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Akita Américain : Affectueux, beau et courageux

L’akita américain est un grand chien du groupe des Spitz et type primitif, développé aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale à partir d’Akita importés du Japon : comptez 61 à 71 cm au garrot et de 32 à 59 kg selon le sexe. Digne, protecteur et très loyal envers les siens, ce chien imposant s’épanouit surtout en maison avec jardin, auprès de maîtres capables d’encadrer son tempérament de gardien. Il ne doit pas être confondu avec l’akita inu, son cousin japonais plus fin. Affectueux avec sa famille, ce robuste gros nounours se révèle toutefois un guerrier redoutable lorsqu’il estime qu’elle court un danger.

Les caractéristiques de l'Akita Américain

Plus massif que son homologue japonais, l’akita américain est doté d’une ossature lourde ce qui lui confère robustesse et puissance. D’ailleurs, ses membres musclés lui donnent une allure pleine de force et d’agilité. Bien équilibré et de constitution solide, le mâle mesure de 66 à 71 cm alors que la femelle est un peu plus fine, avec une taille comprise entre 61 et 66 cm. Finalement, le poids de ce gros nounours oscille de 45 kg à 60 kg. Cet élégant chien de compagnie aux petits yeux marron foncé triangulaires possède un court sous-poil dense et doux, recouvert d’un pelage dur et raide dont la longueur atteint 5 cm au niveau du garrot et de la croupe.

Akita Américain debout en laisse dans un parc

La robe peut être de diverses couleurs, du fauve au blanc en passant par le rouge, tacheté ou bringé, tout est admis. Bien que le masque noir ne soit nullement impératif, cette caractéristique est vivement recherchée. Bien droites et portées vers l’avant, les oreilles triangulaires sont légèrement arrondies à l’extrémité. La tête est large et émoussée, terminée par un museau épais, le tout formant un équilibre esthétique avec le corps. La grande queue attachée haute de ce majestueux compagnon est généreusement fournie en poils et vient s’enrouler avec raffinement sur le dos.

Origine

A l’origine, l’histoire de l’akita américain coïncide avec celle de l’akita inu. Dès 1603, ce chien utilisé pour la chasse à l’ours dans la région d’Akita au Japon commence à servir de chien de combat. Il fut ensuite croisé à compter de 1868 avec le tosa et le mastiff dans l’objectif d’accroître sa carrure, au détriment d’autres caractéristiques propres aux spitz. Heureusement, le gouvernement interdit les combats en 1908 afin de préserver la pureté de la race. C’est durant la Seconde guerre mondiale que son histoire se détache de celle de son cousin japonais.

Akita Américain regardant l'eau depuis un rocher

En effet, l’akita était réquisitionné pour sa chaude fourrure mais les amoureux des chiens cachaient les plus beaux spécimens dans les fermes ou les croisaient avec des bergers allemands, ces derniers ne servant qu’à des fins militaires. Jugées de qualité inférieure, ces lignées furent interdites d’exportation par le Japanese Kennel Club. Ainsi, deux types se développèrent au Japon et aux Etats-Unis.

Tandis que le premier s’est affiné, le second se démarque par sa carrure et son crâne plus large. Ses nombreuses capacités lui ont permis de devenir de plus en plus populaire, si bien que le club de l’akita est créé en 1956 et la race a finalement été acceptée par l’American Kennel Club en octobre 1972. Appelé akita matagis jusqu’en 2006, il se fit nommer akita américain par la Fédération cynologique internationale pour le différencier une bonne fois pour toute de l’akita inu.

Caractère

Intelligent, calme et docile, l’akita américain se révèle être un fidèle compagnon sûr de lui, digne et assez indépendant. Sous ses airs de tendre ours velu, l’akita américain n’hésite pas à devenir un farouche guerrier pour protéger sa famille. Vigilant, réceptif et très téméraire, il est extrêmement méfiant envers les étrangers.

Akita Américain chiot

Même s’il est peu aboyeur, il fera preuve d’une immense persuasion pour faire fuir les intrus qui tenteraient de pénétrer sur son territoire sans y être invités. Les conflits avec ses congénères du même sexe ne sont pas rares, tant l’akita américain est dominateur. D’une gentillesse inouïe avec ses maîtres, il se montre néanmoins particulièrement câlin, attentionné, doux et patient envers les enfants.

