🐾 Race de chien

Berger belge : les quatre variétés et laquelle choisir

Le berger belge est une seule race déclinée en quatre variétés qui ne se distinguent que par la robe : le malinois (poil court fauve charbonné), le tervueren (poil long fauve), le groenendael (poil long noir) et le laekenois (poil dur fauve). Gabarit, tempérament et besoins d'exercice sont identiques ; le choix se joue sur l'entretien du poil, minimal chez le malinois, exigeant chez les variétés à poil long, et sur le caractère, le malinois passant pour le plus posé des quatre. Travailleur polyvalent à l'allure de loup, employé comme gardien, chien de police ou de recherche, il est aussi un merveilleux chien de famille, intelligent et vif, capable de se mesurer au border collie en agility, à condition d'être dépensé chaque jour.

Les caractéristiques du Berger belge

Le berger belge est un chien rustique de taille moyenne harmonieusement proportionné, plus léger et petit que le berger allemand. La puissance de son ossature s'allie à la perfection avec sa musculature fine, combinées à des lignes raffinées et la souplesse de ses allures. L'attitude du corps révèle un caractère vif et alerte sans agressivité. Sa longue tête est fine mais sans exagération. Le front est assez plat avec un stop modéré, son museau est particulièrement ciselé.

Berger Belge couché dans l'herbe, langue sortie

Son assurance se voit dans l'expression fière et attentive de ses yeux foncés de grandeur moyenne, étincelants et curieux. Les oreilles triangulaires sont attachées haut et restent bien raides et droites. Son cou musclé prolonge le corps puissant mais loin d'être lourd. La queue est de longueur moyenne. Au repos, elle est portée pendante, et se soulève lorsque le chien est en action. Il existe quatre variétés de berger belge selon l'aspect de la robe.

Les poils sont toujours denses avec un sous-poil laineux qui le protège des intempéries. Le standard retient une taille idéale de 62 cm au garrot pour le mâle et de 58 cm pour la femelle, la Société centrale canine donnant des fourchettes de 60 à 66 cm et de 56 à 62 cm, pour un poids de 25 à 30 kilos chez le mâle et de 20 à 25 kilos chez la femelle. Ces mesures valent pour les quatre variétés : elles ne se distinguent que par la robe, jamais par le gabarit. Le prix d'un chiot inscrit au LOF varie sensiblement selon la variété, la lignée et les tests réalisés sur les reproducteurs, dans l'ordre de grandeur indiqué sur la fiche en haut de page. Les dépistages génétiques détaillés plus bas ont un coût, et c'est justement celui que les élevages les moins sérieux économisent.

Les quatre variétés de berger belge

C'est le point qui trouble le plus les futurs maîtres : quatre chiens, un seul standard. La Fédération Cynologique Internationale ne reconnaît qu'une race, le chien de berger belge, déclinée en quatre variétés qui se distinguent par la longueur, la texture et la couleur du poil. Un mariage entre deux variétés reste possible sous conditions, et une même portée peut donner des chiots de types différents.

Le malinois : poil court, fauve charbonné, masque noir

C'est de très loin le plus répandu et le plus demandé des quatre, au point d'éclipser les autres dans l'esprit du public. Poil court, robe fauve charbonnée, masque noir au museau. C'est aussi le plus utilisé en police, en armée et en recherche de personnes. De l'aveu des éleveurs, il se montre plus docile que le tervueren et le groenendael, mais son besoin de travail est tel qu'il ne convient pas à un premier chien sédentaire. Nous lui consacrons une fiche entière : le berger belge malinois.

Le tervueren : poil long, fauve charbonné

Même robe fauve charbonnée que le malinois, mais le poil est long. Il tient son nom du village de Tervueren, où un brasseur élevait ces chiens. C'est, avec le groenendael, le plus vif et le plus nerveux des quatre : très sensible à son environnement, il demande une socialisation précoce soignée et un maître capable de canaliser sans brusquer.

Le groenendael : poil long, noir zain

Le berger belge à poil long et entièrement noir, sans la moindre marque, ce que le standard appelle « noir zain ». Il doit son nom au château de Groenendael, propriété de son principal éleveur. Même tempérament vif que le tervueren, dont il ne diffère que par la couleur.

Le laekenois : poil dur, fauve

Le plus rare des quatre, et le plus reconnaissable : son poil est dur et ébouriffé, de couleur fauve avec des traces de charbonné. Il tient son nom de l'élevage du château royal de Laeken. Ses effectifs restent confidentiels, en France comme en Belgique, ce qui allonge sensiblement l'attente chez les éleveurs.

