🐾 Race de chien

Dobermann : un très bon chien de compagnie

Le dobermann qui est, maintenant, un très bon chien de compagnie, n'a pas toujours été considéré de la sorte. Du fait de sa grande capacité offensive, ce chien servait de chien policier et chien de garde. A ce jour, il est reconnu pour être un animal loyal et protecteur pour la famille qui l'accueille et lui donne tout l'amour nécessaire à son bon développement.

Les caractéristiques du Dobermann

Le dobermann est un chien construit en force et en élégance, dont la silhouette s’inscrit dans un carré. Son poil est court, dur et serré, et le standard est catégorique sur un point : aucun sous-poil n’est admis, un sous-poil fourni figurant même parmi les défauts entraînant l’exclusion. C’est ce qui explique sa mauvaise tolérance au froid et à l’humidité, bien plus que sa finesse apparente.

Ses oreilles sont attachées haut. Le standard, dans sa version en vigueur depuis novembre 2015, ne décrit plus que l’oreille naturelle, de grandeur moyenne, dont le bord antérieur est bien accolé à la joue. La Société centrale canine le formule autrement, en une incise qui dit l’histoire de la race : les oreilles sont « désormais non coupées ». La coupe des oreilles était pratiquée à l’origine, comme celle de la queue, pour limiter les prises lors des querelles de meute ; elle est aujourd’hui interdite, et un dobermann aux oreilles taillées en pointe sur une photo n’est pas un dobermann conforme, c’est un chien mutilé.

Dobermann assis dans l'herbe, deux chiens dont l'un porte un ruban rouge

Côté format, le standard donne des chiffres précis : 68 à 72 cm au garrot et 40 à 45 kg pour les mâles, 63 à 68 cm et 32 à 35 kg pour les femelles, un écart de plus de 2 cm par rapport à ces valeurs étant un défaut entraînant l’exclusion. Les yeux sont foncés et de forme ovale ; l’œil jaune, dit d’oiseau de proie, et les yeux vairons sont eux aussi éliminatoires.

La couleur, enfin, mérite qu’on s’y arrête, car c’est là que se joue une grande partie des annonces trompeuses. le standard ne reconnaît que deux couleurs, noir ou marron, avec des marques feu de teinte rouille, situées sur le museau, les joues, au-dessus des yeux, sur la gorge, au poitrail, sur les membres, à la face interne des cuisses et au pourtour de l’anus. Les taches blanches sont un défaut éliminatoire.

Autrement dit, le « bleu et feu », l’« isabelle et feu », le blanc ou le crème que l’on voit passer ne sont pas des couleurs de la race. Ce n’est pas qu’une question de papiers : le bleu et l’isabelle sont des robes diluées, et la dilution est associée chez le chien à l’alopécie des robes diluées, une dysplasie folliculaire sans traitement spécifique. Un test du locus D existe chez le dobermann. Une robe vendue comme « rare » à prix majoré est, ici, une robe hors standard qui porte un risque cutané.

Origine du Dobermann

L’origine du dobermann est mieux documentée qu’on ne le dit, et elle tient à un homme. La Société centrale canine rappelle que la race porte le nom de son premier éleveur, Frédéric Louis Dobermann (1834-1894), collecteur d’impôts et responsable de la fourrière d’Apolda, en Thuringe, qui voulait créer un chien mordant et bon gardien.

Vers 1870, il pratique de nombreux croisements entre bergers noir et feu de Thuringe, pinschers, dogues allemands, bergers de Beauce et rottweilers. Le dobermann originel sera ensuite affiné par croisement avec des greyhounds et des terriers noirs, ce qui explique sa ligne.

Le Dobermann Pinscher Club d’Apolda naît en 1899 et devient le club de race allemand ; le standard est fixé en 1910. Un Dobermann Club voit le jour en Alsace en 1913, avant de devenir le Dobermann Club de France en 1923.

Caractère de ce chien de race

Chien dont la fidélité pour son maître n'est plus à contester, il est aussi très intelligent et courageux. Destiné à être un superbe chien de garde, il se montre très protecteur envers ses maîtres et les enfants.

Dobermann de profil avec oreilles coupées et collier

Une nuance s’impose, et elle va à rebours de ce qu’on lit souvent. La Société centrale canine décrit un chien « fier, sans peur et sans nervosité », mais ajoute qu’il doit être stable, posé et sociable parce qu’il est fragile sur le plan émotionnel. Ce n’est pas un chien qui cherche à « prendre le dessus » sur son maître : c’est un chien très dépendant du sien, que la brutalité casse. Son club et la Société centrale canine sont explicites sur la méthode : l’éducation « doit se faire avec patience et sans jamais la moindre brutalité ».

