🐾 Race de chien

Colley : un magnifique chien

Rendu célèbre par Lassie, le colley est un chien de berger écossais de taille moyenne à grande (18 à 29 kg, 51 à 61 cm au garrot), qui vit en moyenne 12 à 14 ans. Doux, intelligent et protecteur, ce compagnon élégant à la longue crinière veille naturellement sur les enfants et s'entend bien avec les autres animaux : il convient parfaitement à une famille active, idéalement en maison avec jardin, capable de lui offrir exercice quotidien et présence, car il supporte mal la solitude. Son magnifique pelage a toutefois un prix : un entretien soutenu, surtout en période de mue. Voici tout ce qu'il faut savoir avant d'adopter ce berger d'Écosse.

Les caractéristiques du Colley

Le colley possède un poil très long, lisse et touffu, en particulier au niveau de la crinière et du collier. Sa couleur n'est jamais unie. Elle est tricolore, avec le noir en couleur dominante et des taches blanches qui "marquent" bien la race "Colley". Elles se situent sur la queue, les pieds ou les jambes, de même que sur le plastron.

Colley (Collie à poil long) groupe de quatre chiens debout dans l'herbe

Sa taille reste correcte, il n'est ni trop grand ni trop petit. Sa morphologie est légère, souple, emplie de force. La tête reste allongée, avec des yeux obliques. Le marron de ces derniers dégage une expression sereine, douce et câline. Certains "modèles" de colleys sont bleus merle.

Dans ce cas, les yeux sont vairons, c'est-à-dire que les deux sont bleus. Les oreilles sont toutes petites, mais restent bien dressées sur la tête. Le bout de celles-ci retombe un peu. Le mâle mesure 56 à 61 cm au garrot pour 20 à 29 kg, la femelle 51 à 56 cm pour 18 à 25 kg.

Origine

Le colley a vu le jour fin XIXe siècle. Il va sans dire qu'il n'est pas reconnu officiellement depuis si longtemps. Le premier club de Colley a été créé sous le règne de la Reine Victoria qui vouait une réelle passion à ses chiens.

Colley (Collie à poil long) portrait en extérieur, assis avec la langue sortie

A ce moment-là, naquit le Rough Collie (à poils longs) et le Smooth Collie (à poils courts). Prenant un peu du lévrier russe et du Setter irlandais, le colley que nous connaissons aujourd'hui possède des caractéristiques bien plus belles que ces deux réunis.

L'apparition du premier colley français n'a été effective que depuis avril 1889, alors que le premier club français, implanté en l'honneur de ce canin, n'a ouvert ses portes qu'en 1909.

Caractère de ce chien de race

Le colley présente de nombreuses qualités. Il est doux et affectueux, mais sait rester sur la réserve, du fait de sa timidité. Ses capacités de chien de berger lui permettent de veiller sur votre famille, que ce soient les enfants comme les grands. Il ne se montre jamais agressif inutilement, mais si besoin, il saura montrer les dents.

Colley (Collie à poil long) trio de chiens assis sur l'herbe

Comme tous les chiens de cette taille, il est important de lui accorder des moments bien à lui, à savoir la pratique d'exercices physiques, la promenade et la complicité qu'il pourra partager avec ses maîtres. Même s'il aime jouer, le calme est aussi de la partie dans la vie de votre protégé.

Conditions de vie

Du fait de son énergie débordante, associée à son calme irréprochable, le colley vit aussi bien en appartement qu'en extérieur. Il n'est pas très adepte des voyages, ni des longs trajets enfermés. Cela dit, il aime beaucoup l'extérieur, l'air qui fait voler son pelage.

Colley (Collie à poil long) assis en extérieur, manteau sable et blanc, tête de trois-quarts

Sa nourriture doit être équilibrée et, surtout, rationnée. On lit parfois qu'il faudrait lui laisser une écuelle toujours pleine : c'est une mauvaise idée. Le libre-service favorise le surpoids, qui pèse sur les articulations d'un chien de ce format, et il vous prive du seul moyen simple de repérer une baisse d'appétit, souvent le premier signe qu'un chien ne va pas bien. Deux repas mesurés par jour, et de l'eau à volonté. Il aime ses maîtres, mais apprécie aussi son indépendance.

La santé du colley

Cette fiche affirmait que le colley « ne présente pas de signes particuliers de maladies », puis évoquait une maladie oculaire dont « l'origine reste inconnue ». Les deux sont faux, et le second l'est depuis 2005 : le gène responsable est identifié, et un test ADN existe.

Le colley vit 12 à 14 ans, ce qui est correct pour sa taille. Mais il porte deux particularités génétiques majeures, et l'une d'elles peut le tuer à la première vermifugation.

MDR1 : l'information qui peut sauver votre chien

C'est le point le plus important de cette fiche, et il en était totalement absent. Le colley porte très fréquemment une mutation du gène MDR1 (aussi appelé ABCB1). Ce gène code une protéine chargée d'empêcher certaines molécules d'entrer dans le cerveau. Mutée, la protéine ne fait plus barrage : des médicaments parfaitement banals deviennent des poisons neurologiques.

Ce n'est pas une curiosité de laboratoire. D'après les données du laboratoire Antagène sur la population française, 82 % des colleys sont concernés. C'est de très loin le premier rang, devant le berger des Shetland (56 %) et le berger australien (52 %). À titre de comparaison, le border collie n'est qu'à 3 %.

