Un épillet est un petit épi sec de graminée, pointu et râpeux, qui s'accroche aux poils du chien puis peut percer la peau ou s'introduire dans une narine, une oreille, un œil, la bouche ou entre les orteils. Tant qu'il reste fixé au pelage, vous pouvez le retirer à la main ; dès qu'il a pénétré un orifice ou la peau, c'est une urgence vétérinaire, car il ne recule jamais et migre en profondeur, provoquant irritations, abcès et infections. Le risque court du printemps jusqu'à la fin de l'été, voire début octobre selon les régions, quand les épillets s'assèchent et se détachent : après chaque balade dans les hautes herbes, inspectez votre chien de la truffe à la queue. Les races à oreilles tombantes et à poils longs (cocker, basset hound, teckel, cavalier King Charles, setter) y sont particulièrement exposées, selon Santévet. Voici où se logent les épillets, les signes qui doivent alerter et la conduite à tenir.
Epillets : qu’est-ce que c’est exactement ?
Communément appelés spigaous, espigons, crébassats, espangassats ou voyageurs dans certaines régions, les épillets sont de petits épis qui renferment les graines des plantes graminées. Généralement, les épillets sont regroupés sous forme de plus gros épis (comme le blé) ou de grappes (l’avoine, notamment).
Un épillet est souvent allongé et tous ses éléments vont dans le même sens. Concrètement, il comporte une tige centrale – ayant une extrémité très pointue et piquante – sur laquelle sont fixées les graines et les enveloppes de protection (les glumes et les glumelles). Assez allongées et très pointues, ces dernières ont une texture râpeuse leur permettant de s’agripper facilement aux surfaces filamenteuses.
A l’état sauvage, les épillets sont surtout présents dans les champs et les hautes herbes. C’est à la fin du printemps et pendant l’été qu’ils sont plus dérangeants, puisqu’ils s’assèchent et se détachent facilement du reste de leur tige.
Epillets sur le chien : quels sont les risques ?
Particulièrement tenaces, les épillets s’accrochent aussi bien aux vêtements qu’aux poils des animaux. Comme expliqué, leur membrane râpeuse qui se fixe aux surfaces fibreuses. Il suffit donc de passer à côté pour qu’ils s’accrochent.
En complément, les extrémités piquantes de l’épillet réussissent à transpercer la peau et les tissus, ce qui lui permet donc de s’accrocher encore plus fermement. Cela peut également causer d’autres désagréments plus graves (irritations, infections, etc.).
Ainsi, l’épillet peut s’avérer très dangereux, surtout chez les chiens aux poils longs, frisés ou emmêlés. En effet, en plus de s’attacher au pelage, cette saleté peut aussi pénétrer sous la peau ou entrer dans une cavité (narine, oreille, etc.). Une fois à l’intérieur, l’épillet peut alors s’enfoncer plus profondément et causer de graves problèmes au toutou. Rappelez-vous : l’épi est allongé et très pointu, ce qui lui permet de se frayer un chemin facilement. Pour protéger votre chien, il faut donc être extrêmement vigilant !
Où se cachent les épillets sur les toutous ?
D’abord, les épillets peuvent s’accrocher aux poils. Après une sortie à la campagne, contrôlez donc l’ensemble du pelage de votre compagnon : dos, ventre, pattes, cou, queue, oreille, etc. Ne négligez aucun endroit ! Ce sera aussi l’occasion de vérifier la présence de parasites, comme des tiques.

Ensuite, un épillet peut aussi se glisser dans des orifices de votre chien :
Les narines : lors d’une balade, il est donc normal que votre toutou égare sa truffe un peu partout. Or, au milieu des hautes herbes, une forte inspiration peut faire entrer un épillet dans une narine. Dans cette situation, votre compagnon se mettra à éternuer violemment, à renifler excessivement, voire à saigner du nez.
Les oreilles : l’épillet s’infiltre fréquemment dans les oreilles, en s’accrochant d’abord aux poils qui les entourent. Une fois dedans, il poursuit tranquillement sa route dans le conduit auditif. Le chien ressent alors une gêne, qu’il manifeste en se grattant, en secouant ou penchant étrangement la tête et en refusant qu’on s’en approche. Et si l’oreille commence à couler, il faut consulter un vétérinaire en urgence.
Les yeux : un épillet qui entre en contact avec l’œil est extrêmement douloureux. Les pointes de l’épi et la texture des glumes rendent le moindre morceau très agressif et irritant. L’épillet peut même se glisser sous la troisième paupière (appelée « corps clignotant ») et abîmer rapidement la cornée. Si votre compagnon peine à ouvrir un œil, ou s’il cligne frénétiquement des yeux, pleure, se gratte ou se frotte excessivement le visage, soyez à l’affût ; un épillet peut en être la cause !
La bouche : les chiens ont tendance à manger de l’herbe ou d’autres végétaux. Mais lorsqu’ils ingèrent un épillet, celui-ci peut se coincer dans la gencive ou entre deux dents, voire se fixer aux amygdales. Et s’ils traversent la muqueuse, ils peuvent causer des abcès dans diverses parties du visage.