Conditions de vie

L’akita américain s’accommode aussi bien d’une vie à l’extérieur qu’à l’intérieur. En effet, il supporte aisément les basses températures et son caractère indépendant lui permet d’apprécier la vie en plein air sans s’ennuyer. Une maison avec un jardin clôturé est l’idéal pour ce grand gaillard qui a besoin de courir. Toutefois, il convient de lui accorder un peu de votre temps car la présence humaine lui est essentielle, tout comme l’amour d’une famille.

Akita Américain allongé sur un sentier, langue pendante, portant un collier et un harnais

Et ceci ne fera que renforcer votre complicité qui grandira de jour en jour. Si vous habitez en appartement, l’akita américain n’y verra aucun inconvénient à condition qu’il puisse se dépenser au quotidien. D’ailleurs, ses maîtres devront être sportifs et lui consacrer de longs moments dédiés à la promenade. Toutes les situations familiales sont compatibles avec l’akita américain et les plus petits seront ses meilleurs compagnons de jeux.

La santé de l'akita américain

Cette section avait le mérite de nommer plusieurs affections réelles : arrêt folliculaire, retournement d'estomac, dysplasie, atrophie rétinienne, ruptures de ligaments croisés, et la vigilance sur la croissance. Tout cela est juste et conservé. Ce qui manquait, c'est ce qui définit le plus la race : sa fragilité immunitaire, et les trois maladies qu'un test ADN permet d'écarter.

L'akita américain vit 10 à 12 ans. C'est un grand chien lourd, à double pelage, dont le profil de risque combine celui des races géantes et celui des nordiques.

Akita Américain avec un bâton

Une race à terrain auto-immun

C'est la caractéristique la plus importante de l'akita, et elle explique une partie du reste. Le système immunitaire s'attaque aux tissus de l'organisme lui-même. Trois manifestations méritent d'être connues :

  • Le syndrome uvéo-dermatologique, aussi appelé syndrome de type Vogt-Koyanagi-Harada. L'immunité s'en prend aux cellules pigmentaires : la truffe, les babines et le pourtour des yeux se dépigmentent et rosissent, et surtout une inflammation grave se déclare à l'intérieur de l'œil. C'est une urgence oculaire : non traitée, elle mène à la cécité en quelques semaines. Un akita dont la truffe s'éclaircit et dont les yeux deviennent rouges et douloureux doit être vu sans délai.
  • La sébadénite. Les glandes sébacées de la peau sont détruites : le poil devient terne et cassant, tombe par plaques, la peau desquame et une odeur s'installe. C'est ce que la fiche appelait « arrêt folliculaire ». Elle ne se guérit pas, mais elle se contrôle très bien avec un traitement au long cours.
  • L'hypothyroïdie, souvent d'origine auto-immune elle aussi : chien apathique, qui grossit sans manger davantage, au poil terne et clairsemé. Une prise de sang la dépiste et le traitement est simple et peu coûteux.

Un point pratique découle de ce terrain : chez l'akita, une perte de poil ou une dépigmentation ne sont pas des questions esthétiques. Ce sont des signaux qui méritent une consultation.

Les trois tests ADN

  • L'amélogenèse imparfaite. L'émail dentaire se forme mal : les dents sortent rugueuses, décolorées, s'usent vite et se carient. C'est visible chez le jeune chien, dès la sortie des dents définitives, et cela impose un suivi dentaire à vie.
  • La myélopathie dégénérative, atteinte progressive de la moelle épinière chez le chien âgé, qui commence par une faiblesse de l'arrière-main. Elle est indolore, ce qui la distingue de l'arthrose.
  • La sensibilité médicamenteuse MDR1, chez qui l'ivermectine des vermifuges et le lopéramide deviennent dangereux.

Une particularité à signaler à votre vétérinaire

Les akitas, comme plusieurs races japonaises, présentent des particularités sanguines qui peuvent fausser l'interprétation d'une prise de sang de routine, et une réputation de sensibilité accrue à certains protocoles anesthésiques. Ce n'est pas une maladie, mais c'est une information à donner spontanément avant toute intervention, surtout si votre vétérinaire ne connaît pas la race.

