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Épagneul nain continental Papillon : un chien doux et joyeux

L'épagneul nain continental papillon est un chien de compagnie d'origine franco-belge, haut d'environ 28 cm au garrot et pesant de 1,5 à 5 kg, reconnaissable à ses oreilles droites frangées portées comme des ailes. Vif, affectueux et docile, il vit 13 à 15 ans, s'adapte très bien à l'appartement et convient aussi bien aux personnes âgées qu'aux familles avec des enfants respectueux. Cette fiche répond aux questions habituelles sur son caractère et ses conditions de vie, mais elle corrige aussi deux idées qui circulent beaucoup à son sujet : celle d'un chien sans problème de santé, et celle qu'il ne faudrait surtout pas l'accoupler avec un phalène. Les deux sont fausses, et la seconde repose sur une confusion entre un défaut de beauté et un risque médical.

Les caractéristiques de l'Épagneul nain continental Papillon

Le standard FCI n°77 décrit une seule race, l'épagneul nain continental, avec deux variétés qui ne diffèrent que par le port des oreilles : le papillon, à oreilles droites, et le phalène, à oreilles tombantes. Tout le reste, taille, poids, robe, caractère, est commun aux deux.

Le poids ne se lit pas comme une fourchette unique mais comme deux catégories : moins de 2,5 kg pour les mâles comme pour les femelles, ou de 2,5 à 4,5 kg pour les mâles et de 2,5 à 5 kg pour les femelles. Le standard fixe aussi un plancher qui mérite d'être connu quand on voit passer des annonces de chiens « miniatures » : le poids minimum est de 1,5 kg. La hauteur au garrot est de 28 cm environ.

Sur la tête, une précision s'impose car l'inverse se lit souvent. Le museau n'est pas aplati : le standard le veut plus court que le crâne, fin et effilé, et précise qu'il ne peut être retroussé. C'est la truffe, petite et noire, qui est légèrement aplatie sur le dessus. Les yeux sont assez grands, en amande très large, foncés, et surtout non proéminents : l'œil petit, trop rond ou proéminent figure parmi les défauts.

Épagneul nain continental Papillon assis dans un champ, deux chiens se faisant face

Les oreilles, elles, sont finement décrites. Chez le papillon, l'oreille est attachée haut, la conque bien ouverte et dirigée de côté, son bord interne formant un angle proche de 45° avec l'horizontale. Le standard ajoute un interdit net : en aucun cas l'oreille ne doit pointer vers le haut, ce qui rappellerait l'oreille du loulou et « doit être formellement rejeté ». Chez le phalène, l'oreille est implantée haut, nettement au-dessus de la ligne des yeux, portée pendante et néanmoins assez mobile, garnie de longs poils ondés.

La queue est attachée assez haut, plutôt longue, très frangée : c'est le fameux panache. Quand le chien est en éveil, elle est portée relevée et incurvée, la pointe pouvant effleurer le dos, mais elle ne doit jamais s'enrouler ni reposer à plat sur le dos.

Le poil est abondant, brillant, ondé sans être bouclé, et sans sous-poil, ce qui distingue nettement cette race du loulou. Il s'allonge au cou pour former une collerette et un jabot descendant sur la poitrine, forme des franges aux oreilles et à l'arrière des antérieurs, et une ample culotte à l'arrière des cuisses. Il reste court sur la face, le museau et le devant des pattes.

Côté robe, la règle est plus stricte qu'on ne le croit. Le standard admet toutes les couleurs, mais sur un fond de robe blanc, et le blanc doit rester dominant sur le corps et les membres. On recherche le blanc en tête, prolongé par une liste plus ou moins large ; en revanche, le blanc dominant en tête est un défaut. Dans tous les cas, les lèvres, les paupières et surtout la truffe doivent être pigmentées : une truffe rose ou tachetée est un défaut entraînant l'exclusion.

Origine de l'Épagneul nain continental Papillon

C'est une race franco-belge, et non italienne ou espagnole comme on le lit parfois. La Société centrale canine en retrouve les origines dès le XIVᵉ siècle dans la région des Flandres.

