🐾 Race de chien

Cocker Américain : la star des concours de beauté

Développé aux États-Unis à partir du cocker spaniel anglais dont il est le descendant direct, le cocker américain est le plus petit des spaniels : un leveur de gibier compact d'environ 11 à 13 kg, reconnaissable à son pelage long et soyeux qui a fait de lui la star des concours de beauté. Joyeux, affectueux et sensible, doux avec les enfants et sociable avec ses congénères, il s'épanouit aussi bien en appartement qu'en maison dès lors qu'on lui consacre des sorties quotidiennes, et convient très bien à une famille pour un premier chien. Deux exigences en contrepartie : un toilettage soutenu et une vigilance particulière sur ses yeux, le point faible de la race.

Caractéristiques physiques du Cocker Américain

Le cocker américain est un petit chien. Le standard FCI n°167 fixe une hauteur idéale au garrot de 38,10 cm chez le mâle et 35,56 cm chez la femelle, avec une tolérance de 1,27 cm, et il élimine les mâles dépassant 39,37 cm et les femelles dépassant 36,83 cm. En revanche, il ne fixe aucun poids : les chiffres que l'on voit circuler sont des ordres de grandeur observés, pas une règle. Ils ont des yeux foncés et des oreilles tombantes, comme tous les cockers. Leur tête est relativement petite, tout comme leur queue. Le poil, l'attrait physique principal de cette race, est plat et soyeux. Sur la queue, soyons précis, car cette race est un cas particulier. Le standard FCI en vigueur, qui date de 1993, ne décrit que la queue écourtée : il n'a jamais été mis à jour pour prévoir la queue naturelle, contrairement à ceux du fox-terrier ou du cane corso. Pour autant, la coupe des oreilles à des fins non médicales est interdite en France depuis 2004, et si la caudectomie y reste légalement autorisée, la Chaire bien-être animal de VetAgro Sup rappelle qu'elle n'est pas anodine : la queue participe à l'équilibre du chien et à sa communication avec ses congénères. De nombreux pays européens l'ont interdite et n'admettent plus ces chiens en exposition.

Cocker Américain assis en gros plan, regardant l'appareil photo

Les couleurs de robes sont généralement divisées en deux groupes : unicolore et multicolore. Le cocker américain peut avoir une robe unicolore noire/jais, avec quelques reflets roux ici et là ou une tâche blanche sur la poitrine et la gorge. Il existe également quelques cockers couleur crème clair, rouge sombre, ou marron. Généralement, on préférera une robe uniforme pour les concours canins, mais quelques franges plus claires sont acceptées.
Les robes multicolores sont généralement de deux couleurs principales, dont une est le blanc. Il existe donc des robes noir et blanc, rouge et blanc, marron et blanc, puis des robes mélangeant plusieurs de ces couleurs avec quelques extrémités rousses.

Origines et histoire

Le cocker américain est né d'une volonté de vouloir « réadapter » le cocker anglais. Cette décision a été prise en Amérique au XIXème siècle. Les locaux trouvaient la race anglaise trop discrète et souhaitaient posséder des chiens plus « voyants ». La tradition de la race fait remonter la lignée américaine au champion Obo II, né aux États-Unis d'une chienne importée d'Angleterre. Les dates précises que l'on trouve en ligne sont en revanche à prendre avec des pincettes, certaines étant même antérieures à la fondation de l'American Kennel Club. Ce qui est établi, et que retient la Société centrale canine, est plus simple : l'ancêtre du cocker américain a émigré aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, et la lignée s'est peu à peu distinguée de son cousin anglais. La différence entre les deux races sera tellement visible que le cocker sera scindé en deux races, le cocker anglais (race d'origine) et le cocker américain. C'est une pratique courante qui vise à ne pas aliéner la race de base. Le cocker alors présent aux États-Unis devient un vrai symbole, il sera même à la mode pendant plusieurs années, se retrouvant alors héros d'un film animé des studios Disney dans « La belle et le clochard ». Depuis, sa popularité a quelque peu chuté de l'autre côté de l'Atlantique, notamment à cause du gain d'intérêt pour les retrievers.

