🐾 Race de chien

Bobtail : un chien qui attire la sympathie

Le Old English Bobtailed Sheepdog, signifiant chien de berger anglais ancestral, est plus communément appelé bobtail. Réputé pour être un bon chien de compagnie, le bobtail était auparavant un chien de berger. Également prisé pour ses qualités de gardien, il n'est cependant pas soumis à la taxe prévue pour la catégorie des chiens de garde, ce qui représente un avantage financier intéressant pour les personnes recherchant un bon gardien.

Son nom vient de là : « bobtail » a longtemps servi à désigner les chiens à queue courte. Une précision s'impose toutefois, car cette fiche laissait entendre que la coupe est la règle. Elle ne l'est plus. Le standard FCI décrit la queue comme « écourtée comme était de coutume auparavant ou queue courte de naissance », et détaille les deux cas : coupée, ou non coupée, à port naturel, bien frangée. Le mot « auparavant » n'est pas un détail : le standard lui-même situe l'amputation du côté des usages passés.

La caudectomie reste légale en France, contrairement à la coupe des oreilles, mais elle n'est ni exigée ni attendue. Une partie des chiots naissent d'ailleurs naturellement anoures, c'est-à-dire sans queue, et les autres ont une queue longue parfaitement conforme. Un éleveur qui vous présente la coupe comme obligatoire vous renseigne surtout sur sa façon de travailler.

Le bobtail est bien représenté en exposition par des éleveurs sérieux. Il reste pourtant peu adopté, à cause de sa fourrure abondante qui demande énormément d'entretien.

Les caractéristiques du Bobtail

Avec son apparence de gros nounours et sa fourrure lui retombant sur les yeux foncés ou vairons, le bobtail est un chien qui attire la sympathie. Sa robe abondante recouvre un corps trapu et musclé. Sa grosse tête carré recouverte de longs poils épais appelle les caresses. Les poils sont plutôt rêches et hirsutes, sans boucles, avec un sous-poil riche et dense. Il peut être bleu merle, avec ou sans tâches blanches. Le gris domine sur la moitié arrière du corps et le blanc s'installe sur l'avant.

Bobtail assis

Ses petites oreilles sont portées sur les côtés du crâne, les pattes bien droites. La queue est soit absente de naissance, soit longue et bien frangée. Le bobtail mâle mesure environ 61 cm au garrot et la femelle 56 cm au garrot. Son poids se situe entre 28 et 40 kg. Originaire d'Angleterre, il a des aptitudes de chien de compagnie, de défense et de garde et de berger. Sa force et sa grande taille impressionne mais il reste très gentil. Le bobtail coûte généralement 800 euros.

Origine

Les origines du bobtail sont anciennes. Son ancêtre serait un chien de berger asiatique et serait le même que le briard. Il est également issu du berger de bergame en Italie et du komondor en Hongrie. L'apport de sang de bearded collie est quasiment certain et le caniche ainsi que le deerhound ont permis de faire évoluer la race comme elle est actuellement.

Bobtail

Les hommes ont commencé à adopter le bobtail à l'époque de la guerre de Cent Ans. Il existait avant le 13e siècle mais rien n'indique ses fonctions. Toutefois, il y a de grandes chances qu'il avait une utilité en tant que gardien de troupeaux et pour la conduite du bétail. Le bobtail a été présenté en exposition en 1873. Le premier club de la race a été fondé en 1880. Le bobtail fut très populaire dans les années 70 grâce à Henry Arthur Tilley.

Le précurseur de la race a fondé le club du chien de berger anglais en Angleterre et aux États-Unis et s'est démené pour que la population connaisse le bobtail. A ce moment, le bobtail était très répandu mais il a fini par devenir plus discret.

Caractère de ce chien de race

Son âme de chien de berger fait du bobtail l'ami des animaux ainsi que des enfants qu'il aime regrouper comme s'il s'agissait de son propre troupeau. Son instinct l'amène à rassembler les êtres vivants qui se trouvent sur son passage. Son caractère docile lui permet d'être choisi essentiellement pour tenir compagnie. Il est un très bon gardien mais bien qu'il impressionne, il est très affectueux même envers les étrangers. Il représente un compagnon de jeu idéal pour les enfants.

Bobtail (Old English Sheepdog) debout sur une plage à côté d'une personne assise

Il veille également très bien sur les plus petits. Intelligent, fidèle et digne de confiance, il est extrêmement doux et calme. Il est en même temps plein de vigueur et joueur. Cependant, il peut se montrer brusque, n'ayant pas conscience de sa corpulence. Son aspect de peluche et sa gentillesse attirent essentiellement les familles. Si son maître le respecte et vit en harmonie avec lui, le bobtail saura se montrer gratifiant. La seule contrainte sera l'entretien de son pelage. Il est obligatoire de le brosser quotidiennement. Sinon, il faut l'emmener au toilettage.

