Si vous pensiez jusque là que votre chien ne risquait rien en promenade, voici un article qui vous fera changer d’avis ! L’été arrive à grand pas avec le soleil, la chaleur et la végétation verdoyante. Que demander de plus pour être heureux en balade avec son chien ! Tout cela serait idyllique pourvu que certains insectes ne viennent pas gâcher le tableau… Pour votre bien et celui de votre chien, soyez vigilants aux chenilles processionnaires qui ont déjà fait leur apparition !

Pô-Line & Habby du blog Unamourdechien.com vous éclairent sur ces petites bêtes poilues méconnues !

LA CHENILLE PROCESSIONNAIRE « DU PIN »

C’est pour leur mode de déplacement en file indienne qu’elles sont nommées ainsi. En France, on en distingue deux types: celles dites « du pin » et celles « du chêne ». Elles appartiennent à la famille des Lépidoptères. La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa.

Certaines espèces de pin sont privilégiées par ces papillons. Si vous avez dans votre jardin :un pin noir d’Autriche

  • un laricio de Corse
  • un Salzman
  • un pin de Monterey
  • un pin maritime
  • un pin sylvestre
  • un pin d’Alep
  • un cèdre (dans une moindre mesure)

alors sachez que vous figurez parmi les plus beaux emplacements pour ces insectes !

Les femelles pondent entre 150 à 320 œufs, qu’elles disposent soigneusement en rangées le long des aiguilles de pin. Elles les enrobent ensuite en formant un manchon gris argenté de 2 à 5 cm, recouvert d’écailles. L’éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte : de fin juillet à fin septembre. C’est le début de la phase « aérienne ».

On va ensuite décompter cinq stades larvaires, nommés L1 à L5, qui vont se différencier par la quantité de soie (poils), la taille de la chenille, et enfin le volume de la tête. Pendant ces cinq stades, les chenilles issues d’une même ponte vont rester groupées.

Dès le stade L1, les chenilles vont construire un « pré-nid ». La nuit, elles en sortent et se déplacent en procession pour trouver de la nourriture. Elles mangent les limbes (parties larges des aiguilles) de pin sur lesquelles elles vivent. Au début, ces nids peuvent passer totalement inaperçus. Seules des touffes d’aiguilles jaunies peuvent donner un indice sur la présence de chenilles. Lorsque l’endroit ne contient plus suffisamment de nourriture, elles grimpent plus haut dans l’arbre, en procession de plusieurs centaines de chenilles (file indienne) et recréé un nouveau nid. Les chenilles utilisent leur soie comme fil d’Ariane afin de toujours retrouver leur chemin.

nid_pin

A chaque fin de stade larvaire, ces insectes vont entrer dans une période de mue et cesser de s’alimenter. La vitesse de développement des chenilles est tributaire de la région et de la température : c’est-à-dire qu’elles grandissent moins vite lorsqu’on monte vers le Nord ou en altitude.chenille_pin_INRA

 

A l’arrivée des grands froids, elles entrent alors dans leur « phase souterraine ». Les chenilles construisent un nid d’hiver pour procéder à la nymphose. A cette période, la chenille va se transformer en chrysalide. Les larves descendent de l’arbre et cherchent alors un terrain pour s’y retrancher au chaud. Elles creusent à une profondeur de 5 à 20 cm sous terre.

LA CHENILLE PROCESSIONNAIRE « DU CHÊNE »

nid_chene

La chenille processionnaire du chêne est la larve d’un autre papillon de nuit, le Thaumetopoea processionea.

Les femelles pondent cette fois sur de fines branches, en plaques de quelques centimètres de large et au sommet d’arbres bien dégagés. Ils éclosent au printemps, avant l’apparition des bourgeons. De là découlent six stades larvaires différents sur deux à trois mois, soit un de plus que les chenilles processionnaires du pin.

Elles se nourrissent également la nuit. La journée, elles stagnent sur les feuilles et les rameaux et tissent des nids soyeux entre chaque période de mue. Au dernier stade larvaire, elles tissent un nid plus solide, plaqué sur le tronc des arbres. Il peut atteindre un mètre de diamètre voire plus. Elles vont s’y emmitoufler jusqu’à prendre la forme de chrysalide puis se transformer en papillon, quarante jours plus tard.

chenille_chene_INRA

LE DANGER ET SES SYMPTÔMES

Outre l’aspect inesthétique des arbres atteints par ces colonies d’insectes, la présence de chenilles processionnaires représente un problème de santé publique. A l’instar des tiques, dans les parcs et jardins, les humains (notamment les enfants) ainsi que les animaux peuvent subir des désagréments majeurs.

