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Basset fauve de Bretagne : un bon chien de compagnie

Le basset fauve de Bretagne est un chien courant français. Il est spécifiquement utilisé pour la chasse, surtout au lapin. Il sert également pour la chasse à tir, en meute ou solitaire, pour tous les gibiers et la recherche au sang. Ce chien courant reste toujours aux aguets, prêt à poursuivre une proie au moindre son ou mouvement. Sa petite taille, son flair aiguisé et son poile rêche lui permettent de s'aventurer en toute aisance dans les fourrés les plus épais.

Sa rusticité est un précieux atout. Il est capable de s'adapter à tous les territoires même les plus hostiles. Il s'avère être un bon chien de compagnie et les promenades se déroulent paisiblement s'il a appris très tôt à répondre aux ordres. Le basset de Bretagne est très agréable.

Que son environnement soit rural ou citadin, tout lui convient du moment qu'il peut passer du temps dehors. Il apporte énormément d'affection. Sa constance et sa joie de vivre sont particulièrement appréciées.

Les caractéristiques du Basset fauve de Bretagne

Le basset fauve de Bretagne est un chien ramassé, vif et rapide pour sa taille, doté d’une énergie remarquable et d’une excellente rusticité. Ses oreilles sont attachées finement au niveau de la ligne de l’œil, atteignent à peine l’extrémité de la truffe et se terminent en pointe, tournées en dedans. Ses yeux sont marron foncé, ni proéminents ni trop enfoncés dans les orbites, la conjonctive non apparente. La queue, portée légèrement en faucille, décrit des mouvements latéraux réguliers quand le chien est en action.

Son poil est très dur, sec et assez court, jamais laineux ni frisé : c’est ce qui lui permet de traverser les ronciers. La robe est fauve uniforme, du froment doré au rouge brique. Quelques poils noirs dispersés sur le dos et les oreilles sont tolérés, et l’on voit parfois une petite étoile blanche au poitrail, sans que ce soit recherché. Toute autre robe est un défaut entraînant l’exclusion.

Basset Fauve de Bretagne assis sur l'herbe, vu de profil droit
Photo : pc.david, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le standard FCI n°36 est ici plus simple que ce qu’on lit ailleurs : il fixe une taille de 32 à 38 cm au garrot, pour les mâles comme pour les femelles, avec 2 cm de tolérance en plus pour les sujets exceptionnels. Les fourchettes différentes selon le sexe n’ont pas de fondement, et le standard classe d’ailleurs « une taille autre que celle imposée » parmi les défauts entraînant l’exclusion.

Quant au poids, le standard n’en fixe aucun, et la fiche de la Société centrale canine indique « NP », non précisé. Tout chiffre au kilo près est donc une estimation, pas une norme. Comptez entre 500 et 800 € pour un chiot inscrit au LOF, selon l’élevage.

Origine

Le basset fauve de Bretagne descend du griffon fauve de Bretagne et des anciens bassets bretons. Une précision s’impose sur l’ancêtre, souvent confondu : ce n’est pas le griffon mais le grand fauve de Bretagne, race distincte et aujourd’hui disparue, qui était ce « remarquable preneur de loups » composant les grandes meutes, dont celle d’Anne de Beaujeu, fille de Louis XI.

Basset Fauve de Bretagne allongé sur du lierre dans un jardin
Photo : pc.david, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Très populaire en Bretagne au XIXᵉ siècle, la race a acquis sa renommée nationale dans les trente dernières années du XXᵉ siècle, portée par ses résultats en épreuves de travail et ses nombreuses Coupes de France sur lapin. Le Club du Fauve de Bretagne a été créé en 1949. La Société centrale canine indique qu’il compte aujourd’hui environ 16 000 sujets inscrits au LOF, ce qui fait du basset fauve de Bretagne la première race française en nombre de bassets courants.

Caractère de ce chien de race

Le basset fauve de Bretagne est un petit chien de caractère se montrant docile et jovial. Il est non seulement un chien prisé pour sa passion pour la chasse au lapin et au lièvre, mais il est également recherché en guise de chien de compagnie. Il réclame beaucoup d'exercice physique et il apprécie être à l'écoute de son maître pour le rendre content et fier de lui. Sociable, il possède un comportement adéquat avec l'homme et les autres chiens.

