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Bouvier Bernois : une boule de poils au grand cœur

Le Bouvier Bernois est un grand chien de ferme originaire de Suisse, reconnaissable à sa robe tricolore noire, blanche et rousse. Calme, affectueux et d'une fidélité sans faille, il servait autrefois près de Berne à la garde, à la traction de charrettes et à la conduite du bétail. Devenu avant tout chien de compagnie, il s'épanouit dans une maison avec jardin, auprès d'une famille présente, et cohabite bien avec les enfants comme avec d'autres animaux s'il est socialisé jeune. Son espérance de vie de 7 à 9 ans est courte pour son gabarit, ce qui impose de choisir un élevage qui dépiste sérieusement.

Un « bouvier » est un chien qui travaille avec les bovins : naturellement plus robuste qu'un berger, il n'en reste pas moins profondément attaché à son maître.

Caractéristiques physiques

Le bouvier bernois est un grand chien : comptez 64 à 70 cm au garrot pour un mâle et 58 à 66 cm pour une femelle, pour un poids de 50 à 60 kg chez le mâle et 40 à 45 kg chez la femelle, selon la fiche de la Société centrale canine. Son corps est harmonieux, plus long que haut, et arbore une robe tricolore. Si la majorité de sa fourrure est noire, son plastron est, lui, blanc, et forme une croix suisse.

Ce blanc se retrouve sous forme de ligne sur son front, son museau, et entre ses yeux, ainsi que sur le bout de ses pattes et de sa queue. Quelques taches de roux sont également à noter, au niveau de ses pattes, ses joues, et au dessus de ses yeux (taches alors appelées "pastilles").

Bouvier Bernois chiot


Sa tête est puissante et son profil est peu bombé. Ses oreilles sont triangulaires, arrondies, tombantes, et accolées à sa tête. Ses pattes sont courtes, son poil est long, lisse ou quelque peu ondulé. Sa truffe est noire, alors que ses yeux sont généralement brun foncé et en forme d’amande.

Gris, bleu merle, poil court : ces bouviers bernois n'existent pas

La robe du bouvier bernois ne se décline pas : le standard ne connaît qu'une seule combinaison, le tricolore noir, feu et blanc, à répartition symétrique, sur un poil long légèrement ondulé ou lisse. Il n'existe ni bouvier bernois gris, ni fauve, ni « bleu merle » : un chiot vendu sous ces couleurs est un croisement, et le « merle » doit doublement alerter, ce gène posant des problèmes d'audition et de vue quand deux porteurs sont mariés. Il n'existe pas non plus de version « petite taille » ou miniature : les annonces de « mini bernois » désignent des croisements avec des races plus petites, sans aucune garantie sur le gabarit ni la santé.

Quant au « bouvier bernois à poil court », il existe bel et bien, mais ce n'est pas un bernois : c'est le grand bouvier suisse, son cousin direct, même robe tricolore et gabarit voisin, en poil court. Les deux races partagent la même origine de chiens de ferme suisses, et si c'est l'allure du bernois sans l'entretien du poil long qui vous attire, c'est de ce côté qu'il faut regarder.

Origines et histoire

Le bouvier bernois descend des chiens de ferme du plateau bernois, utilisés pour garder la maison, conduire le bétail et tirer les charrettes de lait des paysans, d'où son surnom de « chien de fromagerie ». On l'appelait alors Dürrbächler, du nom d'une auberge du hameau de Dürrbäch, près de Riggisberg, où ces chiens tricolores étaient nombreux. Comme pour la plupart des races paysannes, les récits qui le font remonter aux légions romaines relèvent de la légende plus que de l'histoire documentée.

tête de Bouvier Bernois


Il faudra attendre 1902 pour que des expositions présentent ces chiens de ferme. La race est reconnue en 1913 sous son nom actuel de bouvier bernois, notamment grâce au travail du cynologue et professeur de géologie Albert Heim, qui militait pour sauver les races suisses. La Seconde Guerre mondiale fait chuter les effectifs, et en 1949 un croisement avec un terre-neuve apporte du sang neuf et adoucit le caractère. Le bouvier est inscrit au livre des origines français en 1955 et connaît une forte popularité à partir des années 1970 ; avec 2 514 inscriptions au LOF en 2025, il reste l'un des grands chiens préférés des Français.

