🐾 Race de chien

Leonberg : adorable et proche de ses maîtres

Molosse allemand né en 1846 à Leonberg d'un croisement entre Terre-Neuve, Saint-Bernard et chiens de montagne, le leonberg est un géant de 65 à 80 cm au garrot qui peut dépasser 70 kg. Derrière sa crinière de lion se cache un chien calme, patient et très attaché à ses maîtres, excellent avec les enfants, qui se contente d'un petit jardin pourvu qu'il vive au contact des siens. Son espérance de vie reste courte, 8 à 9 ans, et sa santé mérite une vraie vigilance avant l'adoption. Ci-après, vous trouvez de plus amples renseignements qui vous aideront à mieux comprendre cette race.

Les caractéristiques du Leonberg

Lorsqu'il est adulte, il paraît "géant" et/ou immense. Cela n'enlève rien à sa musculature bien présente, ainsi qu'à son élégance provenant de ses formes parfaitement bien proportionnées. Sa tête est composée d'un crâne assez large, mais non volumineux. Contrairement à certains chiens de grande taille, aucune ride ne se voit sur son visage. Son museau n'est pas pointu du tout, son regard est profond, rempli d'expression, du fait de sa couleur noisette ou brun foncé.

Leonberg assis dans la neige devant des montagnes

Les oreilles et la queue sont portées hautes. Concernant les oreilles, elles retombent sur les côtés de la tête, la queue, quant à elle, est tombante naturellement. Son dos musclé est soutenu par des membres robustes, bien d'aplomb et forts. Son ossature est très solide. Le leonberger possède un poil mi-doux mi-rugueux.

En revanche, sa magnifique crinière lui donne une allure "craquante". On aurait tendance à le surnommer "lion", tant pour les couleurs de son pelage que pour sa taille, son poids et la "fourrure" sur son cou. Côté gabarit, le mâle mesure 72 à 80 cm au garrot pour 48 à 75 kg, la femelle 65 à 75 cm pour 40 à 60 kg.

Origine

Plusieurs hypothèses sont données. Néanmoins, celle qui ressort le plus souvent est l'histoire d'Henrig Essig de Leonberger qui aurait "transmis" son nom à la nouvelle race qu'il a "confectionné".

Leonberg debout dans un champ de fleurs jaunes

En effet, c'est en croisant des Terre-Neuve avec des Saint-Bernard et des Chiens de montagne que naquit le leonberger avec toutes les caractéristiques citées ci-dessus. Cette superbe boule de poils aurait donc vu le jour en 1846, date récente par rapport à certaines races beaucoup plus anciennes.

Caractère de ce chien de race

Le leonberger est connu et reconnu pour son calme et sa patience. C'est un excellent chien de famille, patient avec les enfants. Cela ne dispense pas de la règle habituelle : on ne laisse jamais un jeune enfant seul avec un chien, et un léonberg de 70 kg peut bousculer sans la moindre intention de nuire. Ses capacités de chien de garde sont de mise, vous pouvez laisser votre domicile tout seul, vous le retrouverez intact, que ce soit pas la non-venue d'étrangers que par la bonne tenue de votre canin.

Leonberg couché dans l'herbe près d'une bordure de jardin

Son tempérament vif peut le rendre dangereux si un danger venait à se présenter. Affectueux et joueur, il faut savoir que ce chien vous suit partout. Il aime la compagnie de ses maîtres. Il aime les câlins, il obéit, on aurait tendance à le prendre pour une peluche. Contrairement aux idées que l'on pourrait se faire au vu de sa taille, le leonberger ne demande pas beaucoup de place. Il reste avec ses maîtres, il n'aime pas s'en éloigner. Il n'est pas fugueur du tout et n'apprécie pas vraiment les voyages. En tout état de cause, il vous aime "vous".

Conditions de vie du Leonberg

Il est dit que le leonberger mange beaucoup. On pourrait bien le croire, au regard de sa corpulence. Or, adulte, il mange normalement, sans excès. Petit, une simple gamelle lui suffit, à partir du moment où elle est mise à sa disposition. Il ne faut pas qu'il se sente rationné ou privé de nourriture.

Leonberg couché dans la neige, vue de profil avec masque noir

Côté espace, il est inutile d'avoir un terrain de trois hectares. Un petit jardin est amplement suffisant, puisque votre protégé reste à vos côtés. A partir du moment où il peut un peu courir et jouer, c'est tout ce qu'il demande !

La santé du léonberg

Cette fiche affirmait qu'« au cours de son existence, il ne vous posera pas de problèmes particuliers quant à sa santé », que le seul inconvénient concerne la mise bas, et qu'« en dehors de cela, tout va bien ». C'est faux, et sur cette race c'est particulièrement trompeur : le léonberg est l'une des races les plus exposées au cancer des os de toute l'espèce canine.

Commençons par ce qui est vrai : son pelage épais lui fait mal supporter les grosses chaleurs, il a besoin d'ombre l'été, et les femelles connaissent effectivement des mises bas difficiles. Le reste est à réécrire.

Une vie courte, et le cancer au bout

Le léonberg vit 8 à 9 ans, pas onze comme l'annonçait cette fiche. C'est une longévité très courte, même pour un géant, et la première cause de décès est le cancer.