La santé du bobtail

Cette fiche annonçait des prédispositions « que nous détaillons plus bas »… et rien ne suivait. Voici ce qui manquait, et c'est substantiel : le bobtail porte deux maladies génétiques cartographiées, toutes deux évitables par un test ADN, plus une sensibilité médicamenteuse que beaucoup de maîtres ignorent.

Sa longévité est de 10 à 12 ans, correcte pour un chien de ce format. C'est une race rustique, sans face écrasée ni dos déformé. Mais rustique ne veut pas dire indemne.

L'ataxie cérébelleuse héréditaire

C'est la maladie la plus grave de la race. Les cellules de Purkinje, les grands neurones qui pilotent la coordination dans le cervelet, dégénèrent prématurément. Le chien perd l'équilibre, écarte les pattes pour ne pas tomber, marche en levant les membres trop haut, tremble à l'effort. L'évolution est progressive et il n'existe aucun traitement.

Elle a été élucidée en 2014 par une équipe américaine (Agler et coll., PLoS Genetics) :

  • la cause est une mutation ponctuelle du gène RAB24, un gène de l'autophagie, le mécanisme de recyclage interne des cellules ;
  • la transmission est autosomique récessive : il faut la mutation des deux parents pour qu'un chiot soit atteint ;
  • elle est juvénile, c'est-à-dire qu'elle se déclare chez le jeune chien ;
  • la même mutation touche le setter Gordon, signe d'un ancêtre commun aux deux races ;
  • un test ADN en découle directement.

Deux porteurs sains accouplés ensemble donnent en moyenne un quart de chiots atteints, sans qu'aucun des parents n'ait jamais montré le moindre signe. C'est pour cela que « mes chiens n'ont jamais eu ça » ne veut rien dire, et que le test compte.

Bobtail (Old English Sheepdog) debout sur une plage à côté d'une personne assise de dos

La dyskinésie ciliaire primitive

Seconde maladie cartographiée dans la race, liée au gène CCDC39. Les cils microscopiques qui tapissent les voies respiratoires perdent leur capacité à battre : le mucus n'est plus évacué, et il stagne.

Concrètement, cela donne un chiot qui tousse et a le nez qui coule dès les premières semaines, enchaîne les bronchites et les pneumonies, et répond mal aux antibiotiques puisque la cause est mécanique et non infectieuse. Un chiot bobtail qui traîne un jetage chronique n'a pas « attrapé froid ». Là encore, un test ADN existe.

MDR1 : 8 % des bobtails

Le gène MDR1 fabrique une protéine qui empêche certaines molécules d'entrer dans le cerveau. Mutée, elle ne fait plus barrage, et des médicaments courants deviennent des poisons neurologiques. D'après les données du laboratoire Antagène sur la population française, 8 % des bobtails sont concernés.

C'est bien moins que le colley (82 %) ou le berger des Shetland (56 %), mais 8 %, c'est environ un bobtail sur douze, et l'accident est grave. Les molécules à proscrire chez un chien porteur : ivermectine, moxidectine, doramectine, abamectine, émodepside et lopéramide. On les trouve dans des vermifuges courants, et le lopéramide est un antidiarrhéique humain que l'on peut être tenté de donner soi-même.

Le test se fait par frottis buccal et donne un statut définitif. Faites-le, et notez le résultat dans le carnet de santé : en garde ou en urgence, le vétérinaire ne connaît pas votre chien.