Basset Fauve de Bretagne debout dans l'herbe, vu de profil, attaché à une laisse
Photo : Baslerfauves, Wikimedia Commons (Public domain)

Équilibré, affectueux et calme, il a une réelle faculté d’adaptation, ce qui en fait le complice aussi bien du chasseur, en meute ou en solitaire, que d’une famille avec enfants. La Société centrale canine écrit qu’il n’est jamais agressif, et c’est la réputation de la race. Le standard, lui, pose la limite dans l’autre sens : le chien agressif ou peureux est un défaut entraînant l’exclusion, et le simple fait d’être craintif est déjà un défaut grave. Un basset fauve qui se cache ou grogne n’est donc pas « un caractère », c’est un chien à faire évaluer.

Santé : la race a bien une maladie héréditaire, et elle porte son nom

Cette fiche affirmait jusqu’ici qu’il ne connaissait « aucun problème de santé particulier ». La fiche de race de la Société centrale canine, rédigée avec le club, écrit d’ailleurs la même chose : « Ce basset n’est atteint d’aucune affection pathologique particulière. »

Ce n’est plus exact. Une étude publiée en 2015 par Oliver et ses collègues a identifié la mutation responsable d’un glaucome primaire à angle ouvert chez le basset fauve de Bretagne, et un test ADN est aujourd’hui commercialisé en France pour cette race. Le titre de la publication nomme explicitement le basset fauve de Bretagne, aux côtés du basset hound.

Le glaucome primaire à angle ouvert

Le mécanisme est simple à comprendre et brutal dans ses effets. Le drainage du liquide qui remplit l’œil se bloque, la pression intraoculaire monte, et cette pression détériore le nerf optique et les cellules de la rétine. Les signes sont une douleur oculaire, des clignements, un larmoiement, une rougeur, puis la perte de la vision.

Trois éléments comptent pour un acheteur :

  • La transmission est autosomique récessive : deux parents parfaitement sains, tous deux porteurs, peuvent produire un chiot atteint. Aucun examen des yeux du chiot ne l’anticipe.
  • L’âge d’apparition se situe entre 8 et 16 mois, c’est-à-dire chez vous, bien après la vente, à un âge où l’on met volontiers un œil qui pleure sur le compte d’une ronce ou d’un épillet.
  • Le gène en cause est ADAMTS17, et la mutation testée est identifiée. Le test ADN des deux parents est donc la seule protection réelle, et il existe.

La demande à formuler à un éleveur tient en une phrase : les résultats du test de glaucome primaire à angle ouvert pour le père et la mère, sur papier, avec le nom et le numéro d’identification de chaque chien testé. Si l’éleveur n’en a pas, ce n’est pas rédhibitoire sur une race encore peu testée, mais vous devez le savoir et surveiller les yeux de votre chien pendant sa première année.

Et retenez ceci, valable quel que soit le résultat : un œil rouge, douloureux, qui pleure et que le chien tient à demi fermé est une urgence vétérinaire, pas une consultation à caler la semaine suivante. La pression qui monte détruit du nerf optique, et ce qui est perdu ne revient pas.

La sensibilité médicamenteuse MDR1

Le second dépistage proposé dans la race n’est pas une maladie mais une information : la sensibilité médicamenteuse liée au gène ABCB1, dite MDR1. Elle change le choix des molécules avant une anesthésie ou une vermifugation. Si votre chien est testé, notez le résultat dans son carnet de santé et signalez-le à chaque nouveau vétérinaire.

Ce qui relève du mode de vie, pas de la génétique

Le reste tient à ce qu’est ce chien : un chien courant qui travaille le nez au sol dans les ronciers. Après chaque sortie en nature, contrôlez les oreilles, tombantes et donc mal ventilées, les espaces entre les doigts, où se logent les épillets, et faites une recherche de tiques. Un épillet migre en quelques jours et finit en chirurgie ; une demi-minute de palpation en évite beaucoup.

