🐾 Race de chien

Epagneul Breton : polyvalent et très docile

Considéré comme le chien national français, l’épagneul breton est classé par la Fédération Cynologique Internationale dans le groupe des chiens d’arrêt. En effet, le nom d’épagneul est donné aux canidés qui marquent instinctivement l’arrêt sur le gibier. Encore mieux que cela, l’épagneul breton se distingue par sa rapidité ainsi que ses prodigieux talents de chasseur, puisqu’il est également un excellent chien leveur et de rapport notamment pour la bécasse et le canard. Polyvalent et très docile, il se révèle être un adorable chien de compagnie d’une douceur incomparable avec les enfants. Alors si vous êtes un sportif dans l’âme et que votre famille se sent prête à donner beaucoup d’amour, alors cette race saura pleinement vous combler.

Les caractéristiques de l'Épagneul Breton

Robuste et solidement construit sans paraître lourd, l’épagneul breton dévoile une silhouette compacte et trapue, en harmonie avec son élégance naturelle.

Épagneul Breton courant dans un parc, langue sortie

Les membres sont bien d’aplomb et donnent l’impression que le chien est haut sur pattes. Les épaules sont bien dégagées sur un dos rectiligne et rigide, sa croupe est musclée et gracieusement inclinée. Quant à sa large poitrine, elle fait subtilement ressortir un aspect carré et une physionomie vigoureuse très énergique.

Courtes, assez larges et légèrement arrondies à leur extrémité couverte de poils ras, les oreilles tombantes de forme triangulaire sont insérées haut sur une tête de grandeur moyenne, au crâne légèrement arrondi. Plus court que le crâne, le museau est affublé d’une truffe pigmentée en parfait accord avec la robe, comme les bords des paupières. S’agissant du stop, il descend en pente douce, tandis que le chanfrein rectiligne peut être discrètement busqué. Le plus petit chien d’arrêt dégage une expression intelligente et douce à travers des yeux en amande remplis de vigueur et de malice, dont l’iris varie de l’or à l’ambre foncé pour s’assortir à la robe.

Le pelage dense et fin est ras sur la tête et la face antérieure des membres, de longueur modérée ailleurs, avec de belles franges légèrement ondulées aux membres et au haut des oreilles. La robe est le plus souvent fauve sur fond blanc. Le marron et blanc dominait jusqu’aux années 1930 ; le noir et blanc et les tricolores sont aujourd’hui répandus. Le noir est reconnu en France, mais reste exclu par l’American Kennel Club et le Club canin canadien.

Reste la question de la queue, sur laquelle beaucoup de fiches se trompent encore. La Société centrale canine le dit clairement : cette race naît parfois sans queue, on parle alors de chien anoure, ou avec une queue naturellement courte, un chien brachyoure. C’est un caractère héréditaire, et un test ADN permet aujourd’hui de l’identifier chez l’épagneul breton.

Autrement dit, la queue courte de cette race n’est pas censée être le résultat d’une coupe. La caudectomie de convenance est interdite en France, et écrire qu’une queue est « généralement écourtée de 3 à 6 cm » revient à décrire une pratique illégale comme une norme. Si vous voyez une portée où toutes les queues sont courtes, la bonne question à poser est simple : sont-ils anoures de naissance, et l’éleveur peut-il le montrer ?

Côté format, la fiche de race de la Société centrale canine donne une taille de 47 à 51 cm et, pour le poids, la mention « NP », non précisé : le standard n’en fixe aucun. Les chiffres au kilo près que l’on lit ailleurs sont des observations. La devise du Club de l’Épagneul Breton résume mieux la race que n’importe quelle mensuration : « un maximum de qualités pour un volume minimum ».

Origine

L’épagneul breton est le premier chien d’arrêt originaire de France, mais aussi l’un des plus anciens chiens de type épagneul.