Ce que la fiche signalait déjà, précisé

  • Le retournement de l'estomac. Grande taille et poitrine profonde. Les signes : agitation, efforts de vomissement qui ne produisent rien, abdomen qui gonfle, muqueuses pâles. On part aux urgences le soir même, et la gastropexie préventive mérite d'être évoquée avec votre vétérinaire. Voir le retournement de l'estomac.
  • La dysplasie de la hanche et du coude. Le dépistage officiel est une radiographie réalisée après 12 mois, sous sédation, lue par un lecteur agréé. Les résultats des deux parents doivent vous être montrés. Voir la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • La croissance et les ligaments croisés. Le conseil de la fiche est le bon : exercice modéré jusqu'à un an. Un akita prend cinquante kilos en dix-huit mois, et la rupture du ligament croisé est fréquente chez les chiens lourds, surtout en surpoids.
  • Les yeux. L'atrophie progressive de la rétine, que la fiche citait, justifie un examen ophtalmologique des reproducteurs, aucun test ADN ne la couvrant dans cette race.

La chaleur et le pelage

Double pelage conçu pour les hivers du nord du Japon : l'akita supporte mal les étés. Ombre, eau, pas de sortie aux heures chaudes. Ne le tondez pas pour autant : son sous-poil l'isole aussi du chaud, et il repousse mal après une tonte. Deux mues spectaculaires par an, où le brossage quotidien devient obligatoire.

Les deux questions à poser à l'éleveur

  1. Les cotations de dysplasie des deux parents et le résultat du bilan génétique.
  2. Y a-t-il eu des maladies auto-immunes dans les lignées ? C'est la question la plus utile sur cette race, et celle qui distingue le mieux un éleveur qui suit ses chiens.

Ainsi, votre fidèle boule de poils vous suivra dans toutes vos aventures pendant environ dix belles années de bonheur. Vous penserez enfin à étriller votre akita américain lors des mues, qui ont lieu deux fois par an.

Eduquer un Akita Américain

Son éducation est assez facile mais exige une bonne dose de fermeté, sans aucune brutalité au risque de le voir devenir agressif.

Akita Américain montant des marches accompagné d'un homme

Quelques conseils

Comme son cousin japonais, l’akita américain demeure un chien au tempérament primitif. Il est primordial d’en avoir pleinement conscience avant d’en devenir l’heureux propriétaire. Ensuite, l’akita américain saura être le compagnon rêvé grâce à sa fidélité exemplaire, sa constance et sa joie de vivre débordante, mais aussi un excellent gardien par nature.

Enfin si vous envisagez de participer à des expositions canines, sachez que l’akita américain y a toute sa place tans sa beauté fascine. Soyez assuré que vous ne passerez pas inaperçu lors de vos promenades aux côtés de votre élégant et imposant compagnon à quatre pattes !

Nos sources

Crédits photos : Fotolia et © Flickr – Alden Chadwick

Santé : la piste auto-immune chez l'akita américain

L'akita américain est un chien puissant et globalement robuste, mais la race est connue pour une particularité qu'il vaut mieux avoir en tête : une sensibilité aux maladies à composante auto-immune, où le système immunitaire s'attaque à l'organisme.

  • Le syndrome uvéo-dermatologique, parfois appelé syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada-like, en est l'exemple le plus caractéristique : il associe une inflammation de l'œil, pouvant menacer la vision, à une dépigmentation de la truffe et des lèvres. Toute rougeur oculaire persistante chez un akita mérite un avis rapide.
  • L'hypothyroïdie, également d'origine souvent auto-immune, se manifeste par une prise de poids, une fatigue et des troubles du pelage. Elle se diagnostique par une prise de sang et se traite très bien.
  • L'adénite sébacée, une inflammation des glandes de la peau qui abîme le pelage, est décrite dans la race.

S'y ajoutent les dépistages classiques du grand chien : dysplasie de la hanche et du coude par radiographie officielle, et examen ophtalmologique des reproducteurs.

Ne confondez pas cette race avec l'akita inu, son cousin japonais : ce sont deux races distinctes depuis 1999, de gabarit et de robe différents.

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