🐾 Santé du chien

Mon chien est constipé : causes et solutions

Votre chien s'accroupit, pousse, et rien ne vient. Le réflexe est presque toujours le même : chercher un remède maison. C'est précisément là que se joue le risque, car plusieurs des conseils les plus diffusés sur le web francophone peuvent aggraver la situation, et deux d'entre eux ont tué des chiens.

Cet article explique quand s'inquiéter, ce qui provoque réellement une constipation, et surtout ce qu'il ne faut pas tenter avant d'avoir un diagnostic.

Le piège le plus dangereux. Un chien qui pousse sans résultat n'est pas forcément constipé. Il peut être en train de faire une obstruction urinaire, qui met sa vie en jeu en quelques heures. Vus de l'extérieur, les deux efforts sont identiques. Si vous n'êtes pas certain que votre chien urine normalement, considérez la situation comme une urgence.

La constipation n'est pas une maladie

C'est un signe clinique, au même titre que la fièvre. Elle traduit toujours autre chose, et c'est cette cause qu'il faut identifier. Le vocabulaire vétérinaire distingue plusieurs situations :

  • Constipation : défécation rare ou difficile, avec des selles sèches et dures.
  • Obstipation : constipation rebelle, avec impossibilité d'évacuer. La masse fécale peut remonter du rectum jusqu'à la jonction avec l'intestin grêle.
  • Mégacôlon : dilatation du gros intestin avec perte de motricité. Fréquent chez le chat, nettement plus rare chez le chien.
  • Ténesme : efforts répétés et improductifs pour déféquer.

À partir de quand faut-il s'inquiéter

La plupart des chiens produisent des selles au moins une fois par jour, souvent en lien avec les repas. Passer 12 à 24 heures sans selles n'a en soi rien d'alarmant.

Le repère pratique retenu par les cliniques vétérinaires est de 48 à 72 heures sans défécation pour consulter. Il faut savoir que ce seuil est une convention clinique et non un critère issu d'une étude : les manuels professionnels ne donnent aucune valeur horaire, et le diagnostic repose sur l'examen et la palpation, pas sur le chronomètre.

Surtout, ce délai ne compte plus dès qu'un signe d'alarme apparaît.

Les signes qui imposent une consultation sans attendre

  • Des vomissements associés à l'absence de selles. C'est la présentation typique d'un corps étranger.
  • Une suspicion d'ingestion d'objet : jouet, ficelle, laine, os.
  • Un abattement marqué, de la fièvre, un refus de manger.
  • Un ventre tendu et douloureux. Le chien crie ou grogne quand on appuie sur l'abdomen ou les reins.
  • Du sang ou du mucus dans les selles.
  • Une distension abdominale d'apparition rapide.
  • Un chiot de moins de six mois.
  • Un doute sur le fait que le chien urine.

Ce qui provoque réellement une constipation

Les manuels vétérinaires classent les causes en trois familles, et précisent que l'obstruction à l'intérieur du tube digestif est la plus fréquente.

Ce qui bouche de l'intérieur

Chez le chien, la cause la plus courante est l'ingestion de matières irritantes ou non digestibles : os, végétaux, poils avalés au léchage. Mêlées à des selles insuffisamment hydratées, elles forment une masse compacte. La déshydratation est ici le facteur aggravant central : elle rend les selles sèches et dures.

Ce qui comprime de l'extérieur

Un bassin rétréci après une fracture mal consolidée, des ganglions augmentés de volume, ou une prostate hypertrophiée chez le mâle entier. Le signe évocateur d'une compression n'est pas tant la constipation franche que des selles aplaties, en ruban.

Une précision s'impose ici, car le web francophone présente souvent l'hypertrophie prostatique comme une grande cause de constipation. La lésion est effectivement très fréquente chez le mâle entier vieillissant, mais elle reste le plus souvent sans symptôme. Les taux de prévalence élevés que l'on voit circuler décrivent la prostate, pas la constipation.

Les causes internes

Mégacôlon, hypothyroïdie, atteintes de la moelle ou des nerfs du bassin, troubles ioniques comme un potassium bas ou un calcium élevé.

La douleur, cause très sous-estimée

Un chien qui souffre des hanches, des genoux ou du dos a du mal à prendre la position pour déféquer. Il se retient, et le cercle vicieux s'installe. Chez le chien âgé, l'arthrose est une cause de constipation bien plus fréquente qu'on ne le croit. Il en va de même pour les douleurs de la région anale : glandes anales enflammées, fistules, abcès.

Les médicaments

Opiacés, diurétiques, antihistaminiques, anticholinergiques, sucralfate, hydroxyde d'aluminium, bromure de potassium, inhibiteurs calciques. Et un effet contre-intuitif à connaître : l'usage prolongé de laxatifs finit par provoquer la constipation, et peut endommager le système nerveux de la paroi intestinale.

