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Pinscher Allemand : un chien plein d’énergie

Chien de taille moyenne venu d’Allemagne, où il chassait autrefois la vermine dans les fermes, le pinscher allemand mesure 45 à 50 cm au garrot pour 14 à 20 kg. Vigilant, intelligent et débordant d’énergie, cet ancêtre du dobermann s’adresse aux maîtres sportifs capables de le dépenser chaque jour ; en échange, son poil ras sans sous-poil ne mue pas et ne réclame qu’un brossage hebdomadaire. Fidèle et protecteur envers les siens, méfiant avec les inconnus, il demande une éducation ferme et une sociabilisation précoce, pour une espérance de vie de 12 à 14 ans. Voici tout ce qu’il faut savoir avant d’adopter cette boule d’énergie.

Un chien d’origine très ancienne, presque menacé d’extinction

Comme son nom l’indique, le pinscher allemand nous vient d’Allemagne. Son origine est particulièrement ancienne. D’ailleurs, cette race est à la base de nombreuses autres, telles que le dobermann – avec lequel il partage de multiples similitudes au niveau du pelage.

Pinscher Allemand debout de profil sur un sol intérieur
Photo : Pleple2000, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Si l’on revient à la première apparition du pinscher allemand, il faut remonter à environ 4.000 ans avant J.-C. ! En effet, c’est à cette époque que les chiens de type loup / spitz se sont scindés en deux groupes différents : les spitz et les chiens des tourbières. Or les descendants directs de ces derniers incluaient les pinschers et les schnauzers. Avant le XVe siècle, on considérait même que le pinscher allemand et le schnauzer à poil court formaient une seule et même race.

Largement répandu en Europe de l’Est, le pinscher allemand a d’abord été utilisé comme chien de compagnie. Contrairement au schnauzer à poils longs, on estimait que le pelage du pinscher était trop court pour lui permettre de devenir un chien de chasse.

Mais même si cette race existe depuis des millénaires, ce n’est qu’à partir du XVe siècle qu’elle s’est vraiment développée. Notamment en Allemagne, lorsque la démographie a explosé, les gens ont commencé à élever le pinscher allemand à grande échelle. Sa fonction principale ? Exterminateur de vermine et chien de ferme. D’ailleurs, cette première mission lui a valu le surnom très explicite de « ratier » !

La reconnaissance officielle du pinscher allemand

Plus tard, au XIXe siècle, le pinscher a enfin été reconnu comme une race à part entière. Le docteur Reichenbach lui a officiellement retiré son statut de bâtard, pour l’inclure dans la liste des chiens stables de type ratier. Puis le standard du pinscher a été établi en 1896, et c’est à ce moment que les différentes races de cette catégorie – incluant le pinscher allemand – ont été arrêtées.

Pinscher Allemand couché dans un parc avec un collier chaîne
Photo : Babsi B., Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Malheureusement, le pinscher allemand a été délaissé à partir de la Première Guerre Mondiale. Son élevage s’est fortement réduit, mais les éleveurs ont alors privilégié la qualité de la race. Ils ont éliminé toute reproduction avec des schnauzers, afin d’obtenir uniquement des pinschers allemands de pure race. Le déclin ensuite s’est intensifié lors de la Seconde Guerre Mondiale, menaçant même la race d’extinction.

C’est grâce au travail acharné de Werner Jung, passionné de schnauzers et de pinschers que le pinscher allemand est à nouveau une race pérenne. Aujourd’hui, la race s’est aussi étendue dans l’Europe, même si c’est en Allemagne qu’elle reste la plus présente.

Les caractéristiques physiques du pinscher allemand

Comme expliqué plus haut, le pinscher allemand a des origines communes avec le schnauzer. Initialement, ils formaient même une seule race. À l’heure actuelle, ils ont donc conservé de nombreuses similitudes physiques.

Pinscher Allemand debout dans la neige, regardant sur le côté
Photo : Oskar Svensson, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Ainsi, le pinscher allemand est un chien de taille moyenne, mesurant entre 45 et 50 centimètres et pesant 14 à 20 kilogrammes. Contrairement à beaucoup d’autres races, notez qu’il n’y a pas de différence de taille et de poids entre les mâles et les femelles.