Le détail qui change la lecture des tableaux anciens est le suivant : c'est le phalène, à oreilles tombantes, qui a connu au cours des âges la faveur des grands de ce monde. Le papillon, à oreilles droites, n'est apparu que bien plus tard, au XIXᵉ siècle. Les petits épagneuls que l'on voit sur les genoux des dames de la Renaissance sont donc des phalènes.

Épagneul nain continental Papillon regardant l'objectif avec le nez couvert de terre

Le standard en vigueur, publié le 17 septembre 1990, donne pour origine la France et la Belgique, et classe la race en groupe 9, section 9 des épagneuls nains continentaux, sans épreuve de travail. Attention à ne pas le confondre avec le chihuahua, ni d'ailleurs avec le loulou, dont le standard prend soin de le distinguer à plusieurs reprises.

Caractère de ce chien de race

Même si cet animal à quatre pattes se montre docile, doux et joyeux, il est parfois envahissant. Il a toujours envie de câlins, d'attentions, de mots doux et de caresses. Son caractère fait de lui un excellent chien de compagnie. Les personnes âgées l'aiment beaucoup, car il est petit, adorable et sait très bien se montrer présent durant les longues journées de solitude qui envahissent nos papis et mamies.

Épagneul nain continental Papillon assis dans un champ herbeux, langue sortie

Sur l'aboiement, ne vous fiez pas à sa taille : la Société centrale canine le décrit comme bon gardien, et c'est un chien qui signale. Cela se travaille très bien, mais dès les premières semaines plutôt qu'après deux ans de plaintes du voisinage.

Il possède en revanche une vraie faculté d'adaptation, que la Société centrale canine souligne : vif, équilibré, obéissant, il se conforme facilement aux souhaits de son maître lors de l'éducation. Il ne supporte pas de rester seul longtemps. Vis-à-vis des inconnus, il peut se montrer réservé, voire un peu ronchon. Attention toutefois à ne pas banaliser : le standard classe le chien agressif ou peureux parmi les défauts entraînant l'exclusion. Un papillon qui grogne dès qu'on l'approche ou qui tremble en permanence n'a pas « un petit caractère », il a un problème qui se travaille avec un professionnel.

Conditions de vie

Ce qu'il aime le plus, c'est partager votre intérieur. Fidèle à "haut degré" à ses maîtres, vous le verrez vous suivre partout. Il n'apprécie pas de rester dans le jardin tout seul. Néanmoins, vous aurez plus de facilités à l'y mettre quelques minutes par jour, si vous l'avez habitué à cela depuis qu'il est petit. Dans un appartement ou une maison, il trouvera toujours son bonheur, du moment qu'il est choyé et à vos côtés. Il s'amuse très bien avec les enfants, mais demande à ce qu'on le respecte et qu'on ne lui fasse pas de mal.

Épagneul nain continental Papillon debout en extérieur, langue sortie

Sa santé : deux examens exigés par le club, et une maladie qui frappe avant la vente

Cette fiche affirmait jusqu’ici que le papillon était « particulièrement robuste » et qu’une visite annuelle suffisait. C’est faux, et la source la plus simple pour le vérifier est la grille de sélection officielle de la race, adoptée par la commission d’élevage de la Société centrale canine le 5 décembre 2024 et approuvée par son comité le 12 février 2025.

Les deux résultats à réclamer, dès le premier niveau de sélection

Dans cette grille, dès le tout premier échelon de cotation, un reproducteur doit produire deux résultats de santé nommément désignés :

  • Indemne APR1 par test génétique, c’est-à-dire indemne de l’atrophie progressive de la rétine spécifique à l’épagneul nain continental.
  • PL-0, c’est-à-dire indemne de luxation des rotules, avec un minimum de 12 mois au moment de l’examen.

Ces deux lignes sont votre grille de lecture d’un élevage. Demandez les résultats des deux parents, sur papier, avec le nom et le numéro d’identification du chien testé. Et vérifiez la date du PL-0 : un résultat établi sur un chien de huit mois ne vaut rien, le club exige douze mois révolus.