Cocker Américain de profil portant un harnais et une couverture à carreaux en extérieur

En France, la Société centrale canine situe l'arrivée des premiers sujets au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'accueil ne fut pas enthousiaste : le cocker anglais était installé depuis longtemps et reconnu dans toute l'Europe. Le rapport de forces n'a jamais changé depuis, et il reste très largement en faveur de l'anglais dans les inscriptions au LOF. Le cocker américain demeure en France une race de connaisseurs, ce qui a un avantage pratique : le cheptel est restreint, donc les élevages sérieux se repèrent vite.

Son physique, sa santé

Le cocker américain est avant tout un chien de compagnie, il se plaira donc tout à fait dans une maison ou un appartement. Il vaut mieux cependant le promener le plus souvent possible, voire même le faire courir, puisqu'il a gardé son instinct originel de cocker, utilisé à l'époque comme chien de chasse. L'exercice est important à la fois pour la santé et le bonheur du chien. Le cocker américain est très présent aux concours canins, et la course peut endommager sa robe, mais gardez en tête qu'il ne faut jamais mettre l'apparence physique du chien avant sa santé. Il vaut mieux avoir un chien en bonne santé qui n'arrive qu'à la troisième place plutôt qu'avoir un champion en mauvaise santé.

Cocker Américain vu de profil, langue sortie, assis dans un champ de fleurs

La santé du cocker américain : la race aux quinze maladies oculaires

Il faut être direct, parce que c'est le point le plus important de cette fiche et celui que les vendeurs escamotent. Le manuel du Collège européen des ophtalmologistes vétérinaires (ECVO), qui recense pour chaque race les affections oculaires connues ou présumées héréditaires, en liste quinze pour le cocker américain. Quinze. C'est l'une des listes les plus longues de tout le manuel, et cela ne doit rien au hasard : cette race a été sélectionnée sur son crâne rond, son stop prononcé, ses paupières et ses très longues oreilles frangées, c'est-à-dire sur une architecture de la face qui met l'œil en difficulté.

Aucun cocker américain n'aura les quinze, évidemment. Mais un acheteur qui ignore la liste achète à l'aveugle, et un éleveur qui vous dit que « la race n'a pas de problème d'yeux » ne sait pas de quoi il parle.

Ce que l'ECVO recense pour cette race

Les principales, regroupées par ce qu'elles font :

  • Le glaucome. Une pression trop élevée dans l'œil, douloureuse, qui détruit le nerf optique. Le cocker figure parmi les races historiquement les plus étudiées pour le glaucome primaire, et c'est une urgence : un œil rouge, dur et douloureux se montre le jour même.
  • La cataracte, largement documentée dans la race, avec plusieurs travaux consacrés spécifiquement à son caractère héréditaire chez le cocker américain.
  • L'atrophie progressive de la rétine, la seule pour laquelle il existe un test ADN. Voir le détail ci-dessous.
  • La kératoconjonctivite sèche, ou œil sec : le film lacrymal ne se fait plus, la cornée s'abîme. Un chien qui a l'œil collé le matin, terne ou chargé de sécrétions épaisses n'a pas « un peu de conjonctivite ».
  • Les paupières : entropion (paupière roulée vers l'intérieur, les cils frottent la cornée), ectropion (paupière qui bâille), distichiasis (cils implantés au mauvais endroit).
  • Le prolapsus de la glande nictitante, l'œil de cerise, cette petite masse rosée à l'angle interne de l'œil, fréquente chez le jeune chien.
  • Les dystrophies cornéennes, la dysplasie rétinienne multifocale (autosomique récessive), le colobome du disque optique, les kystes iriens et les membranes pupillaires persistantes complètent la liste, avec une affection neurologique à expression oculaire, la céroïde-lipofuscinose neuronale, présumée récessive.

Sur ces quinze, l'ECVO note une seule chose réconfortante et une seule inquiétante, et c'est la même : une seule dispose d'un test génétique. Pour toutes les autres, il n'existe qu'un outil, l'examen par un vétérinaire ophtalmologiste, répété dans le temps.

L'atrophie progressive de la rétine, celle qui se dépiste

C'est une dégénérescence des photorécepteurs. Le chien perd d'abord la vision nocturne, puis la vision de jour, jusqu'à la cécité totale. La forme rencontrée dans la race est l'APR-prcd, liée au gène PRCD, de transmission autosomique récessive.

