🐾 Race de chien

Bullmastiff : un excellent chien de garde

Le bullmastiff est un molossoïde britannique d'une cinquantaine de kilos, issu du croisement entre le bulldog anglais et le mastiff. Élevé à l'origine pour attraper et maintenir un braconnier à terre en attendant les ordres du garde-chasse, il fut ensuite utilisé comme chien policier en Angleterre grâce à son bon odorat. Aux Etats-Unis comme en Europe, il sert surtout aujourd'hui de chien de garde.

Au-delà de son physique dissuasif, c'est un chien qui déborde d'affection, très calme à l'intérieur et particulièrement dévoué à ses proches : un fabuleux chien de compagnie autant qu'un protecteur né, dont la plus grande joie est de participer aux activités de la famille.

Attention si vous en voulez deux : un mâle adulte supporte rarement la présence d'un autre mâle, et les femelles ne se tolèrent pas toujours. Il est préférable d'adopter un mâle et une femelle.

Les caractéristiques du Bullmastiff

Ce chien à la carrure harmonieuse et imposante dispose d'une structure forte avec des membres bien musclés. Sa tête est carrée et la force du crâne lui confère un visage anguleux avec un museau noir et court, constitué d'une mâchoire puissante. Ses yeux bien écartés et séparés par une ride ont une grandeur moyenne et de couleur noisette ou foncée. Les oreilles attachées haut et large sont en forme de V en étant repliées vers l'arrière. Le poils est court, dur, plat et dense, dans les tons bringés, fauve ou rouge. Sa robe est entièrement étanche.

Bullmastiff assis en laisse dans la rue, regardant par-dessus son épaule

Le mâle mesure jusqu'à 72 cm et peut peser jusqu'à 60 kilos. La femelle peut atteindre 65 cm et son poids ne doit pas dépasser 50 kilos. Ce grand chien à l'allure impressionnante mérite le prix de 1500 euros.

Origine de cette race de chien

Ce dogue d'origine britannique est issu d’un croisement entre le bulldog anglais, rapide et actif, et le mastiff anglais, grand et lourd, pour obtenir un chien agile, obéissant et extrêmement puissant. Sa force a amené des dérives puisqu'au départ, les bulmastiffs ont été conçus pour s'affronter dans des combats de chiens.

Bullmastiff allongé sur une terrasse en bois, regardant la caméra

Les combats officiels ont pris fin en 1853 et les qualités du bulmastiff ont permis aux gardes-forestiers de se servir de son flair, de sa puissance et de sa souplesse pour garder les forêts et éviter le braconnage nocturne. La sélection de la race pure a débuté au 19e siècle.

Caractère

Le bullmastiff est un chien de garde fort et courageux. Sous son air sage se dévoile un chien d'une douceur très appréciée par les familles avec des enfants, même en bas âge. Il peut aussi parfaitement devenir un véritable petit clown qui amusera tout son entourage. Sa joie de vivre est communicative et il se montre docile. Il est toujours prêt à apprendre et aime que son maître lui donne des ordres. Le bullmastiff est très intelligent, il est digne et stable, particulièrement fidèle, et il reste toujours vigilant, comme tout bon chien de garde.

Bullmastiff couché sur l'herbe regardant la caméra

Ainsi, bien qu'il arrive à se détendre, il reste toujours conscient du moindre petit changement avec un courage extraordinaire. Il possède un talent inné lui permettant de déterminer spontanément qui appartient à une propriété et donc, qui est un intrus. Très affectueux et dévoué envers ses proches, il est très attaché à sa famille et il constitue un excellent copain pour les enfants, du moment qu'ils le respectent. Il ne supporte pas la solitude à tel point que s'il manque d'attention, il risque d'adopter un comportement destructeur pour combler son angoisse. Il s'entend bien avec les animaux vivant avec lui, mais un animal s'approchant de son territoire représente un intrus. Cette race est fiable en toute circonstance grâce à un caractère équilibré.