Laquelle choisir ?

Le gabarit et les besoins d'exercice étant identiques, le choix se joue sur deux critères concrets. L'entretien du poil d'abord : le malinois demande un brossage minimal, le tervueren et le groenendael une vraie routine hebdomadaire, davantage en période de mue. Le tempérament ensuite : si vous cherchez le plus posé des quatre, c'est le malinois ; si la vivacité et la sensibilité ne vous font pas peur, le tervueren et le groenendael sont plus expressifs. Le laekenois, lui, se choisit surtout par coup de cœur pour son poil dur, en acceptant l'attente.

Origine

La sélection de la race avec les quatre variétés est intervenue entre 1891 et 1897 en Belgique grâce à un groupe de cynophiles dirigé par le professeur Reul de l’école de Médecine Vétérinaire de Cureghem. Les chiens conducteurs de troupeaux étaient innombrables et ces passionnés ont tenté de mettre de l’ordre dans un patrimoine génétique canin diversifié. Le premier standard de race est détaillé le 3 avril 1892 par le club du berger belge créé en 1891.

Berger Belge (Malinois) courant dans l'herbe, langue sortie

Cependant, ce chien manquait encore de prestige et les premiers spécimens n'ont été enregistrés au Livre des Origines de la Société Royale Saint-Hubert qu'en 1901. La race a été travaillée et développée au cours des années suivantes pour unifier l'espèce et corriger les défauts. Aux alentours de 1910, le type et le caractère du berger belge furent définitivement fixés. En 1898, le berger belge à poil long et noir fut affublé du nom du château de son principal éleveur, Groenendael.

Le berger belges fauve à poil dur fut en même temps appelé Laekenois pour rendre hommage à l'élevage du château royal de Laeken, et le berger belge à poil court de la région de Malines est baptisé naturellement Malinois. Dans le village de Tervueren, un brasseur élevait les bergers belges à poil long et fauve. C'est ainsi qu'ils ont pris le nom de la commune.

Le caractère commun aux quatre variétés

Ce chien est doté d'une intelligence vive, il est très actif, alerte et nerveux, surtout le tervueren et le groenendael. Le malinois se montre plus docile, et son tempérament de travail est détaillé sur sa fiche dédiée. Toutes les variétés de berger belge possèdent un tempérament joyeux et joueur avec les adultes comme les enfants. Il est capable d'être particulièrement attentif à son entourage, il est alors sociable et a beaucoup de mal à supporter la solitude.

Berger Belge (Malinois) debout dans les feuilles en forêt, avec un Doberman en arrière-plan

La santé du berger belge : trois maladies qui frappent avant l'âge de la vente

C'est le chapitre où cette race mérite qu'on soit précis, parce que ce qu'on lit partout, y compris dans la version précédente de cette fiche, est faux. Non, le berger belge n'est pas une race « sans problème de santé particulier ». Le bilan génétique proposé pour elle en France couvre six maladies, et trois d'entre elles ont une caractéristique commune qui change tout pour un acheteur : elles se déclarent entre 4 et 9 semaines, c'est-à-dire avant ou juste au moment où le chiot vous est cédé.

Autrement dit, un élevage qui ne dépiste pas peut perdre des chiots au nid sans que vous n'en sachiez jamais rien.

La dégénérescence spongieuse avec ataxie cérébelleuse (SDCA1 et SDCA2)

C'est la maladie signature de la race, et elle existe sous deux formes distinctes, liées à deux gènes différents, toutes deux de transmission autosomique récessive.

  • SDCA1, liée au gène KCNJ10 : apparition entre 4 et 9 semaines. 13 % de porteurs dans la race.
  • SDCA2, liée au gène ATP1B2 : apparition entre 4 et 6 semaines. 20 % de porteurs.

Les signes ne laissent guère de place au doute : démarche anormale, mouvements exagérés, pertes d'équilibre, crises d'épilepsie, cécité, avec une progression rapide et sévère. Ces chiots ne deviennent pas des chiens adultes.

Arrêtons-nous sur ces pourcentages, parce qu'ils sont l'argument décisif. Un porteur ne développe jamais la maladie et paraît parfaitement normal : c'est le principe même d'une transmission récessive. Mais avec un chien sur cinq porteur de SDCA2, un accouplement entre deux porteurs n'a rien d'improbable, et il donne statistiquement un quart de chiots atteints. Ce n'est pas un risque théorique, c'est de l'arithmétique.

