Fédération Cynologique Internationale décrit une texture ressemblant à celle du pelage de chèvre. Plus clair, le sous-poil est court, emmêlé et lui aussi très foisonnant.

Court et costaud, le cou est sublimé par une cravate discrète. La tête, forte et large, porte un masque foncé et une mâchoire bien développée. Le crâne et le museau sont de même longueur, le stop peu marqué, le chanfrein presque droit. La truffe est de préférence noire, en tout cas plus foncée que la robe. Les yeux sont ovales, de grandeur moyenne, d’une couleur ambre foncé ; le standard exclut les yeux vairons ou de taille inégale.

Les oreilles, enfin, sont décrites par le standard comme attachées à hauteur moyenne, tombantes, portées vers l’arrière contre la tête, minces, triangulaires et arrondies à l’extrémité, petites par rapport au corps. La coupe des oreilles n’y figure nulle part, contrairement à ce qu’on lit encore : le standard ne décrit que l’oreille naturelle, et l’otectomie de convenance est interdite en France. Même logique pour la queue, dont l’absence, l’anourie, est un défaut entraînant l’exclusion.

La queue en faucille est attachée assez bas et dessine un crochet à sa pointe. Epaisse et longue, elle descend entre les fesses lorsqu’elle est au repos. Quand le chien est en action, sa queue se recourbe avec délicatesse vers le haut.

Origine

Le chien de montagne portugais est l’une des plus anciennes races de la Péninsule Ibérique. Malgré le fait que ses origines exactes demeurent difficiles à retracer, il aurait très certainement fait l’objet d’un croisement entre les molosses asiatiques et des chiens de berger locaux. La race est alors apparue il y a de cela des siècles dans la chaîne de montagne de la Serra da Estrela, région isolée du Portugal qui a donné le nom à ce majestueux molosse. Fidèle compagnon des bergers depuis la nuit des temps, il conduisait et gardait les troupeaux de bétail, qu’il défendait vaillamment contre les loups et les rôdeurs. A l’occasion, le chien de montagne portugais était également utilisé comme animal de trait. Grâce à ses aptitudes innées pour la garde, il a toujours été prisé par la marine de Lisbonne, afin de surveiller les bateaux amarrés dans le port.

Chien de montagne portugais vu de profil, tête noire et pelage fauve, portant un collier et une laisse
Photo : Pleple2000, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Dès l’instant où le travail de berger a commencé à se raréfier, les familles ont adopté l’Estrela, afin de veiller sur leur propriété et leurs biens. Progressivement, l’aristocratie se l’appropria et c’est à compter du début du 20e siècle que le chien de la Serra da Estrela fit son apparition dans les expositions canines. Finalement, le standard d’origine en vigueur de la race a été publié le 20 décembre 1966.

Aujourd’hui, l’Estrela est parvenu à préserver toute sa noblesse et sa rusticité originelles, et donc sa pureté. Le chien de montagne portugais est devenu un excellent chien de compagnie, tout particulièrement en Angleterre. Encore peu connu sur le territoire français, il commence toutefois à se distinguer dans des compétitions depuis quelques années. En tout cas au Portugal, il jouit d’une immense popularité à tel point qu’il s’agit de la race bénéficiant du plus grand nombre de naissances.

Chien de montagne portugais : Caractère

Vif, courageux et doté d’un regard éveillé très expressif, le chien de la Serra da Estrela impose systématiquement le respect. Il a conservé une certaine indépendance de son travail de gardien de troupeau dans les alpages reculés, mais aussi et surtout une grande méfiance envers tout ce qui est inconnu. Réservé pour ne pas dire un soupçon farouche, il sait donc se montrer ferme et n’hésite pas à être menaçant, quand cela s’avère être nécessaire. Il ne lui est pas difficile de dissuader les individus mal intentionnés, grâce à son extrême vigilance et sa carrure des plus impressionnantes ! C’est bien simple, il s’agit d’un chien qui ne craint rien ni personne, depuis le prédateur le plus hostile aux intempéries les plus dévastatrices.

Chien de montagne portugais assis dans l'herbe, poil fauve avec masque noir
Photo : gailhampshire from Cradley, Malvern, U.K, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Mais avec sa famille, ce molosse d’une grande prestance fait preuve d’une immense docilité, sans parler de sa fidélité absolue. Il possède un instinct de protection très développé et serait d’ailleurs prêt à sacrifier sa vie pour son maître, qu’il aime sans aucune limite. Son calme et sa douceur extraordinaires en font un compagnon idéal pour les enfants, sur lesquels il veille avec indulgence et dévouement.

Conditions de vie

Sur ce point, la Société centrale canine ne laisse aucune ambiguïté, et c’est probablement l’information la plus déterminante avant d’adopter cette race : il a besoin d’espace et d’exercice, et il ne peut vivre ni en appartement ni dans un espace urbain restreint. Elle ajoute qu’en ville, la tenue en laisse est indispensable.