La santé du bullmastiff

Cette section citait déjà trois points justes : la tendance à grossir, la torsion de l'estomac et la dysplasie. Elle mentionnait aussi que « les problèmes oculaires peuvent également survenir », ce qui est vrai mais trop vague pour servir. Voici l'ensemble, avec ce qui manquait.

Le bullmastiff vit 8 à 10 ans. C'est court, et c'est le prix du gabarit : à 50 kg et plus, la mécanique s'use vite et le risque de cancer monte. Ce n'est pas une race abîmée par l'hypertype, mais c'est une race lourde, avec tout ce que cela implique.

Bullmastiff assis portant un bandana rouge, regard de trois-quarts

La dilatation-torsion de l'estomac

La fiche avait raison de la citer en premier : c'est le danger vital numéro un de ce chien. Grande taille et poitrine profonde : l'estomac se distend, se retourne sur lui-même, cesse d'être irrigué, et le chien part en état de choc.

Les signes à connaître : agitation, efforts de vomissement qui ne produisent rien, abdomen qui gonfle, muqueuses pâles au niveau des babines et des gencives, cœur très rapide et pouls faible. On part aux urgences le soir même. Environ 90 % des chiens survivent quand la prise en charge est rapide, contre environ 50 % si une partie de l'estomac est déjà nécrosée.

En prévention : ration fractionnée en deux repas, pas d'effort avant ni après le repas, et une conversation à avoir avec votre vétérinaire sur la gastropexie préventive, qui fixe l'estomac à la paroi abdominale. Elle se pratique par cœlioscopie dès 6 mois et peut se faire dans le même temps anesthésique qu'une stérilisation. Voir notre article sur le retournement de l'estomac.

Les yeux : ce que « problèmes oculaires » recouvre

Deux des quatre maladies testables par ADN dans cette race concernent la rétine, ce qui donne une idée de l'enjeu :

  • L'atrophie progressive de la rétine. Les cellules visuelles se détruisent lentement. Le chien perd d'abord la vision nocturne, hésite dans la pénombre, bute sur les obstacles le soir, puis la vue baisse de jour. Aucun traitement, mais un chien qui perd la vue progressivement s'adapte remarquablement bien dans un environnement stable.
  • La rétinopathie multifocale. Des lésions apparaissent sur la rétine, généralement chez le jeune chien. Elle est souvent d'évolution limitée, mais elle se dépiste.

À cela s'ajoutent, sans test ADN cette fois, les problèmes de paupières classiques chez les molossoïdes : entropion, quand la paupière s'enroule vers l'intérieur et que les cils frottent la cornée, et ectropion, quand elle s'affaisse vers l'extérieur et expose l'œil. Les deux s'opèrent, et les deux sont douloureux tant qu'ils ne le sont pas.

Les deux autres tests

  • La myélopathie dégénérative. Une atteinte progressive de la moelle épinière chez le chien âgé, qui commence par une faiblesse de l'arrière-main et évolue vers la paralysie. Elle est indolore, ce qui la distingue de l'arthrose : un vieux bullmastiff qui traîne les postérieurs sans paraître souffrir ne fait pas « que vieillir ».
  • La sensibilité médicamenteuse MDR1, chez qui l'ivermectine des vermifuges et le lopéramide deviennent dangereux.

Les articulations, le cancer, la chaleur

  • La dysplasie de la hanche et du coude. Le point que la fiche signalait, et il est central à ce poids. Le dépistage radiographique officiel se fait après 12 mois, sous sédation, et les résultats des deux parents doivent vous être montrés, pas seulement ceux du mâle. Voir notre article sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • La croissance. Un chiot bullmastiff prend cinquante kilos en un an et demi. Escaliers, sauts et longues marches forcées sont à limiter tant que la croissance n'est pas terminée : ce qu'on gagne en promenade à huit mois se paie en arthrose à cinq ans.
  • Le cancer. Comme chez la plupart des races géantes, c'est une cause de mortalité majeure, avec en particulier le lymphome et les tumeurs osseuses. Une masse qui apparaît, une boiterie qui s'installe sans traumatisme et ne cède pas aux anti-inflammatoires, chez un chien de plus de cinq ans, se font examiner sans attendre.
  • La chaleur. Museau raccourci et masse importante : le bullmastiff se refroidit mal. Pas de sortie aux heures chaudes l'été, jamais de voiture, et de l'eau en permanence.
  • Le poids. Le conseil que donnait déjà cette fiche est le bon, et il est le plus rentable de tous : chaque kilo en trop pèse sur des articulations déjà chargées et sur un cœur qui travaille beaucoup. Voici comment faire maigrir son chien sans le carencer.