L'ostéosarcome, le cancer des os, occupe une place à part. L'étude VetCompass menée sur la population vétérinaire britannique (O'Neill et coll., Canine Medicine and Genetics, 2023) place le léonberg parmi les toutes premières races touchées :

  • une prévalence annuelle de 1,48 % ;
  • un risque 55,8 fois supérieur à celui des chiens croisés.

Pour donner l'échelle : le rottweiler, que l'on cite habituellement comme la race du cancer des os, est à 26,7 fois. Le léonberg est deux fois au-dessus.

Ce que cela change au quotidien : une boiterie qui s'installe chez un léonberg, surtout sur un membre antérieur, sans traumatisme identifié et qui ne cède pas aux anti-inflammatoires, n'est pas « de l'arthrose de vieux chien » tant qu'une radiographie ne l'a pas dit. C'est le seul endroit où le maître peut gagner du temps, et sur cette tumeur le temps compte.

Les polyneuropathies, et ce qu'un test peut vraiment vous dire

Le léonberg a donné son nom à deux maladies neurologiques héréditaires, la polyneuropathie du léonberg de type 1 et de type 2. Les nerfs périphériques se dégradent : la démarche devient chancelante à l'arrière, le chien s'épuise vite, la voix change parfois, et l'évolution va vers la paralysie.

  • LPN1, liée au gène ARHGEF10. Forme précoce et sévère, elle se déclare entre 2 et 4 ans et progresse vite.
  • LPN2, liée au gène GJA9, identifiée plus récemment (Ekenstedt et coll., BMC Genomics, 2017). Le dépistage de population sur plus de 7 000 léonbergs indique qu'environ 6 % sont atteints ou à risque.

Les deux se dépistent par test ADN, et il faut évidemment demander le statut des reproducteurs. Mais voici le point que les élevages passent volontiers sous silence, et qui est pourtant décisif : sur 528 léonbergs atteints de polyneuropathie étudiés, LPN1 en expliquait 11 % et LPN2 environ 21 %. Autrement dit, les deux tests réunis n'expliquent qu'environ un tiers des cas.

Deux parents testés indemnes LPN1 et LPN2, c'est donc un vrai progrès, mais ce n'est pas une garantie que le chiot ne développera jamais de polyneuropathie. Un éleveur qui vous présente ces certificats comme une assurance tous risques dit plus qu'il ne sait. Un éleveur qui vous explique spontanément cette limite connaît sa race.

Les risques du gabarit

  • La dilatation-torsion de l'estomac. Un géant à poitrine profonde cumule les deux facteurs. L'estomac se distend et se retourne, cesse d'être irrigué, et le chien part en état de choc. Les signes : agitation, efforts de vomissement qui ne produisent rien, abdomen qui gonfle, muqueuses pâles. On part aux urgences le soir même. Voyez notre article sur le retournement de l'estomac, et parlez de la gastropexie préventive à votre vétérinaire : elle se pratique par cœlioscopie et peut se combiner à une stérilisation.
  • La dysplasie de la hanche et du coude. Inévitable sujet à ce poids. Le dépistage radiographique officiel se fait après 12 mois, sous sédation, et les résultats des deux parents doivent vous être montrés. Voir notre article sur la dysplasie de la hanche chez le chien.
  • La croissance. Un chiot léonberg prend plusieurs dizaines de kilos en un an. Escaliers, sauts et longues marches forcées sont à limiter tant que la croissance n'est pas terminée : ce qu'on gagne en promenade à huit mois se paie en arthrose à six ans.
  • Les paupières et les oreilles. Comme chez beaucoup de géants, les paupières lâches exposent à l'entropion et à l'ectropion. Les oreilles tombantes et le sous-poil dense demandent un séchage soigneux après chaque baignade.

Les questions à poser à l'éleveur

  1. Les statuts LPN1 et LPN2 des deux parents, et sa réaction quand vous demandez ce que ces tests ne couvrent pas.
  2. Les cotations de dysplasie, hanches et coudes, des deux parents.
  3. L'âge et la cause du décès des ascendants. Sur une race à 8-9 ans d'espérance de vie et à cancer dominant, c'est l'information la plus utile qu'un élevage puisse donner, et celle qui distingue le mieux ceux qui suivent leurs chiens de ceux qui les vendent.
Leonberg de profil, bouche entrouverte et pelage fauve avec masque facial noir
Photo : Pleple2000, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Dressage

Ne croyez pas que le leonberger soit difficile à dresser. Bien au contraire, il se montre très obéissant et très intelligent. De ce fait, vous n'aurez pas de difficultés majeures à lui faire comprendre et admettre les ordres que vous lui donnez. Docile, vous pourrez le dresser avec facilité, d'autant qu'il ne demande pas un maître unique. Ainsi, toute la famille pourra participer pour ensuite le chouchouter.

Leonberg marchant sur un chemin de gravier
Photo : t f, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Conseils

Le leonberger est peu connu dans l'Hexagone. Les difficultés d'élevage rencontrées font de lui un chien rare. Si vous en possédez un, gardez-le précieusement, sans pour autant le couver de manière démesurée. Votre animal de compagnie saura vous rendre cet amour de façon inconditionnée !

Nos sources

Crédit photo : Dogs - stock.adobe.com

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