Les voies génitales et l’anus : grâce à leur forme et à leur texture, les épillets peuvent aisément se faufiler dans les orifices anaux et génitaux, aussi bien chez les mâles que les femelles. Des infections peuvent alors se développer très rapidement.
Sous la peau : un épillet peut percer la peau à n’importe quel endroit, surtout s’il est orienté par les poils. Mais le plus souvent, il pénètre plutôt par des zones plus fragiles, telles que le dessous des pattes ou entre les orteils. Le toutou se lèche alors abondamment à l’emplacement où l’épillet est entré, et un petit abcès peut même se former.
Bien plus rarement, les épillets peuvent être vicieux au point de s’infiltrer encore plus profondément dans le corps du chien. Aussi, il est même possible d’en trouver dans les poumons, les reins ou l’abdomen. Evidemment, ces cas sont très rares, mais ils illustrent parfaitement le danger que peut représenter un épillet !
Comment se débarrasser d’un épillet ?
Si l’épillet est uniquement fixé au pelage, vous pouvez le retirer à la main. Pour ne pas vous piquer, vous pouvez porter des gants ou utiliser une pince à épiler.
Dans les autres cas, il est préférable d’emmener votre compagnon chez le vétérinaire sans perdre de temps. Il retirera alors l’épillet en toute sécurité :
S’il n’est pas logé profondément, le vétérinaire pourra l’extraire simplement avec une pince. Néanmoins, une sédation sera peut-être utile.
S’il est trop ancré dans l’orifice ou sous la peau, une chirurgie sera nécessaire. Selon les situations, le vétérinaire pourra même faire une échographie pour bien repérer l’épillet.
Ensuite, votre toutou aura certainement quelques médicaments, afin d’enrailler une éventuelle infection.
Combien coûte le retrait d’un épillet chez le vétérinaire ?
Le tarif dépend de la profondeur de l’épillet. D’après Santévet, comptez 50 à 150 € pour une extraction simple sous sédation légère, 200 à 500 € si des examens complémentaires (échographie, endoscopie) sont nécessaires, et plus de 1 000 € pour les cas complexes nécessitant une chirurgie approfondie. Une assurance santé pour chien peut couvrir une bonne partie de ces frais : voir notre article sur comment payer moins cher ses frais vétérinaires.
Épillet qui migre : quelles complications graves ?
Dans une minorité de cas, un épillet non détecté continue sa progression à l’intérieur du corps au lieu de rester localisé. D’après l’hôpital vétérinaire FREGIS, sa forme pointue et ses barbes orientées vers l’arrière l’empêchent de reculer : il ne peut qu’avancer, parfois jusqu’au thorax ou à l’abdomen. Les complications possibles vont de l’otite avec perforation du tympan aux fistules cutanées récidivantes, jusqu’à des atteintes plus graves comme un pneumothorax, une pleurésie ou un abcès pulmonaire pouvant nécessiter l’ablation chirurgicale d’une partie du poumon. Ces migrations profondes restent rares : une synthèse de la littérature vétérinaire (Caivano et al., 2023) confirme qu’elles concernent une minorité de cas documentés, la majorité des épillets étant retirés sans complication. Elles justifient malgré tout de ne jamais relâcher la surveillance après une balade dans les hautes herbes, et de consulter sans délai au moindre doute.
Comment prévenir les épillets chez son chien ?
La prévention reste le meilleur réflexe pendant la saison à risque. Selon Santévet, il est recommandé de :
- Tondre les zones les plus exposées (oreilles, coussinets, franges des pattes) chez les races à poils longs, avant chaque saison à risque
- Brosser régulièrement le pelage pour éviter les nœuds où les épillets s’accrochent facilement
- Éliminer les épillets présents dans le jardin ou le long des chemins de promenade habituels
- Tenir le chien en laisse dans les zones de hautes herbes sèches et éviter de le laisser y courir librement
- Inspecter systématiquement le chien après chaque sortie, y compris entre les coussinets et dans les oreilles
Conclusion
Les épillets sont donc de petits végétaux qui peuvent facilement s’accrocher aux poils et se glisser sous la peau ou dans les orifices de votre chien. Après une promenade dans une zone comportant des épillets, vérifiez bien que votre compagnon n’en a pas attrapé. Et le cas échéant, conduisez-le rapidement chez le vétérinaire !
A lire aussi : Les soins vétérinaires d'urgence chez le chien (les bons gestes) et les tiques chez le chien, un autre risque fréquent des balades dans la végétation.
Crédit/Photo : par Jo Wiggijo de Pixabay






2 commentaires
Laffargue · 30 avril 2017 à 18:07
Bonsoir,
Pouvez vous m'expliquer pourquoi mon petit Coton se frotte le long du bas du canapé, et donne des accoups avec son arrière train.
Pas évident d 'expliquer, désolée
Bonne soirée Merci de me renseigner
Amicalement
Edith
Corinne Vincent · 1 mai 2017 à 13:51
Bonjour,
Ça lui fait simplement plaisir de se gratter le dos et le train arrière, il peut aussi chercher à se débarrasser de choses qui le gênent dans son poil comme des petites miettes de nourriture dans les moustaches. Masser son chien ou le gratter lui fait plaisir.
Cordialement.