Les remèdes maison à ne pas tenter

C'est la partie la plus importante de cet article.

Les lavements phosphatés, un danger mortel documenté

Les lavements de type Fleet, à base de phosphate de sodium, provoquent chez l'animal des désordres ioniques graves : hyperphosphatémie, hypocalcémie, hypernatrémie. Une revue des cas enregistrés par le centre antipoison animal américain entre 2003 et 2014 recense 9 chiens intoxiqués par ce seul produit : deux sont morts, un a été euthanasié.

Détail qui compte : quatre de ces neuf chiens pesaient plus de 10 kilos. Ce n'est donc pas un risque réservé aux petits gabarits. Les signes surviennent dans les 30 à 60 minutes et le scénario le plus dangereux est justement celui du chien constipé qui ne parvient pas à évacuer le lavement.

Une précision utile, car la confusion est fréquente : les micro-lavements vendus en pharmacie française de type Microlax ne contiennent pas de phosphate. Leur formule associe sorbitol, citrate de sodium et laurilsulfoacétate de sodium, et cette composition figure parmi celles que les manuels vétérinaires citent comme utilisables. Cela ne signifie pas qu'il faille en administrer de sa propre initiative : la contre-indication reste la même, tant qu'une obstruction n'a pas été écartée.

L'huile de paraffine par voie orale

Ce conseil est très répandu en France, avec des posologies précises, y compris sur des sites de cliniques vétérinaires. La littérature vétérinaire de référence est pourtant nettement plus réservée : le manuel MSD indique que son usage doit être limité à la voie rectale en raison du risque de pneumonie par fausse route, et certains internistes déconseillent formellement la voie orale.

Le mécanisme explique la prudence : l'huile de paraffine est quasiment sans goût, elle ne déclenche donc ni le réflexe de déglutition ni le réflexe de toux. Elle peut passer dans les poumons sans que l'animal réagisse, et y provoquer une pneumonie lipidique. Le risque est maximal chez un chien nauséeux ou qui vomit, c'est-à-dire précisément celui que l'on croit constipé alors qu'il fait une obstruction.

Nous ne tranchons pas ce débat ici. Retenez simplement que ce geste n'est pas anodin et qu'il relève d'une prescription vétérinaire, pas de l'initiative personnelle.

La citrouille et les fibres, à contretemps

C'est le conseil le plus donné, et personne ne mentionne sa condition d'emploi. Les fibres agissent en retenant l'eau : si le chien est déshydraté, elles aggravent l'impaction au lieu de la soulager. Trois sources vétérinaires professionnelles indépendantes le disent explicitement, et les manuels précisent que l'animal doit être correctement hydraté avant toute supplémentation en fibres.

Or un chien constipé est très souvent déshydraté. C'est même le mécanisme initial dans la majorité des cas.

Les laxatifs stimulants et les accélérateurs de transit

Ils sont contre-indiqués tant qu'une obstruction n'a pas été écartée. Stimuler les contractions intestinales contre un obstacle mécanique, c'est le mécanisme même de la perforation. Les laxatifs sont par ailleurs à éviter chez un animal déshydraté, qu'ils déshydratent davantage.

En résumé

  • Ne donnez pas d'huile de paraffine par la bouche de votre propre initiative.
  • N'utilisez jamais de lavement phosphaté.
  • N'administrez aucun lavement sans avis, quel qu'il soit.
  • Ne donnez pas de fibres ni de citrouille à un chien qui pourrait être déshydraté.
  • N'appuyez pas sur l'abdomen pour porter ou soulever le chien.
  • Ne donnez aucun médicament humain sans prescription.

Deux pièges de diagnostic qui peuvent coûter la vie

La fausse diarrhée

Une masse de selles bloquée irrite la muqueuse, qui sécrète du liquide et du mucus. Ce liquide contourne le bouchon et ressort lors des efforts. Le propriétaire voit de la diarrhée, alors que le chien est en réalité obstipé. Donner un antidiarrhéique dans cette situation revient exactement à l'inverse de ce qu'il faudrait faire.

L'obstruction urinaire

C'est le piège évoqué en ouverture, et les urgentistes vétérinaires insistent : la plupart des propriétaires croient leur animal constipé quand ils le voient pousser. Or un blocage de l'urètre produit exactement les mêmes efforts, et il s'agit d'une urgence vitale. Avant toute chose, assurez-vous que votre chien urine.

Un cas plus rare mais réel

Un chien qui ne mange pas assez ne produit tout simplement pas de selles. Cette situation se rencontre en cas d'anorexie, de régime trop restrictif, ou chez un animal récupéré en mauvais état.