La santé du bouvier bernois

Cette section contenait une erreur qu'il faut corriger avant tout le reste. Elle affirmait que la dysplasie du bouvier bernois « n'est pas causée par un problème génétique, mais bien par un régime alimentaire trop pauvre en nutriments et vitamines ».

C'est faux. La dysplasie est une affection héréditaire, à déterminisme complexe, que l'alimentation et la croissance peuvent aggraver mais certainement pas provoquer à elles seules. La conséquence de cette phrase est grave : elle laisse croire qu'il suffit de bien nourrir son chiot, et rend inutile la seule chose qui compte vraiment au moment de l'achat, à savoir le dépistage radiographique des deux parents.

Elle donnait par ailleurs deux chiffres qui se contredisent dans la même phrase : « un peu moins de 10 % de ces chiens seraient touchés par un cancer », puis l'histiocytose « touchant pourtant 20 % de sa population ». Nous ne reprenons ni l'un ni l'autre.

Les coudes : parmi les quatre races les plus touchées de France

C'est le chiffre solide que cette page n'avait pas. Une étude française a évalué 17 861 radiographies de coudes lues entre 2002 et 2022 dans treize races. La prévalence globale de la dysplasie du coude y est de 11,4 %, et le bouvier bernois figure parmi les quatre races les plus touchées, avec le dogue de Bordeaux, le rottweiler et le cane corso.

Deux enseignements de cette même étude : les mâles sont significativement plus atteints que les femelles (17,5 % contre 10,5 %), et la prévalence a diminué sur la période, ce qui montre précisément que le dépistage fonctionne.

Le protocole : radiographie après 12 mois, sous sédation, lue par un lecteur agréé, pour les hanches et les coudes, et vous demandez les résultats des deux parents. Voir la dysplasie de la hanche chez le chien.

La croissance compte aussi, mais comme facteur aggravant et non comme cause : pas de suralimentation, pas de complément de calcium, pas de sauts ni d'escaliers répétés avant la fin de la croissance.

Le sarcome histiocytaire

C'est le sujet le plus lourd de cette race, et il est réel. Le sarcome histiocytaire est un cancer rare et très agressif chez le chien en général, mais dont le bouvier bernois présente une fréquence particulièrement élevée, au point d'être la race de référence dans la littérature scientifique consacrée à cette tumeur, aux côtés du flat-coated retriever.

La recherche vétérinaire s'appuie d'ailleurs sur cette race pour comprendre la maladie chez l'humain, où elle est également rare et grave. Une étude récente portant sur 63 chiens atteints en comptait 47 bouviers bernois.

Nous ne donnons volontairement aucun pourcentage : les chiffres qui circulent varient du simple au double et proviennent d'enquêtes de clubs de race, non d'études de population. Ce qui est établi, c'est la prédisposition, pas sa mesure exacte.

Ce qu'il faut surveiller : un chien qui maigrit, se fatigue anormalement, boite sans cause, tousse ou perd l'appétit entre 6 et 9 ans mérite un examen sans attendre. Le pronostic reste sombre, mais un diagnostic précoce ouvre des options.

Conséquence pratique à l'achat : demandez à l'éleveur l'âge et la cause du décès des grands-parents. C'est la seule information disponible aujourd'hui, aucun test ADN ne dépistant cette tumeur.