Côté alimentation, la Société centrale canine est claire : il ne requiert rien de particulier, c’est un chien rustique et peu exigeant. Il faut simplement augmenter la ration en période de chasse, et la redescendre après, sous peine de voir un chien déjà bas sur pattes prendre du poids sur son dos.

Basset Fauve de Bretagne en groupe dans un pré accompagnés d'une personne
Photo : Abujoy, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Conditions de vie

Le basset fauve de Bretagne a besoin d’espace pour se dépenser tous les jours. Une maison avec jardin est plus confortable, mais la Société centrale canine confirme qu’il s’adapte à la vie citadine, y compris en appartement, à une condition qu’elle chiffre : le sortir au moins trois fois par jour et lui permettre de s’ébattre à l’extérieur. Le jardin ne remplace rien, c’est la sortie qui compte.

Basset Fauve de Bretagne groupe de chiens fauves jouant et se reposant dans l'herbe près de personnes
Photo : Abujoy, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Il faut surtout garder en tête ce que la Société centrale canine rappelle en une phrase : « la vocation première de la race basset fauve est la chasse ». Cela ne l’empêche pas d’être un excellent chien de famille, mais cela veut dire qu’il travaille du nez, en autonomie, et que la piste passe devant vous. C’est un chien qui ne se promène pas en liberté dans un lieu non clos tant que son rappel n’est pas solide, et chez un chien courant, le rappel se construit sur des mois, pas sur un week-end.

Concrètement : longue laisse de dix mètres plutôt que liberté hasardeuse, rappel travaillé avant l’âge des premières vraies prises d’odeur, et identification à jour. Cette race est compatible avec de jeunes enfants et demande un maître disponible pour la balade.

Chien de chasse ou chien de compagnie : à qui convient-il vraiment ?

La majorité des basset fauve de Bretagne vendus en France ne verront jamais un lapin de leur vie, et c'est un point que la fiche de race de la Société centrale canine n'aborde pas vraiment : le standard décrit un chien de chasse, mais les portées se vendent très largement à des familles qui cherchent un compagnon de balade. Les deux usages sont compatibles, à condition de ne pas confondre les deux profils qui coexistent dans la race.

Chez un éleveur orienté travail, affilié au Club du Fauve de Bretagne et engagé en épreuves sur lapin, les lignées sont sélectionnées pour l'instinct de chasse, l'endurance sur plusieurs heures et la voix. Ce chiot-là aura besoin, adulte, d'un exutoire sérieux : pistage, cani-rando ou, au minimum, de longues sorties en extérieur avec des jeux de flair. Le priver de nez au sol pendant des mois ne le rend pas plus calme, cela produit plutôt un chien qui compense en creusant le jardin ou en suivant obsessionnellement chaque odeur en promenade. Certains éleveurs plus orientés compagnie sélectionnent, eux, sur le tempérament familial et l'équilibre plutôt que sur la performance en meute ; demandez explicitement l'orientation de l'élevage avant de réserver un chiot.

Pour un maître non-chasseur, la question à se poser n'est donc pas « ai-je le droit d'adopter un chien de chasse sans chasser » (la réponse est oui, la SCC elle-même le présente comme un bon chien de famille), mais « ai-je le temps de lui offrir un substitut à la chasse au quotidien ». Une heure de balade en laisse plate ne suffit pas à ce gabarit d'énergie : comptez plutôt deux sorties actives par jour, dont une avec un travail de nez (pistage ludique, recherche d'objets cachés dans le jardin) qui fatigue autant qu'un footing. À l'inverse, un profil sportif peut aussi canaliser cette énergie vers le canicross, discipline où sa rusticité et son endurance sur petit gabarit font merveille.

Comparé à d'autres chiens courants rustiques au poil dur, comme le teckel à poil dur ou, dans un autre registre régional, l'épagneul breton, le basset fauve de Bretagne se distingue par un tempérament décrit comme particulièrement docile pour un chien de meute : il chasse volontiers seul ou en petit groupe, sans la dépendance au groupe que l'on observe chez d'autres chiens courants. C'est ce qui explique qu'il s'adapte relativement bien à une vie de chien unique dans un foyer, du moment que l'exercice quotidien est au rendez-vous.