Le pinscher allemand : un chien moyen au physique athlétique

Sa tête est longue, avec un front plat et un museau allongé et fin. Son stop est assez peu marqué et sa truffe est toujours noire. Ovales et légèrement en amande, ses yeux sont très foncés. Quelle que soit la couleur de sa robe, ses paupières sont également foncées. Par ailleurs, il possède des oreilles en V, avec une attache haute. Pointant vers l’avant, elles sont repliées et pendantes.

Pinscher Allemand debout sur la plage, vu de profil
Photo : No machine-readable author provided. Stesi-cliff assumed (based on copyright claims)., Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Son corps est fin et athlétique, avec une poitrine de largeur moyenne et légèrement arquée. Le dos du pinscher allemand est court mais robuste, avec une pente légère du garrot jusqu’à la queue. En outre, les mâles sont souvent plus musclés et carrés que les femelles. Quant à la queue, elle est longue et fine, portée en sabre ou en faucille à la verticale.

Par ailleurs, le pinscher allemand se caractérise par un pelage au poil ras, brillant et dense. Il est bien couché et sans couche de sous poils. Cela signifie que ce chien ne connaît pas de mue : un véritable point fort pour son entretien ! Il vous suffira de brosser votre pinscher chaque semaine pour préserver l’éclat de son pelage.

Enfin, sa robe peut être de 2 types : soit totalement unie (allant du roux cerf au rouge-brun foncé), soit bicolore (feu et noir jais). Dans le second cas, les couleurs du pelage sont réparties comme sur un dobermann. C’est-à-dire que le pinscher est noir, avec des taches de couleur feu sur les sourcils, le museau, la gorge, la poitrine, les pattes et sous la queue.

La santé du pinscher allemand

Cette section tenait en deux lignes : « dans l'ensemble, le pinscher allemand est assez robuste », avec une réserve sur le froid. La réserve est exacte, son poil ras sans sous-poil le rend frileux. Mais le mot « robuste » ne dispense pas de nommer ce qui se dépiste.

Le pinscher allemand est effectivement une race saine : pas de face écrasée, pas de dos allongé, une construction naturelle et une longévité de 12 à 14 ans. Quatre maladies s'y testent néanmoins par ADN, et ce sont exactement les mêmes que chez son cousin le pinscher nain.

Les quatre maladies testables

  • La cystinurie. La cystine, un acide aminé, n'est plus correctement réabsorbée par le rein : elle précipite et forme des calculs urinaires. Le danger n'est pas le calcul lui-même mais l'obstruction qu'il provoque : chez le mâle, dont l'urètre est étroit, une obstruction complète est une urgence vitale qui se compte en heures. Un chien qui pousse pour uriner sans que rien ne sorte doit voir un vétérinaire immédiatement, de jour comme de nuit.
  • La maladie de von Willebrand. Un trouble de la coagulation qui ne se remarque pas au quotidien et se révèle lors d'une chirurgie ou d'une blessure, quand le saignement ne s'arrête pas. C'est une information à obtenir avant une stérilisation ou un détartrage.
  • La glycogénose de type Ia, une maladie de surcharge qui perturbe la régulation du sucre sanguin chez le très jeune chiot.
  • La sensibilité médicamenteuse MDR1. Chez un chien porteur, des médicaments banals deviennent des poisons neurologiques, à commencer par l'ivermectine des vermifuges et le lopéramide, un antidiarrhéique que l'on peut être tenté de donner soi-même.

Quatre tests, un seul prélèvement de salive. La question à poser est donc simple : « les parents ont-ils passé le bilan génétique de la race, et puis-je voir les résultats ? »

Les articulations et les yeux

  • La maladie de Legg-Calvé-Perthes, ou nécrose de la tête fémorale, est décrite chez les pinschers. Elle touche le jeune chien entre 4 et 12 mois et donne une boiterie d'un postérieur qui s'aggrave, avec une fonte musculaire de la cuisse. Un jeune pinscher qui boite durablement ne « s'est pas juste fait mal en jouant ».
  • La luxation de la rotule. Moins fréquente que chez le pinscher nain, du fait du gabarit plus important, mais présente. Le signe est caractéristique : le chien lève brusquement une patte arrière en pleine course, sautille deux ou trois foulées, puis repart normalement.
  • La dysplasie de la hanche. Moins courante que chez les grandes races, elle existe. Les résultats des deux parents doivent vous être montrés. Voir notre article sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • Les yeux. La cataracte héréditaire est décrite dans la race. Un examen ophtalmologique des reproducteurs complète utilement le bilan.

