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Fiche de race : Cocker Spaniel Anglais
Origine : Royaume-Uni · Groupe FCI 8, section 2 chiens leveurs de gibier (avec épreuve de travail) · Standard n°5
Taille (au garrot)
Poids
Espérance de vie
Prix d’un chiot
Cadre de vie
Chien adaptable, peut vivre en appartement si promenades et activités quotidiennes sont assurées. Préfère un environnement avec espace extérieur.
Avec enfants & animaux
Très sociable, joueur et affectueux avec les enfants. Bonne entente générale avec les autres animaux, surtout s’il est bien socialisé.
Aboiement
Moyen – aboie pour alerter ou lorsqu’il est excité.
Fun fact
Le Cocker Spaniel Anglais est réputé pour sa "tête en doudou" et son regard attendrissant, mais il a aussi une grande énergie et adore les jeux de pistage.
*Les valeurs sont indicatives et peuvent varier selon les lignées et individus.
Le cocker spaniel anglais est un chien de chasse britannique au format réduit : un leveur de gibier d'environ 13 à 14,5 kg pour 38 à 41 cm au garrot, joyeux, affectueux et débordant d'énergie. Son regard de « chien battu » et sa robe soyeuse, immortalisés par la bande dessinée « Boule & Bill », en ont fait un compagnon de famille très apprécié, excellent avec les enfants et adapté à un premier chien. Attention toutefois : sous ses airs de peluche, c'est un sportif qui réclame de longues sorties quotidiennes, et qui conviendra mal à un maître sédentaire.
Caractéristiques physiques du Cocker Spaniel Anglais
Le cocker anglais étant avant tout un chien de chasse, et donc sportif, il possède un tronc relativement long, fort, tout en restant compact. Ses membres sont solides et fermes, sa tête est élégamment ciselée et son crâne bien développé. Ses yeux doux sont larges, rentrés dans son crâne et varient du brun au brun foncé, sans atteindre une couleur trop claire. Ses oreilles sont caractéristiques de la race : longues, pendantes, attachées relativement bas, non loin de son museau carré. Le standard admet une longueur d'oreille maximale atteignant sa truffe, mais sans la dépasser. Sa queue courte ne s'arrête jamais de remuer.

Le poil est plat et de texture soyeuse, formant de longues franges aux oreilles et aux membres. Le standard détaille les robes admises avec une précision inhabituelle : unicolores (noir, rouge, fauve, marron, noir et feu, marron et feu), particolores (noir et blanc, orange et blanc, marron et blanc, citron et blanc, avec ou sans moucheture), tricolores et rouannées. Chez les unicolores, le blanc n’est admis qu’en petite tache sur la poitrine. Le standard ajoute que toute couleur ou marque autre que celles énumérées n’est pas souhaitée : le merle, que l’on voit apparaître dans certaines annonces, n’y figure pas.
Côté format, le standard donne 39 à 41 cm au garrot pour les mâles et 38 à 39 cm pour les femelles, pour un poids d’environ 13 à 14,5 kg. Les fourchettes plus larges que l’on lit ailleurs sont des approximations.
Origines et histoire
La Société centrale canine est honnête sur ce point : les origines du cocker, comme celles de son nom, restent mystérieuses. On lit souvent une belle histoire d’épagneuls espagnols offerts par un roi d’Espagne à son homologue anglais ; elle est séduisante, mais elle n’est pas documentée, et le club de race ne la reprend pas.
Ce qui est établi commence au XVIIIᵉ siècle, quand un type de spaniel est sélectionné en Angleterre : le « cocking spaniel », nommé d’après son gibier de prédilection, la bécasse, woodcock en anglais. Le terme « cocker spaniel » apparaît dans les années 1850, la race est reconnue en 1892 par le Kennel Club britannique et son standard fixé en 1901.

