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Fiche de race : Grand Bouvier Suisse
Origine : Suisse · Groupe FCI : 2, section 3 / Chiens de montagne et de bouvier suisses
Taille (au garrot)
Poids
Espérance de vie
Prix d’un chiot
Cadre de vie
La Société centrale canine est catégorique : « ce n’est pas un chien de ville, il lui faut de grands espaces et de l’exercice ». Maison avec terrain, donc.
Avec enfants & animaux
Très bon compagnon familial : doux avec les enfants, protecteur et sociable avec les autres animaux s’il est bien socialisé.
Aboiement
Modéré – utilise sa voix pour avertir, mais n’est pas un aboyeur excessif.
Fun fact
Le Grand Bouvier Suisse était autrefois utilisé comme chien de trait pour tirer des charrettes, grâce à sa force impressionnante.
*Les valeurs sont indicatives et peuvent varier selon les lignées et individus.
Le grand bouvier suisse est le plus imposant des quatre bouviers helvétiques : un chien robuste de 60 à 72 cm au garrot, à la robe tricolore, originaire de Suisse et classé par la Fédération Cynologique Internationale dans le groupe des molossoïdes et bouviers suisses. Calme, fidèle et débordant d'affection, cet ancien chien de garde, de troupeaux et de trait est un merveilleux compagnon de famille, doux avec les enfants, à réserver toutefois aux foyers disposant de grands espaces : ce n'est pas un chien de ville. Ce gros nounours au cœur tendre excelle aussi comme chien guide d'aveugle, de recherche en avalanches ou de protection civile, et accompagne malades et personnes âgées avec une constante joie de vivre. Moins répandu en France que le bouvier bernois, son cousin à poils longs, il se distingue pourtant par ses innombrables qualités. Vous allez très vite être conquis !
Les caractéristiques du Grand Bouvier Suisse
Parmi le bouvier bernois, le bouvier de l’Appenzell et le bouvier de l’Entlebuch, le grand bouvier suisse est le plus imposant des bouviers helvétiques. Harmonieux dans ses proportions, ce canidé robuste et vigoureux est doté d’une ossature solide et d’une musculature puissante. Le mâle mesure de 65 à 72 cm au garrot et la femelle de 60 à 68 cm, ces valeurs étant celles du standard. Sur le poids en revanche, méfiez-vous des chiffres que vous lirez : le standard n'en fixe aucun, et les fourchettes publiées ici ou là, y compris dans la version précédente de cette fiche, varient du simple au double. Ce sont des observations, pas une norme.

La race possède un pelage double, garni d’un poil de couverture court, dur et serré ainsi que d’un sous-poil dense gris foncé, voire noir. Sa robe typiquement tricolore est majoritairement noire. Des marques rouilles recouvrent les joues, les sourcils, l’intérieur des oreilles et des cuisses, tous les membres et le dessous de la queue. Un marquage blanc s’étire sans interruption du crâne au poitrail, en passant par le chanfrein et la gorge. Comme si le grand bouvier suisse avait pris soin d’enfiler des chaussons, ses pieds sont également blancs, tout comme le bout de la queue. En outre, une fine bande noire persiste entre la liste blanche et les touches de feu au-dessus des yeux. Le cou est gracieusement musclé et ne possède pas de fanon.
Le grand bouvier suisse arbore un crâne plat et large. Les yeux en amande de grandeur moyenne, colorés de noisette ou marron foncé, dévoilent un regard éveillé, intelligent et rempli d’une gentillesse infinie. Attachées assez haut sur une tête massive, les oreilles triangulaires tombent à plat contre les joues d’où l’on devine une mâchoire bien développée. Quant à la truffe et aux lèvres, elles sont toujours noires. Le museau est fort et long, mais non pointu. Le chanfrein droit est dénué de sillon médian et le stop est peu marqué. Donnant une impression de lourdeur mais tout en élégance, la longue queue est naturellement pendante au repos. Lorsque le chien est en action, elle est portée plus haut et se courbe subtilement vers le haut sans jamais s’enrouler ou toucher le dos. Enfin, les membres trapus sont parfaitement d’aplomb et le dos bien droit, se terminant par une croupe large inclinée en arrondi raffiné, ainsi que d’une poitrine puissante qui descend jusqu’aux coudes.
Les origines
Vous lirez souvent que l'ancêtre du grand bouvier suisse serait le dogue du Tibet, amené en Suisse par les armées de Jules César. Aucune source cynologique officielle ne dit cela. Le standard et la Société centrale canine décrivent une origine bien plus terre à terre : ses ancêtres sont les grands mâtins de bouchers, ou grands bouviers, anciennement répandus dans toute l'Europe et employés comme chiens de protection, de trait ou de conduite du bétail.