La luxation de la rotule n’est pas un détail de confort chez un chien de trois kilos. La rotule quitte sa gouttière, le chien lève brusquement une patte arrière en pleine course puis repart comme si de rien n’était, et le frottement répété finit par user le cartilage. C’est une affection à composante héréditaire, d’où son dépistage sur les reproducteurs plutôt que sa découverte chez les chiots.

La dystrophie neuro-axonale, la maladie qui porte le nom de la race

C’est le point le plus grave, et il était totalement absent de cette fiche. La dystrophie neuro-axonale du papillon a été caractérisée en 2017 par Tsuboi et ses collègues, qui ont identifié la mutation en cause dans le gène PLA2G6. Le nom même de la publication désigne la race.

C’est une maladie neurodégénérative : diverses substances s’accumulent dans les neurones. Le chiot présente une démarche anormale, une ataxie, une perte de tonus musculaire, parfois des tremblements de la tête, un nystagmus ou de l’incontinence. L’évolution décrite est sans ambiguïté : incapacité de se tenir debout et de marcher, puis cécité, surdité et tétraplégie.

Deux chiffres commandent tout le reste. La transmission est autosomique récessive avec 5 % de porteurs, et l’âge d’apparition se situe entre 1 et 4 mois. Or la loi française interdit de céder un chiot avant huit semaines, soit deux mois. Autrement dit, un chiot peut quitter l’élevage apparemment normal et déclarer la maladie chez vous, dans les semaines qui suivent. Récessif signifie aussi que deux parents parfaitement sains peuvent produire un chiot atteint : un éleveur qui vous assure que « ça n’existe pas dans ses lignées » sans test se trompe ou vous trompe.

Deux troubles de la coagulation, à connaître avant la stérilisation

Le bilan génétique proposé pour la race couvre deux défauts de coagulation distincts, tous deux de transmission autosomique récessive et présents dès la naissance.

  • La déficience en facteur VII (gène F7), qui provoque des troubles modérés de la coagulation.
  • La maladie de von Willebrand de type 1 (gène VWF).

Les deux se manifestent de la même façon, et le premier signe est presque toujours manqué : des saignements gingivaux excessifs pendant la perte des dents de lait, donc chez vous, entre quatre et sept mois. Viennent ensuite des saignements de nez, des ecchymoses, et surtout des saignements prolongés après une chirurgie ou un traumatisme. Rapporté à un chien de cette taille, qui sera stérilisé et qui, comme toutes les races naines, finira probablement par subir des extractions dentaires, connaître ce statut avant l’anesthésie plutôt que pendant n’est pas un luxe.

Les yeux, sur le long terme

L’atrophie progressive de la rétine spécifique à la race, celle que le club exige de dépister, est liée au gène CNGB1. Elle est autosomique récessive, et sa fréquence est la plus élevée de toutes celles citées ici : 14 % de porteurs. Son âge d’apparition se situe entre 5 et 6 ans, ce qui explique pourquoi le test ADN des parents est irremplaçable : un reproducteur de trois ans dont les yeux sont normaux ne prouve strictement rien.

Une nuance honnête, cependant, car elle change le pronostic : beaucoup de chiens atteints conservent une vision diurne pendant des années, parfois pour le restant de leur vie. C’est une maladie à connaître et à sélectionner, pas une condamnation immédiate.

Le même bilan comprend enfin la myélopathie dégénérative et la sensibilité médicamenteuse MDR1, cette dernière n’étant pas une maladie mais une information à transmettre à votre vétérinaire avant toute anesthésie ou vermifugation.

L’entretien courant

Un brossage hebdomadaire suffit à empêcher les nœuds dans les franges des oreilles, la culotte et le panache de la queue, qui sont les trois zones qui feutrent en premier. De nature vive, ce chien a besoin de sortir tous les jours, et pas seulement pour ses besoins : sa taille ne le dispense d’aucun des besoins d’un chien.