Bien que la naissance de la race demeure assez controversée, il semble très probable qu’il s’agisse d’une race autochtone du centre de la Bretagne descendant directement des chiens d’Oysel. Grand chasseur médiéval, le comte de Foix Gaston Phoebus dépeint au 14e siècle un chien d’arrêt germanique particulièrement résistant et courageux, qui se serait aisément adapté à l’Armorique. Déjà bien avant l’invention des armes à feu, il était largement apprécié par les chasseurs pour sa capacité à laisser un filet se refermer sur lui pour que sa proie ne s’échappe pas. C’est la raison pour laquelle l’épagneul breton a la chasse dans le sang.

Selon une autre hypothèse, l’agasse serait l’ancêtre de l’épagneul breton, une race importée par les Celtes qui aurait été croisée avec les chiens de l’Argoat, eux aussi excellents chasseurs.

D’autres auteurs affirment qu’il serait né au cours du 19e siècle, au moment de l’ouverture de la péninsule armoricaine au tourisme en provenance de la Grande-Bretagne. Ainsi, des pointers, des setters et des springers anglais ont été sélectionnés pour faire l’objet de croisements avec des chiens rustiques appelés chiens de charbonniers. Ceux-ci étaient élevés à Callac en Bretagne, aujourd’hui encore baptisée capitale de l'épagneul breton. Plus tard, le braque, soit un pointer français, serait intervenu pour améliorer davantage la race. C’est de cette façon que naquit un chien sans queue. Cette caractéristique a toujours été soigneusement conservée, pour en faire un élément distinctif de la race. Par conséquent, l’épagneul breton a fait sa toute première apparition dans l’univers canin lors d’une exposition en 1896.

La création officielle de la race date de 1907 lors de la fondation du Club de l’épagneul breton à Loudéac par Arthur Énaud. Le premier standard a été publié le 7 juin 1908 et fixa définitivement la version moderne de l'épagneul breton, en décrivant un chien doté d’une queue naturellement courte. Des modifications ont été apportées d’année en année, notamment en 1956, pour aboutir le 25 mars 2003 au standard en vigueur.

Très populaire, c’est incontestablement la race française la plus répandue dans le monde !

Épagneul Breton : Caractère

Très sociable, joyeux, et équilibré, l’épagneul breton a certes un instinct naturel de chasseur mais il est également très doux et calme, ce qui en fait un excellent chien de compagnie. Il s’entend aussi bien avec ses congénères qu’avec les enfants avec qui il adore jouer. D’ailleurs, il se montre particulièrement respectueux des rythmes de la vie de famille. Patient, il n’essayera pas d’insister s’il constate qu’on ne peut pas lui donner toute l’attention qu’il aimerait avoir. En plus d’être extrêmement fidèle envers son maître et affectueux avec tous les membres du foyer, l’épagneul breton n’hésite pas à approcher les étrangers pour leur réclamer des caresses. Ne vous fiez pas à sa petite taille ni à sa noblesse, car ce sympathique canidé est absolument remarquable pour son endurance et sa ténacité. Alerte, cet athlète né pour la chasse peut passer une journée entière à gambader à l’air libre sans jamais marquer de signe de faiblesse, tant il déborde d’énergie.

Épagneul Breton debout dans un parc, robe blanche et orange, portant un collier orange

Conditions de vie

Voilà un chien éveillé qui apprécie tout autant les longues heures de chasse que les instants interminables dédiés au farniente auprès de sa famille ! S’adaptant à tout milieu, il s’épanouit à la campagne comme à la ville. Toutefois, il est fondamental de respecter son instinct de chasseur très ancrée en lui et de l’emmener régulièrement se défouler en pleine nature. Gardez bien à l’esprit que même si l’épagneul breton est très sociable, il ne reste pas fait pour les espaces confinés. En conséquence, les promenades quotidiennes devront être très fréquentes.