Bâti pour la traction, il a immédiatement connu un succès fulgurent auprès des paysans, des marchands de chevaux et des bouchers. Il se rendait effectivement indispensable pour surveiller les troupeaux et tirer sans peine les charrettes, mais aussi les lourdes carcasses de viande. Du fait de sa masse et son poids, les fermiers l’utilisaient plus spécifiquement pour garder leurs exploitations.
Le sauvetage de la race est en revanche parfaitement documenté, et il tient à une rencontre. En 1908, lors d'une exposition à Langenthal qui commémorait les 25 ans de la Société cynologique suisse, on présente au professeur Albert Heim, grand promoteur des bouviers suisses, deux bouviers bernois à poil court. Il reconnaît en eux les survivants des grands bouviers en voie de disparition. Dès 1909, la race est reconnue comme distincte par la Société cynologique suisse et inscrite au Livre des origines suisse.
Le club du grand bouvier suisse fut créé en 1912, afin de promouvoir l’élevage de pure race et le 5 février 1939, la Fédération Cynologique Internationale publia enfin son standard. Son caractère calme et loyal fait qu’aujourd’hui, cet adorable canidé est très apprécié dans toute l’Europe en tant que chien de famille. Seule les Français le boudent encore, lui préférant le bouvier bernois pour son look de grosse boule de poils. A tel point qu’il n’a fait son apparition dans l’Hexagone qu’au début des années 1980…
Grand Bouvier Suisse : Le caractère
Amical, débordant d’affection et de joie de vivre, le grand bouvier suisse est d’une fidélité exemplaire. Ce gros pot de colle extrêmement bon envers les enfants et gentil avec tout le monde se montre très attaché à ses proches. Il est sociable avec les autres animaux et les personnes. Pour autant, son courage et sa vigilance font de lui un gardien méfiant et plein d’assurance vis-à-vis des inconnus, mais sans jamais être agressif. En effet, c’est son instinct protecteur qui se réveille ! Surtout que son gabarit colossal impressionne… Grâce à sa parfaite maîtrise de soi et sa quiétude en toutes situations, le grand bouvier suisse a toujours excellé en tant que conducteur de bétail et intègre aujourd’hui les foyers qui recherchent un doux compagnon au quotidien.

Les conditions de vie
Calme en intérieur, le grand bouvier suisse donne facilement l'illusion qu'il pourrait se contenter d'un appartement. La Société centrale canine tranche pourtant sans ambiguïté : « ce n'est pas un chien de ville, il lui faut de grands espaces et de l'exercice ». Son calme à la maison est le revers d'une vraie dépense au-dehors, pas une capacité à s'en passer. Les sorties fréquentes sont donc indispensables, tout comme les balades quotidiennes. Il fait d’ailleurs preuve d’une endurance remarquable et ne rechigne jamais pour vous accompagner en randonnée ou lors d’un footing. Il appréciera davantage de retrouver le confort au pied du canapé. Le grand bouvier suisse suit sans problème les sportifs dans leurs activités et apprécie la pratique des sports canins, tels que l’agility. Sa constitution robuste le prédispose à l’attelage et sera heureux de tirer un traîneau ou une charrette, ne serait-ce juste pour faire plaisir à son maître.