En France, c’est à Paul Gaillard que l’on doit l’introduction du cocker spaniel, à la fin du XIXᵉ siècle : passionné de chasse, il importa d’Angleterre d’excellents chiens dont le succès déclencha un engouement durable pour les races anglaises. Le Spaniel Club Français est créé en 1898.
La suite est l’histoire classique d’une race trop populaire. Le cocker a été massivement produit, et une production de volume s’accommode mal des précautions d’un élevage sérieux : sélection sur l’apparence plutôt que sur le tempérament, chiots séparés trop tôt de leur mère et de leur fratrie, socialisation bâclée. Un chiot qui quitte l’élevage avant huit semaines, ce que la loi française interdit aujourd’hui, part avec un handicap comportemental que l’on met ensuite sur le compte de la race.
Une précision s’impose ici, car elle circule beaucoup. On attribue régulièrement un tempérament difficile aux cockers d’une couleur en particulier, généralement les robes unicolores dorées. Aucune donnée publiée ne permet d’associer une robe à un caractère chez cette race, et le standard tranche dans l’autre sens : un chien agressif ou peureux est un défaut entraînant l’exclusion. Ce n’est pas un trait de race, c’est un motif de disqualification. Si un chien vous inquiète, la couleur de son poil n’est pas la piste à suivre : son élevage, sa socialisation et sa santé le sont, et la section suivante explique pourquoi.
C'est un nouveau public qui s'intéresse aux cockers, et c'est bien les qualités d'origines qui sont recherchées. Il est à noter que le cocker américain tire ses origines du cocker anglais (et non l'inverse).
La santé du cocker : neuf maladies génétiques y sont dépistées
Cette fiche affirmait jusqu’ici que le cocker est « un chien robuste, qui vit longtemps et qui ne présente que peu de tares génétiques », puis, après un paragraphe sur les oreilles, que « la race ne connaît pas de maladie spécifique ».
C’est faux, et le chiffre est facile à vérifier : le bilan génétique proposé pour cette race en France couvre neuf maladies. Atrophie progressive de la rétine, collapsus induit par l’exercice, myélopathie dégénérative, néphropathie familiale, syndrome d’automutilation des pattes, déficit en phosphofructokinase, dysplasie rétinienne, sensibilité médicamenteuse MDR1 et xanthinurie. Deux d’entre elles méritent d’être détaillées, parce qu’elles frappent tôt et qu’elles sont rarement reconnues à temps.
La néphropathie familiale, qui tue avant deux ans
C’est la plus grave. Une anomalie d’une protéine de la membrane basale du rein détruit progressivement les glomérules, ces filtres microscopiques qui font le travail du rein. Le gène en cause est COL4A4, la transmission est autosomique récessive, et la mutation a été identifiée par Davidson et ses collègues en 2007 dans une publication dont le titre nomme la race.
Les signes sont trompeurs parce qu’ils ressemblent à tout et à rien : le chien boit énormément et urine beaucoup, il maigrit, il vomit, il a de la diarrhée. Puis vient une insuffisance rénale progressive et irréversible, jusqu’au décès.
Deux chiffres commandent la conduite à tenir. La fréquence des porteurs est estimée à 7 %, et l’âge d’apparition se situe entre 6 mois et 2 ans. Autrement dit, un chien acheté chiot peut mourir d’insuffisance rénale avant son deuxième anniversaire, et deux parents parfaitement sains peuvent le produire. Un test ADN existe : c’est le seul moyen de savoir.
Le syndrome d’automutilation des pattes
Celui-ci a été caractérisé par une équipe française, Plassais et ses collègues, en 2016. C’est une neuropathie sensitive : le chien ne sent plus la douleur au niveau des pattes. Il se lèche, se mordille les extrémités, et l’automutilation peut aller jusqu’à l’auto-amputation de phalanges et de griffes, avec des coussinets gonflés.
Le détail clinique qui devrait figurer dans toutes les fiches de cette race est le suivant : aucune boiterie apparente. Le chien se mutile sans boiter, parce qu’il ne sent rien. Un jeune cocker qui se lèche les pattes obsessionnellement est presque systématiquement traité pour une allergie ou un léchage d’ennui, et ce peut être tout autre chose.
Le gène est GDNF, la transmission autosomique récessive, l’âge d’apparition se situe entre 3 et 12 mois, et la fréquence des porteurs est la plus élevée de toutes celles citées ici : 17 %. Un test ADN existe également.
Ce qu’il faut demander à l’éleveur
La demande est la même que pour toutes les races, et elle est ici particulièrement justifiée : les résultats des deux parents, sur papier, avec le nom et le numéro d’identification du chien testé. Aucun éleveur n’est tenu de faire les neuf dépistages, mais la néphropathie familiale et le syndrome d’automutilation sont les deux à réclamer en priorité, parce que ce sont eux qui se déclarent chez vous, dans les premiers mois.
Un éleveur qui vous répond que « la race n’a pas de problème » vous répète simplement ce que la plupart des sites racontent, y compris celui-ci jusqu’à aujourd’hui.
Les oreilles, le vrai souci du quotidien
Le reste relève de l’entretien, mais il n’est pas anodin. Le standard décrit des oreilles en forme de lobe, attachées bas au niveau des yeux, dont le cuir fin peut atteindre l’extrémité de la truffe. Traduction pratique : un conduit auditif fermé en permanence, chaud et humide. La Société centrale canine recommande de surveiller ces oreilles, tout particulièrement l’été.
Si l’entretien est négligé, les otites deviennent récurrentes et le conduit finit par s’épaissir. Une mauvaise odeur, un chien qui secoue la tête ou se gratte l’oreille sont des motifs de consultation, pas de nettoyage énergique à la maison. Nettoyez également les yeux régulièrement, avec un produit conseillé par votre vétérinaire.
Enfin, ce chien est gourmand, la Société centrale canine le souligne, et il grossit vite s’il ne se dépense pas. De longues promenades quotidiennes lui sont indispensables : c’est un chien de chasse, pas un chien d’intérieur qui se contenterait d’un tour du pâté de maisons.