L'espérance de vie, sans détour

La fiche indiquait 7 à 9 ans, et c'est malheureusement l'ordre de grandeur généralement rapporté pour la race. Il est court pour un chien de ce format, et il faut le savoir avant d'adopter : c'est une race que l'on perd tôt. Ce n'est pas une raison de ne pas en prendre un, c'est une raison de choisir sérieusement son élevage.

portrait de Bouvier Bernois

Le retournement de l'estomac

Cette page le signalait à juste titre. Trois facteurs de risque ont été mesurés chez les grandes races, et deux sont contre-intuitifs :

  • Le risque est maximal pour un gros volume de nourriture donné en une seule fois : on fractionne la ration en deux ou trois repas.
  • La gamelle surélevée augmente le risque au lieu de le réduire. Environ 20 % des cas chez les grandes races lui ont été attribués. On nourrit au sol.
  • Un chien qui engloutit est plus exposé ; une gamelle anti-glouton aide.

Les signes d'urgence : efforts de vomissement qui ne produisent rien, ventre qui gonfle et durcit, agitation puis abattement. On part la même heure. Voir le retournement de l'estomac.

Le bilan génétique est court

Trois maladies seulement sont testables par ADN chez le bouvier bernois : la myélopathie dégénérative, atteinte progressive et indolore de la moelle épinière chez le chien âgé, ce qui la distingue de l'arthrose ; la maladie de von Willebrand, trouble de la coagulation utile à connaître avant toute chirurgie ; et la sensibilité médicamenteuse MDR1.

Cette brièveté ne signifie pas que la race est épargnée. Elle signifie que ses deux problèmes majeurs, les articulations et le sarcome histiocytaire, ne se dépistent pas par un test ADN : le premier par la radiographie, le second par la connaissance des lignées.

Un mot sur les paragraphes que nous avons retirés

Cette page décrivait des « problèmes urinaires » propres aux femelles, liés au fait que « leur grande taille et leur poids réduisent l'espace entre leurs pattes », provoquant « des champignons ». Nous n'avons trouvé aucune donnée décrivant une telle particularité chez cette race, et le mécanisme décrit n'a pas de sens vétérinaire. Ce passage a été supprimé.

Ce qui est vrai en revanche, et qui explique peut-être cette confusion : chez une chienne en surpoids, quelle que soit la race, un repli de peau autour de la vulve peut macérer et s'infecter. Le traitement de fond est la perte de poids. Cela n'a rien de spécifique au bouvier bernois.

Les trois questions à poser à l'éleveur

  1. Les radiographies de hanches et de coudes des deux parents, avec leur stade. Les coudes en particulier, sur cette race.
  2. L'âge et la cause du décès des grands-parents. C'est la question la plus utile qui existe sur le bouvier bernois.
  3. Le statut von Willebrand des reproducteurs.

Caractère et aptitudes

Le Bouvier Bernois est un chien affectueux, calme et surtout très friand de gâteries. Il connaît une fidélité sans frontière pour ses maîtres, pouvant parfois aller jusqu’à un attachement excessif. Son besoin pour le contact humain remonte à loin, mais il est tout de même un bon chien de garde et sera méfiant envers les inconnus. Après avoir jugé l’intrus, il sera aussi doux avec lui qu’avec la famille.

Si quelque chose ne va pas, il saura prévenir ses maîtres et se montrer menaçant envers l’inconnue qui se présente à lui. Il aboiera avec force, mais n’attaquera pas. Il est adaptatif et sera très bien en maison, mais, même s’il est moins sportif qu’un berger, il faudra penser à le promener assez longtemps.

Chiot Bouvier Bernois


Gardez en tête que le Bouvier Bernois est un chien de montagne, il n’est donc pas recommandé de le faire vivre en appartement. C’est une possibilité si vous pouvez le promener plusieurs fois par jour, pouvez l’amener avec vous au travail, et si vous avez un ascenseur. Lorsqu’il est encore chiot, le Bouvier ne doit pas utiliser des escaliers puisque cela pourrait favoriser les risques de problèmes osseux. Un gros chien sera cependant toujours plus heureux dans une maison avec jardin.