Quand la constipation devient une obstruction

L'obstruction digestive par corps étranger est une urgence chirurgicale fréquente. Point important pour la reconnaître : elle ne se manifeste généralement pas par une absence de selles, mais par des vomissements, une perte d'appétit, une douleur abdominale et parfois de la diarrhée.

Sans prise en charge, elle évolue vers la nécrose de la paroi, la fuite du contenu intestinal dans l'abdomen, une péritonite et un sepsis. Les corps étrangers linéaires, comme une ficelle, sont les plus dangereux. Une obstruction complète impose une chirurgie immédiate ; une obstruction partielle doit être opérée dans les douze heures suivant le diagnostic.

À l'inverse, un objet qui a atteint le côlon est en général évacué normalement avec les selles.

Ce que fait le vétérinaire

L'examen comprend une palpation abdominale et un toucher rectal, parfois sous sédation, qui évalue la prostate, les ganglions, la présence d'une hernie périnéale ou d'une masse. S'y ajoutent un examen neurologique et un examen orthopédique, pour rechercher une douleur qui empêcherait le chien de se positionner.

Les radiographies abdominales précisent la sévérité et la nature du contenu, et révèlent une éventuelle cause osseuse ou prostatique. En cas de constipation chronique, un bilan sanguin est réalisé, incluant un dosage de la thyroïde.

Le traitement suit une logique qu'il est utile de comprendre : on réhydrate avant de débloquer. Un chien sévèrement constipé doit d'abord voir sa déshydratation et ses désordres ioniques corrigés. Les lavements sont administrés lentement, à l'eau tiède, sous sédation, avec une sonde souple. Si une extraction manuelle est nécessaire, elle se fait sous anesthésie avec une sonde dans la trachée, pour éviter une fausse route si la manipulation déclenche des vomissements. Il faut parfois s'y reprendre à deux ou trois fois sur plusieurs jours, afin de ne pas traumatiser la paroi intestinale.

Ces précautions expliquent pourquoi ces gestes ne sont pas transposables à la maison.

Prévenir

  • De l'eau en permanence. C'est le levier principal, la déshydratation étant le mécanisme initial le plus fréquent.
  • Des occasions fréquentes de se soulager. Un chien qui se retient trop longtemps finit par avoir des selles trop sèches.
  • De l'exercice régulier, qui accélère le transit dans le côlon.
  • Limiter les os, cause la plus courante chez le chien.
  • Un brossage régulier, surtout chez les chiens à poil long ou qui se lèchent beaucoup, pour réduire les poils avalés.
  • Corriger le surpoids, qui diminue l'efficacité des contractions du côlon.
  • Des fibres si nécessaire, mais uniquement chez un chien bien hydraté, et de préférence sur conseil vétérinaire.
  • Discuter de la castration chez le mâle entier âgé en cas de troubles prostatiques avérés.

Si vous hésitez à consulter, notre article sur les signaux qui doivent vous conduire chez le vétérinaire vous aidera à décider.

Sources

Cet article a une vocation d'information et ne remplace pas une consultation. En cas de doute, et en particulier si vous n'êtes pas certain que votre chien urine, contactez votre vétérinaire sans attendre.

Cet article vous a été utile ?

Donnez-lui une note : c'est anonyme, ça prend deux secondes, et ça aide les autres maîtres à s'y retrouver 🐾

Note : 3.7/5 (12 votes)

Cet article vous a plu ? Partagez-le 🐾

3 commentaires

Gilbert · 6 mai 2019 à 01:20

Bonsoir mon chien vient d'avaler une eiguille que doit je faire???

gouttiere · 3 février 2021 à 02:39

Bonjour
J ai adopté un ptit chiwawa
En jouer avec mon bichon il a mordu a plusieur reorise
Ca a causser des abcès au bichon
Depuis quand je dois aller travailler je met le chiot en cage
Pouvez vous me dire quoi faire pour éviter que le bichon ne ce fasse plus mordre
Merci de me repondre

Oceane · 16 mai 2021 à 19:27

Bonjour j'ai besoin d'aide j'ai était voir un véto a l'ancienne si je peut dire qui n'est pas pour l'argent car ma chienne était dehors car problème se cristaux dans les urines donc elle a eu un diurétique pour uriner plus de ce fait en attendant elle était dans le garage et dehors mais elle a manger des cailloux sans qu'on s'en appercoivent je l'ai peser a la maison elle a un peu moins de 1 kilos dans le ventre il n'a rien donner en disant que ça partirai seul demain j appel mon vétérinaire habituel mais en attendant j'aimerai qu'on me face une idée de ce qui pourrai ce passer