Cet adorable compagnon a un instinct prédateur assez limité. En conséquence, il accepte naturellement la présence d’autres animaux dans le foyer, aussi bien chats que rongeurs ou oiseaux. Infiniment protecteur à l’égard des enfants, il leur voue une véritable adoration pour le plus grand bonheur des parents. Cependant, il demeure préférable de se montrer méfiant avec les tout-petits à cause de sa carrure imposante. Pour la même raison de gabarit, il faut être lucide sur la force nécessaire pour tenir en laisse un chien de cette taille qui décide d'aller voir ailleurs : ce n'est pas une question d'âge du maître mais de capacité physique réelle, et cela se réfléchit avant l'adoption.
La santé du grand bouvier suisse
C'est un chien rustique, et son espérance de vie de 8 à 11 ans est honorable pour un chien de ce format. Mais « rustique » ne veut pas dire indemne, et cette race porte une particularité que tout acheteur devrait connaître avant la première anesthésie de son chien.
L'hémorragie postopératoire, la maladie signature de la race
Elle est peu connue et pourtant décisive. Il s'agit d'un dysfonctionnement des plaquettes qui empêche une coagulation normale, lié au gène P2RY12. Elle a été décrite précisément chez le grand bouvier suisse, dans des travaux publiés en 2011 puis en 2017.
Le chien atteint paraît normal au quotidien. Le problème surgit quand il saigne : saignements excessifs après une intervention chirurgicale ou un traumatisme, ecchymoses, et un signal précoce que peu de gens savent interpréter, des saignements gingivaux importants au moment de la perte des dents de lait. Si votre chiot saigne beaucoup en changeant de dents, ce n'est pas anodin, parlez-en à votre vétérinaire.
Deux éléments rendent cette maladie particulièrement importante à dépister sur cette race précise. D'abord, sa transmission est autosomique dominante et elle est présente dès la naissance : il n'y a pas de porteur sain qui la transmettrait en silence. Ensuite, et c'est le point que personne ne fait, ce chien est justement candidat à plusieurs chirurgies programmées : une stérilisation, et souvent une gastropexie préventive contre la torsion d'estomac. Connaître le statut P2Y12 de son chien avant de l'endormir change la préparation de l'intervention.
Le test se fait sur un simple frottis buccal. Demandez le résultat des deux parents à l'éleveur, et faites tester votre chien si ce n'est pas documenté.
La dilatation-torsion de l'estomac
La version précédente de cette fiche la mentionnait en une ligne, en fin de paragraphe. C'est pourtant le risque vital immédiat d'un chien de ce gabarit à poitrine descendant jusqu'aux coudes. L'estomac se distend, se retourne, cesse d'être irrigué, et le chien part en état de choc.
Les signes, à connaître par cœur : agitation, efforts de vomissement qui ne produisent rien, abdomen qui gonfle, muqueuses pâles au niveau des babines et des gencives, cœur très rapide et pouls faible. On part aux urgences le soir même. Environ 90 % des chiens survivent quand la prise en charge est rapide, contre environ 50 % si une partie de l'estomac est déjà nécrosée.
En prévention : ration fractionnée en deux repas, pas d'effort avant ni après le repas, et une discussion avec votre vétérinaire sur la gastropexie préventive par cœlioscopie, réalisable dès 6 mois et combinable avec une stérilisation. Sur cette race, cette conversation doit se tenir en même temps que celle sur le test P2Y12.
Les articulations, et la croissance
L'Orthopedic Foundation for Animals a évalué les hanches de 4 734 grands bouviers suisses : 16,5 % sont classés dysplasiques, contre 14,2 % toutes races confondues. La race est donc légèrement au-dessus de la moyenne, sans être parmi les plus touchées, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour un chien de ce poids. Ces données proviennent de radiographies transmises volontairement aux États-Unis et ne décrivent pas exactement la population française.
Demandez malgré tout la lecture officielle des hanches et des coudes des deux parents, avec sa cotation de A à E. La dysplasie se construisant pendant la croissance, vos décisions comptent ensuite autant : pas d'exercice intense ni d'escaliers répétés avant la fin de la croissance, et un poids tenu, ce chien ayant tendance à prendre de l'embonpoint.
L'ostéochondrose de l'épaule est également rapportée dans la race. C'est une anomalie du cartilage articulaire qui se manifeste chez le jeune chien en croissance par une boiterie du membre antérieur, et qui relève parfois de la chirurgie. Une boiterie qui persiste chez un chiot de grande race n'est jamais « une fausse manœuvre en jouant ».
L'épilepsie, et une mise au point nécessaire
La race est citée parmi celles prédisposées aux crises convulsives. Il faut ici corriger fermement ce que disait la version précédente de cette fiche, à savoir que ces crises seraient « la plupart du temps sans aucune gravité ». C'est faux et c'est dangereux. Une crise qui se prolonge au-delà de quelques minutes, ou des crises qui s'enchaînent sans que le chien reprenne conscience, constituent une urgence vétérinaire qui engage le pronostic vital.
Ce qu'il faut faire face à une crise : ne pas mettre les mains dans la gueule du chien, écarter ce qui pourrait le blesser, noter l'heure de début et la durée, filmer si c'est possible car cela aide énormément au diagnostic, puis appeler votre vétérinaire. Il n'existe à ce jour aucun test génétique de l'épilepsie idiopathique, quelle que soit la race : le diagnostic se pose par élimination et la prise en charge est un suivi au long cours.
Les autres dépistages disponibles
Le bilan génétique proposé pour la race couvre aussi la myélopathie dégénérative, l'hyperuricosurie et la sensibilité médicamenteuse MDR1, cette dernière n'étant pas une maladie mais une information à transmettre à votre vétérinaire avant toute anesthésie ou vermifugation.
Sur l'entretien enfin, ses oreilles tombantes justifient une inspection régulière et un nettoyage avec un produit auriculaire vétérinaire, et un brossage hebdomadaire suffit à son poil, davantage en période de mue.