Le reste : hanches, immunité, yeux, estomac

  • La dysplasie de la hanche. Classique chez un chien de ce gabarit à croissance rapide. Le dépistage radiographique officiel se fait après 12 mois, sous sédation, et les résultats des deux parents doivent vous être montrés. Voyez notre article sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • Les maladies auto-immunes. Le bobtail est cité pour l'anémie hémolytique à médiation immune, où l'organisme détruit ses propres globules rouges, et pour la thyroïdite auto-immune. La première donne un chien brutalement abattu, aux muqueuses pâles ou jaunes, qui s'essouffle au moindre effort : c'est une urgence. La seconde, plus sournoise, donne un chien apathique qui grossit sans manger davantage et dont le poil se clairsème ; elle se dépiste par une prise de sang et se traite bien.
  • Les yeux. Cataracte, atrophie progressive de la rétine et décollement de rétine sont rapportés dans la race. Un examen ophtalmologique des reproducteurs a du sens.
  • La surdité congénitale. Le bobtail figure parmi les nombreuses races de grande taille chez lesquelles une surdité congénitale est décrite. Précisons toutefois qu'il ne fait pas partie de la liste des races que la Société centrale canine associe à la surdité liée au fond blanc de la robe, où l'on trouve le dalmatien ou le bull terrier. En cas de doute sur un chiot qui ne réagit pas aux bruits, le test PEA tranche.
  • Le retournement de l'estomac. Grande taille et poitrine profonde : repas fractionnés, pas d'effort intense juste après manger, et connaissance des signes, car c'est une urgence qui se compte en heures.
  • Le pelage. Son sous-poil très dense feutre vite derrière les oreilles, aux aisselles et à la culotte. Des nœuds serrés tirent sur la peau et macèrent : c'est un vrai sujet de santé, pas seulement d'esthétique.

Les trois tests à demander à l'éleveur

  1. Le statut ataxie cérébelleuse (RAB24) des deux parents.
  2. Le statut dyskinésie ciliaire primitive (CCDC39) des deux parents.
  3. Le statut MDR1, et les cotations de dysplasie des hanches.

Les deux premiers sont ce qui distingue le plus nettement un élevage sérieux d'un autre dans cette race : les mutations sont connues, les tests existent depuis des années, et rien ne justifie de ne pas les faire.

Conditions de vie

Le bobtail peut vivre en appartement mais son bonheur sera surtout en plein air. De plus, ses poils resteront bien fournis s'il vit dehors. Il est assez indépendant et n'a pas besoin de rester en permanence auprès de son maître. Toutefois, il ne peut pas être heureux sans la présence humaine. Le bobtail a besoin de beaucoup d'exercice et ne demande qu'à se rendre utile.

Bobtail (Old English Sheepdog) gros plan de la tête, pelage long et langue sortie

Éducation

Son éducation est délicate, comme pour tout chien de berger. Doux et sympathique, il est en revanche réfractaire au dressage. Le bobtail s'éduque de manière ferme avec une personne qui connaît bien les caractéristiques de la race. Il est nécessaire de l'éduquer dès son plus jeune âge pour avoir un chien obéissant et agréable à vivre.

Bobtail (Old English Sheepdog) tête tournée vers la droite, langue sortie

Remarques et conseils

Pour éviter la formation de nœuds impossibles à démêler, la robe nécessite des soins quotidiens. Le bobtail est idéal comme premier chien, mais il faudra prendre rapidement des cours auprès d'un éducateur canin afin de ne pas avoir un chien turbulent.

Crédits photos : DES EBOURIFFES DU MISTRAL (élevage de Bobtail)

Santé : les points de vigilance du bobtail

Le bobtail est solide, mais sa taille et son patrimoine génétique lui valent quelques prédispositions qu'il vaut mieux connaître avant l'achat.

  • La sensibilité médicamenteuse MDR1. Le bobtail fait partie des races de berger concernées par la mutation du gène MDR1, qui rend certaines molécules neurotoxiques, à commencer par l'ivermectine présente dans des vermifuges. Un test ADN sur frottis de joue donne le statut du chien ; il faut ensuite le signaler à chaque vétérinaire. Nous détaillons le mécanisme sur la fiche du berger australien.
  • La dysplasie de la hanche, comme chez tout chien de ce gabarit : dépistage radiographique des reproducteurs.
  • Les affections oculaires héréditaires, dont la cataracte, à écarter par un examen ophtalmologique des parents.
  • La surdité congénitale est possible chez les sujets très blancs, comme dans plusieurs races à robe claire.

Un mot enfin sur le poil, qui est un engagement en soi : sans brossage en profondeur plusieurs fois par semaine, la toison feutre irrémédiablement et la seule issue devient la tonte complète.

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2 commentaires

dominique garcia · 22 juillet 2019 à 22:56

votre Bobtail est en fait un Bearded Collie

Myriam Hayet · 23 juillet 2019 à 14:35

En effet, le chien présenté en photo est un bearded collie. Que des néophytes nous arrêtent dans la rue pour nous féliciter sur la belle allure de notre bobtail, je peux le comprendre mais quand on écrit un article sur une race de chien...
Ah et pour le bearded collie, c'est de l'anglais (le chien est d'origine écossaise) et c'est bearded qui est traduit par barbu, pas collie... Un bearded collie, autres noms : colley barbu, beardie, berger des highland.