La cardiomyopathie avec mortalité juvénile

Celle-ci est plus rare mais plus brutale encore. Liée au gène YARS2, également récessive, elle atteint le muscle cardiaque, qui ne pompe plus correctement. Elle se déclare entre 6 et 8 semaines, souvent au moment précis où le chiot va partir.

Le tableau décrit par les laboratoires est peu spécifique et c'est ce qui le rend dangereux : vomissements, faiblesse, tremblements, difficultés respiratoires, puis mort subite sans signe d'alerte caractéristique. Un chiot qui vomit et paraît faible dans ses premiers jours chez vous n'est peut-être pas simplement « stressé par le changement ».

Ce qu'il faut exiger, et pourquoi c'est simple ici

Contrairement à des races où l'on doit se contenter de la parole de l'éleveur, tout est ici testable, sur un simple frottis buccal. Demandez, sur papier, pour les deux parents :

  • les résultats SDCA1 et SDCA2, ce sont deux tests distincts et l'un ne remplace pas l'autre ;
  • le résultat de la cardiomyopathie juvénile ;
  • selon les lignées, la myélopathie dégénérative, l'hyperuricosurie, l'atrophie du système nerveux central et la sensibilité médicamenteuse MDR1, qui complètent le bilan proposé pour la race.

Chaque document doit porter le nom et le numéro d'identification du chien testé. Deux parents indemnes ne peuvent pas produire un chiot atteint, et un accouplement porteur avec indemne ne produit aucun malade non plus : un éleveur sérieux peut donc parfaitement conserver un porteur dans son cheptel, à condition de savoir avec qui le marier. C'est précisément ce dont il doit être capable de vous parler.

Les hanches, et l'épilepsie

La dysplasie de la hanche concerne cette race comme la plupart des chiens de berger. Demandez la lecture officielle des hanches des deux parents, avec sa cotation de A à E, faite par un lecteur officiel selon le protocole FCI. Toutes races confondues, parmi les chiens dépistés et enregistrés par la Société centrale canine, 10 à 15 % sont atteints et plus de 85 % sont classés A ou B.

Quant à l'épilepsie, souvent citée pour la race sans plus de précision, retenez qu'elle peut relever de deux réalités très différentes. Chez le chiot, des crises peuvent être un symptôme de la SDCA1 décrite plus haut, qui se dépiste. Chez le chien adulte, il s'agit le plus souvent d'une épilepsie idiopathique, pour laquelle il n'existe aujourd'hui aucun test génétique, quelle que soit la race : le diagnostic se pose par élimination et la prise en charge est un suivi au long cours avec le vétérinaire.

Et ce qui n'est pas une maladie mais en produit

La Société centrale canine décrit un chien « nerveux, sensible, impulsif », qui « ne supporte pas l'attache » et qui a besoin de se dépenser. Un berger belge sous-employé développe des troubles du comportement qui finissent en consultation, et parfois en abandon. Sur cette race plus que sur d'autres, l'ennui est un problème de santé.

Berger Belge en train de courir sur l'herbe

Conditions de vie

C'est un chien qui est habitué à la vie au grand air. Idéalement, il lui faut un jardin et un environnement familial présent. Il a un grand besoin de se dépenser mais il peut parfaitement vivre en appartement si sa famille l'emmène se défouler quotidiennement. Le berger belge désigne son maître et devient fortement lié à lui. Il aimera participer à une activité sportive, ce qui renforcera la complicité avec son maître.

Berger Belge debout dans les feuilles tenant une balle dans la gueule

Éducation

Le berger belge est facile à éduquer. Le malinois est souvent éduqué pour accompagner les sociétés de protection pour leur vivacité et leur obéissances à leurs maîtres. Cependant, le berger belge peut se montrer excessivement nerveux dans son travail de défense à cause d'une méfiance exacerbée. Un bon éducateur canin saura obtenir le meilleur d'un berger belge.

Berger Belge couché dans l'herbe portant un harnais, langue sortie

Remarques et conseils

Probablement en raison de son poil dru, le laekenois est moins réputé que les autres variétés de bergers belges. Le pelage du groenendael et du tervueren nécessite un brossage régulier.

Nos sources

Crédit photo : Dogs - stock.adobe.com

Cet article vous a été utile ?

Donnez-lui une note : c'est anonyme, ça prend deux secondes, et ça aide les autres maîtres à s'y retrouver 🐾

Note : 4.4/5 (17 votes)

Cet article vous a plu ? Partagez-le 🐾

1 commentaire

Odile · 5 juillet 2019 à 17:27

je ne peux pas télécharger votre livre car firefox me signale qu'il n'est pas assez sûr