Les deux questions à poser à l'éleveur

  1. Les cotations de dysplasie, hanches et coudes, des deux parents.
  2. Le bilan génétique, quatre maladies pour un seul prélèvement, et l'âge auquel sont morts les ascendants.

Conditions de vie du Bullmastiff

Le bullmastiff est plus à l'aise dans une maison avec un terrain clôturé. Il peut rester toute la journée dans un jardin pour surveiller le territoire, il pourra ainsi se rendre utile. Il a cependant besoin de la compagnie humaine et il faut penser à le rentrer souvent pour ne pas le laisser seul trop souvent.

Bullmastiff assis portant un bandana rouge sur un sol pavé

Le maître du bullmastiff doit impérativement lui faire appliquer des règles de comportement adaptées à cause de sa puissance et son indépendance d'esprit. Il peut parfaitement vivre avec une famille avec des enfants bien qu'il est préférable d'éviter les tout-petits en raison de sa corpulence. Le bullmastiff a besoin de se dépenser pour préserver de bonnes conditions physiques, mais ce n'est pas un sportif. Avant 15 mois, les grandes promenades sont à éviter pour minimiser les problèmes articulaires.

Éducation

Un chien aussi fort et grand que le bullmastiff exige qu'il soit éduqué de manière constante pour favoriser l'harmonie dans le foyer. Il est têtu et a tendance à être dominant. Son propriétaire doit se montrer ferme dès le début. Il faut rester autoritaire et confiant. La puissance du bullmastiff fait que ce grand molosse n'est pas à mettre entre les mains des novices.

Bullmastiff en extérieur, portrait de profil tête et encolure

La socialisation continue en jeune âge est essentielle pour lui faire comprendre qu'il n'est pas nécessaire de se montrer méfiant envers tout le monde. L'éducation est facilitée grâce à sa docilité et son intelligence.

Remarques et conseils

Le pelage du bullmastiff réclame un brossage plusieurs fois par semaine pour enlever les poils morts. Il peut être intéressant de le faire avec un gant en caoutchouc tout en exerçant une pression sur tout le corps dans l'objectif de stimuler la circulation sanguine.

Ceci permettra par la même occasion de masser la peau, ce qui détendra le chien.
Le bullmastiff est vorace et il est primordial de respecter sa ration journalière qui est constituée d'environ 600 grammes de croquettes d'excellente qualité. Pour prévenir la torsion d'estomac, le meilleur moyen sera de lui proposer deux repas de 300 grammes.
Comme tout grand chien, sa croissance est délicate. La nourriture du chiot doit donc être adaptée à la croissance des grandes races. Il grandira de manière optimale tout en diminuant les risques de dysplasie.

Nos sources

Crédit photo :  Lifanimals - stock.adobe.com

Cet article vous a été utile ?

Donnez-lui une note : c'est anonyme, ça prend deux secondes, et ça aide les autres maîtres à s'y retrouver 🐾

Note : 3.9/5 (32 votes)

Cet article vous a plu ? Partagez-le 🐾

2 commentaires

éric bourdut · 2 mai 2020 à 09:46

concis et bien rédigé, un bull

Jarvis · 10 janvier 2021 à 11:04

Bonjour,
j ai une femelle Akkta Inu et j aimerais savoir si un mâle Bullmastiff pourrait s entendre avec ?