Il est parfois utilisé en tant que chien d’aveugle, ou même en tant que chien de recherche afin de retrouver des personnes enfouies sous la neige, en Suisse notamment. La majorité de la population de Bouviers est cependant accueillie en tant que chien de compagnie.

Son éducation et son comportement avec les autres animaux

On lit parfois que le bouvier bernois serait « peureux ». C'est faux, et la Société centrale canine le décrit au contraire « attentif, vigilant et sans peur ». En revanche, c'est un chien sensible : l'intimidation et la force ne construisent rien chez lui, sinon de la méfiance envers vous. Éduquez-le de façon positive : c'est ce qui fonctionne avec son caractère parfois têtu, et un chien de ce gabarit acculé par la contrainte peut finir par se défendre. Si vous prenez le temps, vous trouverez un chien intelligent, qui s'adapte et se montre réceptif à n'importe quel apprentissage.

Bouvier Bernois assis en extérieur

Attention, ne pas le brusquer ne veut pas dire qu’il faut laisser tout passer. Il est gentil et sensible, mais vous devez établir des règles claires et les tenir : ce qui est autorisé au chiot de 8 kg le sera encore, à ses yeux, à 55 kg. Il supporte sans problème la présence d’autres chiens et d’autres animaux, et peut vivre en cohabitation avec des enfants. Il sera toujours question de poser les bonnes limites aux bons moments, et de ne pas le laisser sauter sur tout ce qui bouge !

Toilettage et entretien

Malgré ses longs poils, le Bouvier ne demande pas énormément d’entretien. Vous n’avez pas besoin de le laver ou de le brosser après chaque promenade, s’il reste au sec suffisamment longtemps, ses salissures partiront d’elles-même. Il faudra cependant penser à nettoyer ses oreilles régulièrement, ainsi que lui brosser les dents environ 3 fois par semaine afin d’éviter la mauvaise haleine et le dépôt de tartre. Une coupe de griffe une fois par mois est suffisante, tout comme un bain mensuel, voire même trimestriel. Cela dépend de son mode de vie, mais son poil est autonettoyant de manière naturelle. Pensez à le brosser davantage durant sa période de mue, au printemps et en automne. Un brossage hebdomadaire est sinon suffisant. L’arrière des oreilles et des cuisses sont plus fournies en poils, insistez bien ! Il est conseillé d’utiliser une "brosse à broches" afin de passer à travers les nombreux poils de votre animal.

Bouvier Bernois assis dans un champ herbeux, langue sortie

Si le Bouvier Bernois reste un chien imposant, il n’en est pas moins un vrai animal de compagnie doux et fidèle. Il se pliera en quatre pour vous faire plaisir, et sous peu que vous ayez perfectionné son dressage, il ne sera que peu enclin à faire des bêtises. Avec les bonnes limites en tête, votre Bouvier Bernois est le chien parfait si vous vivez dans une grande maison avec jardin. Il sera ravi de jouer avec n’importe qui, sous peu que vous lui donniez quelques minutes pour s’habituer à la présence des nouveaux venus. Il peut accuser le métier de chien de garde lorsque cela est nécessaire, mais il reste avant tout un grand chien au grand cœur !

Nos sources

Crédits photos : @fotolia et ©Flickr – Frederic Dewulf, dysan59126, richard olvera, Benoit COUCKE

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2 commentaires

decatoire · 11 septembre 2020 à 09:12

bonjour j ai un bouvier bernois de 1 ans et de puis peu il est intenable a ia vue d un chien promenade en laisse cool rappelle pas de problème insupportable a la vue d un chien

decatoire · 11 septembre 2020 à 09:19

j ai oublier de préciser que si le chien et en liberté je lâche le mien et la sa joue a font et pas de problème et ce que je dois allais au dressage pour avoir un avis