Le chiot cocker anglais
Un chiot cocker anglais est adorable, affectueux et très attachant. Ce sont des chiens de petite taille qui se caractérisent par leur longue et douce fourrure. Ils sont très populaires en tant qu'animaux de compagnie en raison de leur tempérament doux et joueur. Les Chiots Cocker Anglais sont très sociables et aiment être en compagnie de leur famille. Ils sont également faciles à entraîner et à éduquer, ce qui en fait un excellent choix pour les personnes qui cherchent un compagnon fidèle et aimant.

Caractère et aptitudes du Cocker Spaniel Anglais
Son besoin d'exercice façonne à part entière son caractère : il est joueur et joyeux ! Il aura vraiment besoin de se dépenser pour être heureux, si vous le laissez longtemps sans courir il prendra du poids et risque de déprimer. C'est pourquoi il est important que vous soyez un minimum sportif : il vous collera partout où vous allez. Il vaut mieux donc éviter d'adopter un cocker anglais si vous passez vos journées à la maison. Il vous suivra de pièce en pièce avec un regard affectueux et une attitude calme, mais cela ne sera pas assez. C'est une race très intelligente, et elle pourrait servir de chien de garde. Cela dépend beaucoup du chien en lui-même, ceci dit. Vous pouvez avoir un chien très protecteur, qui gardera sans problème votre maison et votre famille, ou alors il accueillera chaque visiteur avec le sourire. Avec un peu d'éducation vous pourriez faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, mais son caractère initial sera toujours le plus fort.

Portrait de Cocker Spaniel Anglais
Le cocker est plus heureux en maison avec jardin, voire même en campagne si c'est possible. L'air libre sera toujours préférable pour un chien de chasse. Il supporte la vie en appartement, si vous prenez la peine de le sortir régulièrement. Il en est de même pour la solitude : il peut se débrouiller tout seul, mais il faudra toujours lui rendre visite plusieurs heures par jour. Il voyage sans problème et sera un bon premier chien. Il va falloir gérer son stress cependant, à cause de son caractère il peut s'énerver en cas de contrariétés, cela étant limité notamment par sa taille.
Son éducation et son comportement avec les autres animaux
Le cocker anglais spaniel est un ange avec les enfants et s'entend très bien avec les autres animaux. Certaines lignées peuvent avoir quelques restes de l'époque où ils étaient mal élevés (surtout les robes rouges), il est donc important de bien choisir son éleveur et d'éviter les élevages peu éthiques. Dans tous les cas il est bon de présenter les animaux entre eux, afin qu'ils puissent s'apprivoiser et jouer ensemble. Pour les animaux étrangers, il n'est pas impossible qu'il se mette à courir derrière ! Il sait quand être énergique et quand être plus calme, ce qui le rend parfaitement adapté aux jeux avec les enfants, surtout qu'il adore faire le clown et recevoir des câlins.
Au niveau de son éducation, il est bon d'être ferme, sans être violent, attention. Il est un peu têtu et voudra faire ce qu'il veut. Il sait qu'il peut vous attendrir à coups de regard mielleux, ne vous laissez pas avoir ! Tout jeune il va falloir le motiver à suivre vos exercices, il ne faut pas hésiter à avoir recours aux friandises et au jeu. Si vous voulez des informations plus développées, n'hésitez pas à lire mon article sur le cocker !