Le piège tient à l'âge : elle se déclare entre 2 et 12 ans. Un reproducteur peut donc faire plusieurs portées avant de montrer quoi que ce soit, et deux parents porteurs, tous deux parfaitement voyants, produisent statistiquement un quart de chiots atteints. C'est exactement pour ce genre de maladie que le test ADN existe. Deux parents testés indemnes ne peuvent pas donner un chiot atteint, point final.

Le déficit en phosphofructokinase, la maladie qui ressemble à un coup de chaud

Celle-ci est moins connue et mérite d'être expliquée, parce qu'elle se confond avec autre chose. C'est une glycogénose de type VII : les globules rouges produisent mal leur énergie, leur durée de vie s'effondre, et le chien fait des crises d'anémie.

Le tableau est déroutant. Le chien est normal entre les crises. Puis, après un gros effort, une forte chaleur ou simplement une grosse excitation, il devient léthargique, faible, ses muqueuses pâlissent et sa température monte. Beaucoup de propriétaires mettent cela sur le compte d'un coup de chaleur et passent à côté pendant des années. La maladie apparaît dès l'âge de 6 mois, elle est autosomique récessive, elle touche le gène PFKM, et elle est dépistable par test ADN. La proportion de porteurs est aujourd'hui inférieure à 1 % dans la race, ce qui est une bonne nouvelle et le résultat direct du dépistage.

Ce qu'il faut demander à l'éleveur, sur papier

  • Le résultat du test APR-prcd des deux parents, avec nom et numéro d'identification du chien testé.
  • Le certificat d'examen ophtalmologique des deux parents, avec sa date. C'est la pièce maîtresse pour cette race, puisque quatorze des quinze affections ne se dépistent que comme cela. Un certificat de plusieurs années ne dit rien de l'état actuel d'un œil, et un éleveur sérieux fait réexaminer ses reproducteurs.
  • Le test de déficit en phosphofructokinase, et selon les lignées le collapsus induit par l'exercice, la myélopathie dégénérative et la sensibilité médicamenteuse MDR1, tous quatre inclus au bilan génétique proposé pour la race en France.

Les oreilles : le vrai quotidien d'un propriétaire de cocker

Ce n'est pas héréditaire au sens strict, c'est mécanique, et c'est le motif de consultation numéro un de la race. Un pavillon long, lourd, couvert de franges et plaqué sur le conduit, cela fait un couvercle : l'air ne circule plus, l'humidité stagne, et l'otite s'installe. Un cocker dont on ne nettoie pas les oreilles finira chez le vétérinaire, ce n'est pas une question de si mais de quand. Nettoyage régulier avec un produit auriculaire vétérinaire, séchage après chaque baignade, et le poil de l'intérieur du pavillon dégagé lors du toilettage.

Et le point que la Société centrale canine met en avant

Elle ne mâche pas ses mots : ce chien est extrêmement gourmand, et elle conseille de ne pas se laisser attendrir par son regard implorant et de mettre toute nourriture hors de sa portée. Ce n'est pas une coquetterie de fiche de race. Le surpoids aggrave tout chez un chien de ce format, à commencer par les articulations et le cœur, et c'est le seul facteur de risque sur lequel vous ayez une prise totale.

Caractère et aptitudes

Les cockers possèdent un caractère vif, joyeux et joueur. Il saura vous prouver qu'il est déterminé, il est fier, mais il écoutera son maître. Il est bourré d'énergie ! Cela ne l'empêche pas d'être affectueux, notamment avec les enfants. Même s'il a beaucoup été élevé comme chien de chasse, il est aujourd'hui un chien de compagnie, et surtout un chien d'exposition. C'est une très belle race, et son caractère est beaucoup plus doux que celui du cocker anglais.

Cocker Américain assis sur un lit, langue sortie, avec un second chien similaire en arrière-plan

Il s'attache très vite aux membres de sa famille et sera toujours présent pour participer aux activités, sportives ou non. Le cocker aime tout le monde et est très curieux, il n'est donc pas très efficace en tant que chien de garde. Il faudra veiller à le socialiser lorsqu'il n'est encore qu'un jeune chiot, sinon il pourrait se montrer timide avec les inconnus.
Grâce à sa taille et à son caractère, le cocker américain est autant à l'aise en ville qu'en campagne, en appartement qu'en maison. Comme il a été expliqué plus haut, le principal c'est de lui dédier quelques heures par jour, ce ne serait-ce que pour quelques exercices ou ballades qui renforceront vos liens chien-maître. Il est très doué dans la pratique de l'agility, un sport canin reconnu.