Enfin, la Société centrale canine lui reconnaît une grande longévité, ce qui est exact et fait partie de ses qualités. Cela n’a jamais voulu dire qu’une visite vétérinaire annuelle suffisait à tout, en particulier chez une race naine où la santé dentaire et les rotules méritent un contrôle régulier.

Épagneul nain continental Papillon debout sur un chemin, oreilles dressées et poil long

Son dressage

Son éducation se fait par le calme et la récompense. Chez un chien de deux à quatre kilos, la punition n'a aucun intérêt : elle produit surtout de l'évitement, et l'évitement chez un chien de cette taille se lit vite comme du caractère alors que c'est de la peur. Récompensez ce qui vous convient, ignorez ce qui ne vous convient pas, et soyez constant.

Deux erreurs sont classiques avec les très petits chiens. La première est de tout lui passer parce qu'il est minuscule, ce qui donne un adulte qui hurle à la porte et mord la laisse. La seconde est de le porter en permanence, ce qui le prive des rencontres qui construisent un chien à l'aise. Le standard, la Société centrale canine et le club de race convergent sur son intelligence et sa docilité : le matériau est là, il ne demande qu'un cadre.

Épagneul nain continental Papillon assis à côté d'une femme assise dans l'herbe, un autre chien à ses côtés

Quelques conseils

Il reste une idée reçue à démonter, parce qu'elle circule beaucoup et qu'elle inquiète pour rien : celle selon laquelle accoupler un papillon avec un phalène produirait des chiots aux « séquelles très graves ».

Ce que dit réellement le standard est ceci : le croisement des deux variétés produit souvent des oreilles mi-dressées, à la pointe retombante, et cette forme mixte du port des oreilles est un grave défaut. Un grave défaut, au sens du standard, est une pénalité en exposition et un obstacle à la confirmation. Ce n'est pas un problème de santé, et cela ne concerne que les oreilles.

Papillon et phalène sont la même race, inscrite au même standard, et la génétique le confirme jusque dans la maladie : la mutation responsable de l'atrophie progressive de la rétine spécifique à cette race a été décrite en 2013 chez le papillon et chez le phalène, c'est-à-dire dans une seule et même population. Si vous êtes éleveur, le croisement est une décision de sélection, à peser au regard du port d'oreilles. Si vous êtes simple propriétaire, cette question ne devrait pas peser une seconde dans votre choix de chiot ; les questions de la section santé, elles, oui.

Nos sources

  • Société centrale canine, fiche de race Épagneul nain continental : origine franco-belge, Flandres au XIVᵉ siècle, antériorité du phalène sur le papillon, caractère et longévité.
  • Fédération cynologique internationale, standard n°77, Épagneul nain continental, version en vigueur du 17 septembre 1990 : les deux variétés et le port des oreilles, la taille, les deux catégories de poids et le minimum de 1,5 kg, la robe sur fond blanc, les défauts et les défauts entraînant l’exclusion, ainsi que la mention du croisement des deux variétés comme grave défaut du port des oreilles.
  • Société centrale canine, grille de sélection de l’Épagneul nain continental « Papillon », adoptée par la commission d’élevage le 5 décembre 2024 et approuvée par le comité le 12 février 2025 : exigences « indemne APR1 » et « PL-0 à 12 mois minimum ».
  • Antagene, bilan génétique de l’Épagneul nain continental : les six maladies dépistées, leurs gènes, modes de transmission, âges d’apparition et fréquences de porteurs. Dystrophie neuro-axonale d’après Tsuboi et al. (2017), atrophie progressive de la rétine APR1-pap d’après Ahonen et al. (2013), déficience en facteur VII d’après Callan et al. (2006).

Crédit photo : Евгений Кожевников -  stock.adobe.com

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1 commentaire

MERY Denise · 25 mars 2022 à 11:08

j'ai un epagneul papillon de 5 ans, femelle sterelisée qui me pose des problemes car elle saute sur les gens qu'elle connait et cela est très desagreable et elle fait mal ainsi que sur ma fille qui ne vient plus chez moi.J'ai tout essayé sans resultat