Toilettage et entretien
Ce sont les longues franges qui demandent le plus de travail. La Société centrale canine chiffre l’entretien : un brossage au moins trois fois par semaine, et une visite chez le toiletteur tous les trois à quatre mois. Ce n’est pas un chien à entretien nul, contrairement à ce que sa taille laisse croire.
À l’achat, comptez de l’ordre de 900 à 1 400 € pour un chiot inscrit au LOF. Le prix ne dit rien de la santé du chiot : ce qui sépare deux élevages, ce sont les résultats de dépistage décrits plus haut. Prévoyez ensuite un budget annuel comparable à celui de tout chien de ce format, auquel s’ajoute le toilettage, qui est ici un poste régulier et non un extra.
Surveillez enfin son poids de façon systématique. C’est un athlète, et la gourmandise est un trait reconnu de la race : sans exercice, il grossit vite, et le surpoids aggrave tout, des articulations aux otites.
Le cocker spaniel anglais est un beau chien qui saura vous attendrir, mais ce n’est pas une boule de poils à laisser près de la cheminée. Si vous ne comptez pas bouger dans la semaine, passez votre chemin. Et si vous hésitez avec le cocker américain, ne le choisissez pas seulement parce qu’on le dit plus calme : sa propre fiche détaille une charge de pathologies oculaires héréditaires considérable. Sur ces deux races, c’est le dossier de santé de l’élevage qui doit trancher, pas le tempérament supposé.
Nos sources
- Société centrale canine, fiche de race Cocker spaniel anglais : taille de 38 à 41 cm et poids de 13 à 14,5 kg, historique et dates de reconnaissance, introduction en France par Paul Gaillard, surveillance des oreilles, gourmandise de la race, brossage trois fois par semaine et toiletteur tous les trois à quatre mois.
- Fédération cynologique internationale, standard n°5, Cocker spaniel anglais, version en vigueur du 8 octobre 2012 : classification, description des oreilles, liste limitative des robes admises, hauteurs et poids, et défauts entraînant l’exclusion.
- Spaniel Club Français, club de race officiel affilié à la Société centrale canine.
- Antagene, bilan génétique du Cocker spaniel anglais : les neuf maladies dépistées dans la race.
- Antagene, néphropathie familiale : gène COL4A4, transmission autosomique récessive, 7 % de porteurs, apparition entre 6 mois et 2 ans, d’après Davidson et al. (2007).
- Antagene, syndrome d’automutilation des pattes : gène GDNF, transmission autosomique récessive, 17 % de porteurs, apparition entre 3 et 12 mois, absence de boiterie, d’après Plassais et al. (2016).
Crédit photo : @ Fotolia






6 commentaires
Charlotte C · 26 septembre 2016 à 09:13
Mon chien est aussi un cocker spaniel, Bobby. J'insisterais un peu plus sur le caractère gourmand, qui peut être difficile de limiter si on le laisse courir en liberté assez souvent. J'ai trouvé la solution en lui cuisinant moi-même ses repas, pour mieux contrôler son poids.
Pour le mien, les voyages sont très stressant, même si j'ai tenté de l'habituer depuis tout petit. Il peut en être malade pendant plusieurs jours pour les longs trajets.
Enfin, c'est un chien tellement affectueux qu'il est difficile de le laisser seul. Il n'aime vraiment pas la solitude: du coup, tout le temps que l'on passe ensemble, nous sommes collés l'un à l'autre.
Il n'y a pas de chien plus adorable!
Bérengère · 28 septembre 2016 à 09:20
Super article, et avec ce qu'il s'est passé dans les années 70 au niveau des élevages, je comprends mieux pourquoi certaines personnes peuvent avoir une image très négative de ces chiens.
C'est vrai que le côté tétu et gourmand revient très souvent par contre :)
Marie-Laure · 30 octobre 2016 à 23:24
Bonjour Paul,
Je vais avoir un chiot cocker de 2 mois prochainement. J'ai déjà un chat, âgé de 12 ans, qui est un peu le roi de la maison. Comme je travaille de 10h à 18h avec une pause à midi où je rentre chez moi, je pense acheter un parc à chiot pour les premiers temps afin d'éviter des faces à faces un peu compliqués. Qu'en penses-tu ? Est-ce la bonne tactique ? Si oui, quel type de parc me conseilles-tu ? Ou vaut-il mieux faire pièce à part ? Merci de ta réponse et bravo pour ton site !
La Maison de Lilou · 4 janvier 2017 à 12:58
J'en ai eu un aussi, skeepy, super intelligent et vraiment gentil,très dur les 7 premiers mois, on a du refaire l'appartement mais tout est rentré dans l'ordre en suite il est mort d'un cancer y'a deux ans à l'age de 11 ans.
arsicot · 30 septembre 2017 à 14:06
j'ai un cocker spaniel je l'ai conduit au toilettage elle me l'a tomdu sauf les oreilles est-ce normal
Goubet · 18 avril 2018 à 07:51
Bonjour notre cocker âgé de 10mois nous grogne facilement dessus quand nous lui donnons un ordre comme descendre du canapé ou aller au panier, comment réagir