Son éducation et son comportement avec les autres animaux

Cette race est sociable, autant avec les humains qu'avec les animaux. Il n'y aura pas vraiment de conflit en cas de cohabitation entre deux mâles, et les chats seront généralement ceux qui commenceront les bagarres. Il n'y a pas de problème particulier concernant son éducation. Comme pour toute autre race, il convient de s'y prendre tôt et de récompenser le chiot lorsqu'il répond à un ordre.

Portrait aux pastels d'un cocker américain noir et feu devant des montagnes enneigées

Portrait de Cocker

Il s'éduque très facilement et adore écouter les interjections de son maître. Il ne se rebellera pas contre votre éducation, au contraire, il aura tendance à l'embrasser. Pour lui, passer du temps avec vous est tout ce qui compte. Un simple apprentissage des exercices de base les premières semaine suffira à faire de lui un compagnon idéal. Le seul bémol dans l'acquisition d'un tel chien est lié à l'entretien de son poil. Vous devrez passer des heures à brosser votre chien afin qu'il puisse garder sa robe impeccable.

Cocker Américain : Toilettage et entretien

Comme nous l'avons vu plus haut, l'élevage de la race a été centré sur la nécessité de se démarquer de son cousin anglais. Il a donc été question de fournir aux chiens une fourrure remarquable, mais qui doit être toilettée régulièrement. Cet entretien est indispensable, couplé à un brossage quotidien il permet d'éviter divers problèmes. Si vous ne prenez pas soin des poils de votre chien, vous pourriez bien vous retrouver chez le vétérinaire pour faire raser votre cocker. Les poils finissent par s'entremêler par manque d'entretien et la situation n'est gérable qu'à l'aide d'une tondeuse.

Cocker Américain assis regardant la caméra

Les oreilles des cockers sont également un point sensible, elles doivent être nettoyées très régulièrement. Il est également conseillé de raser l'intérieur de l'oreille pour éviter toute macération et otite. Ses yeux sont eux aussi fragiles et vous demanderont d'effectuer un nettoyage quasi quotidien afin d'éviter toute infection.
L'entretien et le toilettage sont donc très importants, et peuvent être difficiles à réaliser, surtout si vous souhaitez l'inscrire à un concours canin. Vous pourriez avoir besoin de l'aide d'un professionnel qui vous permettra d'obtenir de meilleurs résultats. C'est une race prédominante aux États-Unis, et certains maîtres se donnent beaucoup de mal pour créer des robes magnifiques, similaires aux robes de mariées les plus travaillées.

Ces chiens de chasse reconvertis vous demanderont une attention au quotidien, mais vous en retirerez une relation extraordinaire. Les cockers sont de taille moyenne et très joueurs, ils sont donc des premiers chiens parfaits pour une famille. Sa robe en fait un chien très prisé, bien que l'entretien peut être lourd. Si jamais vous aviez des doutes quant à la beauté de cette race, il vous suffit de revisionner « La belle et le clochard » !

Nos sources

Crédit photo : lenkadanstock.adobe.com

Cet article vous a été utile ?

Donnez-lui une note : c'est anonyme, ça prend deux secondes, et ça aide les autres maîtres à s'y retrouver 🐾

Note : 4.8/5 (5 votes)

Cet article vous a plu ? Partagez-le 🐾

3 commentaires

Maigrot · 8 août 2016 à 21:23

Ce livre me permettra t il aussi en pratique sur nimporte quelle race de chien!??

Paul Laurent · 10 août 2016 à 08:23

Bonjour Maigrot,

De quelle livre parlez vous ? Si c'est "Dressez votre chien en 15 minutes par jour" la réponse est oui.

Paul

Mariana · 16 août 2016 à 10:19

Bonjour,

Nous venons d'acquérir un chiot cocker anglais de 3 mois. Il est assez têtu et fait pas mal de betises, du coup nous passons notre temps à lui dire au panier. Aussi, il pleure la nuit et vient gratter à notre porte.Et dès que nous sommes avec lui il redevient calme.

J'ai l'impression de le réprimander souvent et j'ai peur qu'il soit malheureux :(

Avez-vous quelques conseils à nous donner svp ? Pensez-vous qu'il puisse être mal avec nous ?

Merci beaucoup