Par ailleurs, il accepte difficilement la solitude prolongée. Il lui faut impérativement une présence humaine ou au moins celle d’un autre animal de compagnie, afin de le divertir en votre absence. Vous veillerez tout de même à lui consacrer plusieurs heures par jour, que ce soit pour de l’exercice physique ou simplement pour de longs câlins. Si vous aimez chasser, faire de la randonnée, du vélo ou courir, cette race saura pleinement vous satisfaire et vous aurez l’assurance d’avoir la compagnie du plus heureux des chiens. N’hésitez pas à pratiquer l’agility ou le canicross avec ce chien très dynamique. En plus, ce type d’activité ne fera que renforcer votre complicité. Avec son allure raffinée, l’épagneul breton peut tout à fait sortir du terrain pour rejoindre les podiums, sans exiger beaucoup d’entretien.

Ce sont pour toutes ces raisons qu’il comble le chasseur, mais aussi les familles adeptes des loisirs de plein air et des promenades dominicales. Autant dire que cette race réunit toutes les qualités pour atteindre naturellement une popularité mondiale.

Santé

L’épagneul breton a la réputation d’un chien solide, et la Société centrale canine la reprend à son compte : « un chien solide et rustique ». C’est globalement vrai, mais « rustique » ne veut pas dire « sans rien à dépister », et cette fiche affirmait jusqu’ici qu’il ne souffrait « d’aucune pathologie particulière ». Deux points au moins méritent d’être connus.

Le déficit en facteur C3 du complément

C’est la maladie héréditaire propre à la race, et elle est facile à manquer parce qu’elle ne ressemble pas à une maladie : elle ressemble à un chien qui « attrape tout ». Le facteur C3 est une pièce centrale du système immunitaire ; son déficit se traduit par des infections bactériennes multiples et récurrentes, et par une susceptibilité accrue à des maladies rénales d’origine immunitaire.

Le gène en cause est C3, la transmission est autosomique récessive, la fréquence des porteurs est faible, de l’ordre de 1 %, et l’âge d’apparition se situe dès le plus jeune âge. La mutation a été identifiée par Ameratunga et ses collègues en 1998, et un test ADN existe.

Retenez surtout ceci : un chiot qui enchaîne les infections n’est pas « fragile » ou « de constitution délicate », c’est une piste à explorer. Et comme la transmission est récessive, deux parents parfaitement sains peuvent produire un chiot atteint.

La dysplasie de la hanche

La Société centrale canine l’écrit noir sur blanc : l’épagneul breton est, comme beaucoup de chiens de sa taille, sujet à la dysplasie de la hanche. Elle ajoute une précision que l’on retrouve rarement et qui compte : cette affection se développe avec l’âge. Le chiot ne naît pas dysplasique, l’articulation se déforme pendant la croissance, sous l’effet conjugué d’une prédisposition héréditaire et de facteurs d’environnement.

Demandez donc à l’éleveur la lecture officielle des hanches des deux parents, cotée de A à E selon le protocole FCI. Et sachez que votre part n’est pas négligeable : ne pas suralimenter pendant la croissance, éviter les efforts répétés chez le jeune chien, et tenir son poids à l’âge adulte pèsent réellement sur le résultat.

Les oreilles, et le reste

Ses oreilles tombantes demandent une surveillance, en particulier après une sortie en nature : c’est un chien qui travaille le nez au sol dans les broussailles. Contrôlez également les espaces entre les doigts, où se logent les épillets, et faites une recherche de tiques. La Société centrale canine recommande par ailleurs de le brosser une à deux fois par semaine.

Épagneul Breton couché dans l'herbe, tête posée sur le côté

Pour éviter l’embonpoint, vous proposerez une alimentation équilibrée à votre compagnon à quatre pattes et lui offrirez un maximum d’opportunité de se dépenser. Cette race très active a besoin d’une bonne nutrition pour satisfaire son organisme de sportif de haut niveau. Tournez-vous de préférence vers des croquettes adaptées à sa taille, à son poids et à son âge, et adaptez les rations en fonction du niveau d’activité physique journalier.

Si vous l’emmenez régulièrement à la chasse, son exposition parasitaire n’a rien à voir avec celle d’un chien de ville, et son protocole de vermifugation doit être adapté en conséquence. La fréquence dépend du mode de vie, de la région et des parasites concernés : c’est à votre vétérinaire de la fixer, pas à un calendrier standard.