Éducation

On lit souvent qu’il aurait « un caractère dur » réclamant une éducation ferme. La Société centrale canine dit le contraire : c’est « une race de chien très facile à élever », de tempérament vif et généreux, dont « l’éducation simple ne posera aucun problème particulier ». Il suffit de lui inculquer quelques notions d’obéissance dès son arrivée à huit semaines.

La difficulté n’est pas son caractère, elle est ailleurs : sur une piste, un chien courant n’entend plus. Ce n’est pas de la désobéissance, c’est sa fonction. On construit donc le rappel très tôt, on le récompense généreusement, et on ne le met jamais en situation d’échec en le lâchant trop tôt dans un bois plein de gibier. Si la chasse est sa vocation, l’apprentissage sur le terrain commence avant un an.

Basset Fauve de Bretagne debout à l'intérieur, vu de profil et regardant vers l'objectif
Photo : Canarian, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Remarques et conseils

Son poil dur et sec ne demande pas un brossage quotidien, mais un passage régulier à la brosse ou au peigne, qui est aussi l’occasion de chercher tiques et blessures. Coupez les griffes quand elles ne s’usent pas naturellement et surveillez les poils à l’entrée des oreilles. Un passage chez un toiletteur pour un épilage du poil dur peut se justifier de temps à autre, sans être indispensable.

Nos sources

  • Société centrale canine, fiche de race Basset fauve de Bretagne : taille de 32 à 38 cm, poids non précisé, robe, historique, effectif d’environ 16 000 sujets au LOF, comportement, vie en ville et alimentation.
  • Fédération cynologique internationale, standard n°36, Basset fauve de Bretagne, version en vigueur du 25 mars 2003 : classification, taille identique pour les deux sexes, qualité du poil et couleurs admises, défauts graves et défauts entraînant l’exclusion.
  • Club du Fauve de Bretagne, club de race officiel affilié à la Société centrale canine.
  • Antagene, glaucome primaire à angle ouvert chez le Basset fauve de Bretagne : gène ADAMTS17, transmission autosomique récessive, âge d’apparition entre 8 et 16 mois, d’après Oliver et al. (2015), Two independent mutations in ADAMTS17 are associated with primary open angle glaucoma in the Basset Hound and Basset Fauve de Bretagne breeds of dog.

Crédit photo : Dogs - stock.adobe.com

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2 commentaires

wiel · 3 décembre 2020 à 12:21

bonjour, j ai trouvé une chienne Basset Fauve de Bretagne, perdue et en piteux état(non pucée). Nayant touvé aucun adoptant, je lai gardée. c est la cata !!!!! à peine arrivée sur le site de la promende, elle se "barre", je l entends japper de + en + loin et ensuite elle rentre entre1 h et 6 h + tard. elle a fini par entrainer l 'autre chienne et là ça se complique. je suis un peu désemparée. je ne suis déjà pas fan des chiens de chasse et faut dire que son comportement n arrange rien. je pense qu elle serait plus adaptée à un chasseur.

Beatrice Vuillaume · 8 décembre 2020 à 23:11

Bonjour,
J'ai une fille croisée basset fauve de Bretagne, qui est arrivée chez moi suite à un abandon.
Au debut, ce fut quelque peu comiqué. Elle avait peur et ne voulait pas rester seule. Puis plus tard elle se mis a fugueur avec un copain.
J'ai beaucoup angoissé et aussi été en colère contre elle.
Finalement on a construit une belle relation et quand je n'ai plus fait cas de ses fugues, qu'elle a arrêté de le faire.
Maintenant ça fait 8ans qu'elle est là avec nous, et c'est le bonheur total.
Si vous aimez cette chienne, vous trouverez des solutions. Mais si non, ne vous prenez pas la tête, les associations prennent bien soin des chiens abandonnés, puis les réhabiliter pour retrouver une bonne famille.