La capacité urticaire de ces chenilles apparaît au troisième stade larvaire (L3). Les chenilles qui se sentent menacées ou inquiétées vont alors perdre leurs poils microscopiques soyeux. Ces poils vont se disperser dans l’air. Ils sont constitués de petits harpons qui vont venir se ficher dans la peau, sur les muqueuses ou sur toutes les zones naturellement humides comme les yeux. Par frottement, le petit canal intérieur va se casser et libérer une toxine : la thaumatopoéine. Ces barbilles sont extrêmement urticantes et peuvent rester dans les nids plusieurs mois voire plusieurs années après la disparition des chenilles !

Au cours de la promenade, votre chien aime renifler les odeurs et explorer le territoire. Les chiots et les chiens les plus âgés sont les plus exposés car les moins méfiants. Il découvre alors un long ruban mobile de petits animaux. Immanquablement, sa curiosité va être attirée et le chien va y mettre la truffe…hélas la tentation d’y goûter peut arriver ensuite.

S’il y a contact avec la langue, le chien se mettra à baver frénétiquement. Presque immédiatement, sa langue va gonfler et changer de couleur, passant du rouge au noir. Les poils des chenilles peuvent entraîner de sévères lésions jusqu’à parfois la nécrose d’une partie de la langue.

Pire, si le chien a ingéré une chenille, l’œsophage et l’estomac peuvent également être touchés.

Le vétérinaire administrera en principe des corticoïdes et des antalgiques. Ces accidents sont rarement mortels mais ils n’en restent pas moins extrêmement spectaculaires et douloureux pour les chiens (comme pour les hommes!).
En tant qu’humain, il se peut que vous ne soyez pas non plus épargnés. En fonction de votre degré de sensibilité, voici les symptômes que nous pouvons déplorer à ce jour :

Plaques rouges, cloques, démangeaisons intenses et sensations de brûlures, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours,
Paupières rouges et enflées, atteinte du globe oculaire
Allergies violentes pour les personnes présentant des difficultés respiratoires
Chocs anaphylactiques dans les cas graves

A l’instar des chiens, les enfants et les bébés très curieux sont les plus vulnérables.

LES MOYENS DE LUTTE CONTRE LES CHENILLES PROCESSIONNAIRES

Si vous subissez près de chez vous une infestation de chenilles, il convient au préalable de bien se renseigner sur le cycle biologique de ces insectes : une intervention lorsque les chenilles sont aux premiers stades larvaires sera beaucoup plus efficace car elles sont plus vulnérables.

Les réponses au problème sont variées :

– traitements phytosanitaires biologiques ou chimiques (très réglementés)
– lutte mécanique par destruction des nids (nécessitant une protection intégrale)
– piégeage par confusion sexuelle
– lutte biologique (insertion de prédateurs naturels)

Pour le bien de tous, y compris celui des insectes pollinisateurs, la lutte naturelle est à privilégier. Les chercheurs de l’INRA explique que l’objectif n’est pas d’éradiquer l’espèce mais bien de la contenir, en limitant sa pullulation. Une de leurs pistes privilégiées actuellement en cours d’expérimentation consiste à installer des nichoirs à mésanges dans les endroits sensibles. Cet oiseau est capable d’avaler près de quarante chenilles par jour !

La plantation de bouleaux serait également à l’essai. Ces arbres, plantés en haies, émettraient une odeur répulsive pour ces animaux et les empêcheraient d’arriver jusqu’aux pins.

CONCLUSION

Vous l’aurez compris, les chenilles processionnaires du pin ou du chêne sont une véritable menace pour nos amis à quatre pattes et nous-mêmes. Présentes en grande quantité dans certaines régions (cf. cartes), la prudence est de mise lorsque vous possédez les essences d’arbres dans lesquelles elles nichent ou lorsque vous partez en balade. La facilité avec laquelle leurs poils urticants se dispersent dans l’air est déconcertante…et la douleur également ! Connaître le cycle biologique de ces insectes et lutter naturellement contre leur expansion restent les meilleures méthodes pour s’en prémunir !

Article-invité rédigé par Pô-Line & Habby du blog Unamourdechien.com. Un grand merci à Paul pour son accueil, je suis très heureuse d’avoir pu partager quelques connaissances ici!

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