Sur la longévité, la Société centrale canine reste prudente et ne donne pas de chiffre : elle indique simplement que, comme tout épagneul, l’épagneul breton a une bonne espérance de vie. Ce qui la détermine réellement est à votre portée : le poids, l’exercice et un suivi vétérinaire régulier.

Dressage de l'Épagneul Breton

Sensible, attentif au moindre geste de son maître et doté d’une belle intelligence, l’épagneul breton possède un réel potentiel d’obéissance. Pour cela, il doit être éduqué le plus tôt possible et ce n’est qu’avec la douceur que vous gagnerez sa confiance. Montrez-vous ferme et ne cédez en aucun cas, sinon il se montrera têtu et feindra de ne pas vous comprendre.

Par essence, cette race a été élevée pour chasser les oiseaux. Vous devez donc insister tout particulièrement sur les ordres donnés en présence d’une irrésistible odeur de gibier, afin que les balades se passent dans la sérénité, pour lui comme pour l’ensemble de la famille.

Habituez votre nouveau compagnon à la présence d’autres animaux. Bien sociabilisé, il acceptera rapidement les chats mais aussi les oiseaux ou encore d’autres chiens.

En vous y prenant dès l’acquisition de votre épagneul breton, vous constaterez que son éducation est très facile.

Quelques conseils

Vous ferez attention de ne pas adopter un chien excessivement passionné par la chasse dans le cas où vous souhaitez juste un chien de compagnie. Un tel profil s’avère être plutôt difficile à canaliser, sans parler du fait qu’il se sentira vite frustré. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un chien extrêmement actif qui nécessite énormément d’exercice physique et mental.

Au niveau de l’entretien du pelage, une séance de brossage une fois par semaine est suffisante ou seulement au retour d’une promenade en forêt. Le bain ne s’impose qu’en cas de nécessité, comme cela peut être le cas après une séance sportive particulièrement intense. En effet, l’épagneul breton présente non seulement l’avantage d’avoir des poils autonettoyants, mais aussi de ne pas avoir une odeur qui pourrait importuner ses maîtres.

Nos sources

Crédits photos : Fotolia et © Flickr – Craige Moore - localpups - Patrick Cain - snowflkfan

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3 commentaires

virginie · 31 décembre 2020 à 04:01

Bonjour, j'ai trouvé une épagneule de 3 mois au bord de la route. Personne ne l'a réclamé après des recherches. Aujourd'hui, elle a 5 ans et c'est un pur bonheur. Je ne pensais pas que cette race de chien pouvait autant apporter dans mon quotidien. Elle me fait faire de grandes balades, elle m'attend à mon retour de travail. Jamais de dégâts à la maison. Chaque jour, je la vois équilibrée. Je conseille cette race à la campagne pour des promenades quotidiennes. De plus, c'est un chien extrêmement affectueux. Parfois, elle est têtue, fait semblant de ne pas comprendre mais avec de la patience et de la fermeté, c'est le chien idéal. Depuis toute petite, je lui ai laissé sa personnalité s'exprimer tout en étant ferme et je ne regrette vraiment pas.
Merci à ma petite épagneule d'accompagner ma vie de tous les jours.

virginie · 31 décembre 2020 à 04:18

Je voulais juste ajouter que l'épagneule a besoin de sortir tous les jours, de faire des kilomètres ne le dérange pas, bien au contraire. C'est un impératif pour lui. C'est un chien pour des personnes qui ont une bonne condition physique. J'aimerai aussi ajouter que c'est un chien qui piste dès qu'il met le nez dehors donc il faut lui apprendre le rappel et c'est cela qui est le plus difficile, lui donner un cadre.

Ortega · 14 mars 2021 à 20:04

Bonjour nous sommes sur le bassin d’arcachon nous recherchons un épagneul breton femelle chiot 2 mois . Où la trouver ?
Merci pour votre aide