L'éducation du Grand Bouvier Suisse
Le grand bouvier suisse peut se montrer parfois têtu. Il a donc besoin d’une éducation ferme et constante. Malin, il profiterait de votre laxisme pour se métamorphoser en un élève dissipé. En lui inculquant un apprentissage juste et tout en douceur depuis son plus jeune âge, votre gros nounours fera preuve d’une obéissance et d’une intégrité sans faille. Particulièrement attentif, parfaitement équilibré et d’humeur égale, il reste toujours à l’écoute de son maître si bien que vous vous rendrez rapidement compte que le grand bouvier suisse est facile à dresser. Gardez simplement à l’esprit que vous ne devrez jamais rien lâcher avec lui ! Et vous obtiendrez un compagnon poilu agréable, mais aussi un gardien sûr. N’omettez pas non plus de le sociabiliser dès son adoption. A deux ou trois mois, il devra rencontrer tout type d’individus et se familiariser avec différents endroits. Enfin, le grand bouvier suisse est propre au dressage en tant que chien d’avalanche.

Quelques conseils
Demandez à l'éleveur, sur papier et pour les deux parents : la lecture officielle des hanches et des coudes avec sa cotation de A à E, et le résultat du test d'hémorragie postopératoire P2Y12. Ces deux pièces valent tous les arguments de vente, et la seconde est celle que presque personne ne réclame alors qu'elle peut changer l'issue d'une chirurgie.
Le grand bouvier suisse est peu exigeant en termes d’entretien. Un brossage par semaine est amplement suffisant. Si vous le souhaitez, vous pouvez le laver une fois par trimestre en utilisant un shampoing adapté aux chiens. En été, transformez cette corvée en un moment de jeu dans le jardin. Le rafraîchissement est garanti et votre complicité n’en sera que plus forte !
Nos sources
- Fiche de race « Grand bouvier suisse », Société centrale canine (description, robe tricolore, tailles, historique, comportement, et la mention explicite que ce n'est pas un chien de ville).
- Standard FCI n°58 (PDF), grand bouvier suisse.
- Association française des Bouviers Suisses, club de race officiel affilié à la Société centrale canine.
- Bilan génétique du grand bouvier suisse, Antagene, et la fiche hémorragie postopératoire (P2Y12) : gène P2RY12, transmission autosomique dominante, signes cliniques dont les saignements gingivaux à la perte des dents de lait, d'après Boudreaux et coll. (2011) et Flores et coll. (2017).
- Disease Statistics by Breed, Orthopedic Foundation for Animals : 16,5 % de grands bouviers suisses dysplasiques des hanches sur 4 734 chiens évalués, contre 14,2 % toutes races confondues.
- Syndrome de dilatation-torsion de l'estomac chez le chien, centre hospitalier vétérinaire Frégis (signes d'alerte, pronostic, gastropexie préventive par cœlioscopie).
Crédit photo : FotoshopTofs - pixabay





3 commentaires
Robert · 12 novembre 2020 à 02:20
ils sont tres jolie mais j ai une question sont cote hippo allergenes
est tres elever ou moyen
Gaëlle · 2 février 2021 à 00:54
Bonjour Paul et Freesby!
Merci pour ce site qui est une mine d’informations !
Je suis tombée ici car je cherchais Bouvier Entlebuch. En plus d’être très beau, il est de taille moyenne (on a un petit appartement) et est du genre pot de colle (ce qui nous va à merveille ).
Est-ce que l’Entlebucher est comme son cousin Grand Bouvier suisse? C’est-à-dire calme à l’intérieur? À savoir qu’habitant non loin de la forêt, de belles balades seront possibles ainsi que des jeux à la maison.
Et est-ce que son côté « gardien » fait qu’il aboiera chaque passant dans la cage d’escalier?
Merci d’avance de votre aide!
Paul Laurent · 2 février 2021 à 09:49
Bonjour Gaëlle,
Le Bouvier Entlebuch est un super chien ! Actif, vif et très câlin.
Pour répondre à votre question, tout dépend du chien :). Ils sont tous différents. Le Bouvier Entlebuch peut être calme en intérieur si l'ensemble de ses besoins sont comblés. Il va adorer les balades en forêt ;). Concernant l'aboiement, là aussi c'est la loterie.
Paul