Ce n’est pas une préférence de confort, c’est ce qu’implique un chien de garde de troupeau : il surveille un territoire, il décide seul, et il pèse jusqu’à 60 kg. Le sortir courir régulièrement dans les grands espaces n’est pas un supplément d’âme, c’est la condition pour vivre avec lui.

Chien de montagne portugais debout dans une prairie
Photo : gailhampshire from Cradley, Malvern, U.K, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Santé

Commençons par ce qui est vrai : c’est une race rustique, façonnée par le travail en montagne et non par la recherche d’un type esthétique, et aucune maladie héréditaire ne lui est aujourd’hui attribuée en propre dans l’offre de dépistage disponible en France. Le seul test proposé pour la race y est la sensibilité médicamenteuse MDR1, qui n’est d’ailleurs pas une maladie mais une information à donner au vétérinaire avant toute anesthésie ou vermifugation.

Il faut cependant lire ce constat pour ce qu’il est : la race est peu nombreuse en France et peu étudiée, et l’absence de données documentées ne vaut pas garantie de santé. Ce n’est pas la même chose que d’avoir été cherchée et pas trouvée.

Ce qui concerne réellement un chien de 45 à 60 kg

Les vrais sujets de cette race sont ceux de tous les grands molossoïdes de montagne, et ils se préparent plutôt qu’ils ne se subissent.

La dysplasie de la hanche. Demandez la lecture officielle des hanches des deux parents, cotée de A à E par un lecteur officiel selon le protocole FCI. Et rappelez-vous que le dépistage des parents réduit un risque sans le supprimer : votre part compte tout autant. Chez un chiot qui atteindra 60 kg, la croissance est longue et fragile. Pas de suralimentation qui pousse la croissance, pas de sauts ni d’escaliers répétés chez le jeune, un poids tenu toute la vie, et aucun complément calcique de votre propre initiative : chez un chiot de grande race, l’excès de calcium est un risque pour le squelette, pas une sécurité.

La dilatation-torsion de l’estomac. Comme tout chien de ce format à poitrine profonde, il y est exposé, et c’est une urgence vitale. Les signes : agitation, efforts de vomissement qui ne produisent rien, abdomen qui gonfle, muqueuses pâles. On part aux urgences le soir même. En prévention, des repas fractionnés à heures fixes, et jamais d’effort avant ni après le repas.

Le poil et la chaleur. Ce chien porte une toison épaisse doublée d’un sous-poil très fourni, conçue pour la Serra da Estrela et pas pour un été français. Contrôlez les nœuds derrière les oreilles et aux culottes, et adaptez les sorties dès qu’il fait chaud.

L’alimentation et la longévité

La Société centrale canine est ici simple et sans dogme : ce chien est peu exigeant, une ration à base de viande, de légumes et de céréales lui convient, et une alimentation industrielle de bonne qualité lui convient tout autant. Le seul moment qui demande de la vigilance est la croissance, pour les raisons expliquées plus haut.

Quant à la longévité, elle est celle d’un molossoïde de ce gabarit. Les chiffres avantageux que l’on lit ici ou là ne reposent sur aucune donnée publiée, et le levier le plus efficace dont vous disposiez reste le poids.

Chien de montagne portugais peint en mural, portrait de profil montrant la tête et le cou
Photo : DiogoBaptista, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

L'éducation

Malgré sa corpulence, le chien de la Serra da Estrela est vif et peut réagir vite, avec un caractère affirmé. La Société centrale canine recommande une éducation faite en douceur dès le plus jeune âge, et le mot compte : sur un chien de garde de ce gabarit, la contrainte produit de la méfiance, pas de l’obéissance. Ce qui fonctionne est la constance, une socialisation intensive pendant les premiers mois, et un cadre posé avant que le chiot n’atteigne son format adulte, car à 60 kg il sera trop tard pour négocier.

Chien de montagne portugais debout sur une prairie, profil gauche
Photo : gailhampshire from Cradley, Malvern, U.K, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Quelques conseils

Vous rêvez d’adopter un chien de montagne portugais ? A son arrivée au sein de la famille, il ne sera encore qu’une toute petite boule de poils qui ne demande qu’une chose : recevoir des tas de câlins et de caresses. Mais avant de vous lancer dans l’aventure, il est important d’avoir conscience que votre chiot se métamorphosera très vite en un gros molosse. Vous ne devrez en aucun cas faire l’impasse sur son éducation, au risque de vous trouver rapidement dépassé par votre compagnon à quatre pattes. Gardez toujours en tête que vous vous engagez pour plusieurs années et qu’il sera de votre responsabilité d’en prendre soin chaque jour. Il faudra trouver le temps de vous occuper de lui à travers des séances de jeux dynamiques et des balades, quelles que soient les conditions climatiques. Votre unique objectif sera son bonheur, malgré les contraintes imposées par le gabarit de l’Estrela. Préparez-vous à changer éventuellement de véhicule ou encore l’organisation des vacances en famille ! Au final, accueillir un chien de la Serra da Estrela changera votre vie de façon positive, pour un quotidien qui n’aura jamais été aussi heureux.

Nos sources

Crédit photo : ricardo rocha - stock.adobe.com

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