Autrement dit, si vous avez un colley, la probabilité qu'il soit concerné est largement supérieure à celle qu'il ne le soit pas. Le raisonnement doit donc être inversé : on considère un colley comme porteur jusqu'à preuve du contraire.

Les molécules à proscrire, listées par Antagène : ivermectine, moxidectine, doramectine, abamectine, émodepside et lopéramide. On les trouve dans des vermifuges et antiparasitaires courants, et le lopéramide est un antidiarrhéique que l'on peut être tenté de donner soi-même. C'est précisément ce qu'il ne faut jamais faire avec un colley.

En cas d'intoxication, les signes vont de la pupille dilatée, l'hypersalivation, les vomissements et les tremblements jusqu'aux difficultés à marcher, la cécité et les convulsions, avec un risque de coma et de décès par dépression respiratoire.

Le test se fait par simple frottis buccal et donne un statut définitif : normal (+/+), porteur (+/-) ou muté homozygote (-/-). Les homozygotes sont les plus exposés, mais les porteurs le sont aussi. Faites tester votre colley, et notez le résultat dans son carnet de santé. Signalez-le systématiquement à tout vétérinaire, y compris en urgence et en garde, où le praticien ne connaît pas votre chien.

Colley (Collie à poil long) assis devant des buissons de roses blanches

L'anomalie de l'œil du colley

La fiche l'appelait « l'AYC » : c'est l'AOC, anomalie de l'œil du colley, parfois désignée par son sigle anglais CEA. Il s'agit d'un défaut de développement de la choroïde, la couche vasculaire située sous la rétine.

Et son origine n'a rien de mystérieux. La Société centrale canine la rattache au gène NHEJ1, porté par le chromosome 37, avec une délétion d'environ 7,8 kilobases dans l'intron 4. La transmission est autosomique récessive, même si une étude suédoise suggère une composante polygénique chez le colley à poil long.

Deux points importants pour un acheteur :

  • La fréquence est bien plus élevée que les 30 à 40 % annoncés jusqu'ici : elle est estimée entre 68 et 97 % chez le colley aux États-Unis et en Grande-Bretagne, avec de fortes variations régionales.
  • La gravité, elle, est très variable. On distingue quatre stades : les stades 1 et 2 sont légers, non évolutifs, et le chien vit normalement sans que personne ne s'en aperçoive. Les stades 3 et 4 comportent décollement de rétine et hémorragies intraoculaires, et peuvent conduire à la cécité.

Le dépistage repose sur deux choses complémentaires. L'examen ophtalmologique se fait dès l'âge de 8 semaines, avant que la croissance du fond d'œil ne masque les lésions légères : un chiot examiné trop tard peut passer pour indemne alors qu'il ne l'est pas. Et le test ADN, lui, donne le statut génétique quel que soit l'âge.

Demandez donc les résultats des deux parents, et l'examen à 8 semaines de la portée. Un éleveur de colleys sérieux les a : c'est la maladie qui porte le nom de sa race.

Le reste : hanches, dermatomyosite, entretien

  • La dysplasie de la hanche. La fiche la mentionnait, et c'est juste, même si le colley est moins touché que la plupart des chiens de sa taille. Le dépistage radiographique officiel se fait après 12 mois, et les résultats des deux parents doivent vous être montrés. Voyez notre article sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • La dermatomyosite. Cette maladie inflammatoire de la peau et des muscles, décrite chez le colley et le berger des Shetland, se manifeste chez le jeune chien par des lésions croûteuses sur la face, le bout des oreilles et les extrémités. Des croûtes qui persistent sur le chanfrein d'un chiot colley ne sont pas « une allergie » tant qu'un vétérinaire ne l'a pas dit.
  • L'entretien. Contrairement à ce que laissait entendre cette fiche, un coup de peigne quotidien ne suffit pas toujours. Le colley a un sous-poil dense qui feutre derrière les oreilles, aux aisselles et à la culotte : ces zones demandent un démêlage soigneux, et les mues saisonnières sont spectaculaires.

Les deux questions à poser à l'éleveur

  1. « Quel est le statut MDR1 des parents, et celui du chiot ? »
  2. « Les parents sont-ils testés pour l'anomalie de l'œil du colley, et la portée a-t-elle été examinée à 8 semaines ? »

Ce sont deux tests simples, peu coûteux, et disponibles depuis des années. Un éleveur qui ne les fait pas sur cette race ne connaît pas sa race.

Son dressage

Il ne faut pas douter de son intelligence. Pour la développer au mieux, il est indispensable de le sociabiliser dès ses premiers jours de vie. Il apprend très vite, aime écouter ses maîtres et leur prouver qu'il sait exécuter sans problème les ordres. Cela dit, il ne faut pas en négliger les règles de bases qu'il est important d'appliquer et lui inculquer, dès sa naissance.

Colley (Collie à poil long) regardant vers le haut avec quelques feuilles accrochées à son pelage

Facile à éduquer, il ne pourra que vous combler, d'autant qu'il fera très vite la différence entre le maître que vous êtes et son rôle de protecteur et compagnon fidèle à quatre pattes que lui sait être !

Quelques conseils

Vous pourrez partager de magnifiques moments de complicité avec votre colley si vous lui donnez de l'amour et lui portez de l'attention. Il n'est pas question non plus de le vénérer, mais simplement lui faire comprendre que c'est vous le maître, que chacun doit rester à sa place.

Nos sources

Crédit photo : Grigorita Ko - stock.adobe.com

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