Le froid, les dents, le poids

  • Le froid, que cette fiche signalait déjà à juste titre. Poil ras, pas de sous-poil, pas de graisse superflue : ce n'est pas un chien qui vit dehors, et un manteau se justifie l'hiver pour les sorties longues.
  • Les dents. Un brossage régulier commencé chiot évite des extractions sur une race qui vit quatorze ans.
  • Le poids. Le pinscher allemand est un chien très actif qui s'empâte vite s'il ne se dépense pas assez. Voici comment faire maigrir son chien sans le carencer.

Trois pinschers, trois races distinctes

Comme pour les schnauzers, ne transposez pas ce que vous lisez d'une taille à l'autre. Le pinscher allemand, le pinscher nain et l'affenpinscher sont des races distinctes au sens de la nomenclature, et leurs profils de santé ne se recouvrent que partiellement.

Une précision qui revient souvent : le pinscher allemand n'est pas non plus un dobermann réduit. C'est l'inverse, historiquement : le pinscher allemand est la race ancienne, et il a servi à créer le dobermann à la fin du XIXe siècle.

Les deux questions à poser à l'éleveur

  1. Les résultats du bilan génétique des deux parents, quatre maladies pour un seul prélèvement.
  2. Les yeux et les hanches des reproducteurs ont-ils été examinés ?
Pinscher Allemand en pleine course
Illustration générée par intelligence artificielle

Côtés soucis de santé, il faut noter que le pinscher est sujet aux problèmes oculaires, tels que l’atrophie rétinienne, la cataracte, la luxation du cristallin ou encore la dystrophie cornéenne. De plus, les femelles rencontrent régulièrement des difficultés durant la mise bas. Il faut donc rester vigilant.

Un chien très énergique

Pour finir, il est important de noter que le pinscher allemand est un chien extrêmement vif, plein d’assurance et d’énergie. Son gabarit moyen est largement compensé par toute l’énergie qu’il a à revendre ! C’est un grand sportif, mais aussi un chien joueur. Si vous décidez d’adopter un compagnon de cette race, vous devrez donc lui accorder pas mal de temps. Il a en effet besoin de faire beaucoup d’exercice pour dépenser son énergie. L’idéal est de lui donner accès à un jardin et d’aller jouer avec lui.

Pinscher Allemand en promenade
Illustration générée par intelligence artificielle

Par ailleurs, un pinscher allemand n’est pas un chien d’extérieur – son pelage le rend vulnérable aux mauvaises conditions climatiques. Mais même s’il est tout à fait adapté à la vie en intérieur, il doit impérativement pouvoir se dépenser. À défaut de jardin, octroyez-lui alors des promenades longues et régulières. Par exemple, votre pinscher sera un partenaire idéal pour un jogging ou pour faire de l’agility canine !

Aussi, lorsque vous éduquez votre boule d’énergie, tenez compte de son caractère vif. Sachez également qu’il peut se montrer borné et désobéissant, tout en étant particulièrement intelligent. Une éducation ferme sera donc de mise.

Une bonne sociabilisation est indispensable

Pour finir, le pinscher allemand est un excellent chien de compagnie et de garde. Il est très fidèle et protecteur envers sa famille. Mais cette race a tendance à ne pas apprécier les inconnus et n’hésitera pas à aboyer pour le faire savoir.

Le mieux sera donc de sociabiliser votre chien dès son plus jeune âge, aussi bien avec des humains – adultes et enfants – qu’avec d’autres animaux. Cependant, attention avec les petits animaux de compagnie (type rongeurs) : n’oubliez pas que le pinscher est un ancien ratier !

Conclusion

Le pinscher allemand est donc un chien attachant, qui demande beaucoup d’attention. Ne vous fiez pas à son modeste gabarit : il est largement compensé par son énergie à toute épreuve !

Nos sources

  • Bilan génétique du pinscher allemand, Antagene (les 4 maladies génétiques testables : cystinurie, glycogénose de type Ia, maladie de von Willebrand, sensibilité médicamenteuse MDR1).
  • Cystinurie chez le chien, Genodog / Société centrale canine (mécanisme, formation des calculs, risque d'obstruction urétrale chez le mâle).

Crédit photo : jagodka - stock.adobe.com

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1 commentaire

Stéphanie · 7 novembre 2019 à 12:41

La description du Pinscher est assez fidèle à celui que j'ai à la maison :)