Ce qu’il supporte mal, en revanche, c’est l’agitation désordonnée autour de lui, en particulier celle de jeunes enfants qui ne le laissent pas tranquille. Et rappelons ce que dit le standard : un chien agressif ou peureux est un défaut entraînant l’exclusion. Ni l’un ni l’autre n’est un trait de la race.

Conditions de vie du Dobermann

Le dobermann n'aime pas du tout le froid, ni même les grosses chaleurs. Pourquoi ? Parce qu'il ne possède pas de sous-poil pour le protéger. Le dobermann doit rester à l'intérieur lors de basses températures. Attention de ne pas le "séquestrer" pour autant car l'activité physique est toute autant importante pour lui.

Sur le cadre de vie, la Société centrale canine tranche plus nettement que la plupart des fiches : le dobermann est sportif et dynamique, il lui faut des promenades, du jogging, de la randonnée, du canicross ou du vélo, et l’appartement n’est pas pour lui le cadre de vie idéal. Il s’épanouit dans une maison avec jardin, ce qui ne le dispense évidemment pas de sortir tous les jours.

Côté entretien, rien de particulier : un brossage suffit sur ce poil ras. Les oreilles, non coupées, demandent en revanche un contrôle régulier.

La santé : la question à poser avant toutes les autres

Cette fiche affirmait jusqu’ici que le dobermann était « très robuste et ne tombe que rarement malade », en mentionnant la cardiomyopathie dilatée comme une réserve secondaire. C’est l’inverse qu’il faut écrire.

La cardiomyopathie dilatée

Les recommandations de dépistage publiées en 2017 par la Société européenne de cardiologie vétérinaire donnent le chiffre qui commande tout le reste : la cardiomyopathie dilatée est la maladie cardiaque la plus fréquente des chiens de grande race, et elle est héréditaire chez le dobermann avec une prévalence de 58 %.

Ce n’est pas une maladie rare qu’il faudrait « surveiller » incidemment. C’est le fait central de la race. Le Dobermann Club de France, dont la Société centrale canine relaie les recommandations, en rappelle la nature : la cardiomyopathie dilatée n’est pas à proprement parler une maladie mais un syndrome, son diagnostic fait appel à plusieurs examens complémentaires, radiographie, électrocardiogramme, échographie cardiaque et Doppler, et surtout, « le pronostic est généralement très sérieux et l’évolution plutôt rapide ».

Le mot important est occulte. Pendant des mois ou des années, le cœur se dilate et le rythme se désorganise sans aucun signe visible : le chien court, joue, paraît en pleine forme. C’est exactement pourquoi « il a l’air en pleine santé » ne veut rien dire ici, et pourquoi la phrase que cette fiche portait depuis 2014 était dangereuse.

Les recommandations européennes sont précises sur la marche à suivre : le dépistage de la forme occulte doit commencer à partir de 3 ans et associer deux examens, un enregistrement Holter sur 24 heures et une échocardiographie. Le Holter compte les extrasystoles ventriculaires : moins de 50 en 24 heures est considéré comme normal chez cette race, plus de 300 en 24 heures signe une cardiomyopathie dilatée occulte, tout comme deux enregistrements montrant entre 50 et 300 extrasystoles à moins d’un an d’intervalle, et cela indépendamment de ce que montre l’échographie.

Le club encourage par ailleurs une prise de sang, tout en assortissant sa recommandation d’un avertissement qu’il met lui-même en évidence : ce test ne saurait en aucun cas remplacer la série d’examens, il ne peut être qu’une première approche. Un éleveur qui vous présente un simple dosage sanguin comme un dépistage cardiaque complet ne connaît pas les recommandations de son propre club.

Ce que cela change concrètement pour vous : demandez les résultats cardiaques des deux parents, avec leur date, et vérifiez qu’ils comportent un Holter et une échographie, pas seulement une auscultation. Et sachez qu’un résultat normal à 3 ans ne vaut pas garantie à vie : chez cette race, le suivi cardiaque se répète.

Dobermann regardant vers le haut à côté d'autres chiens

Les deux autres dépistages demandés par le club

Le Dobermann Club de France, via la Société centrale canine, en réclame deux autres sur les reproducteurs.

La dysplasie de la hanche. La radiographie, en extension et sous anesthésie, peut être faite par le vétérinaire de votre choix, mais l’interprétation doit être faite par le lecteur agréé par le club, et le chien doit avoir 12 mois minimum. La Société centrale canine ajoute que les sujets atteints sont exclus de la reproduction.

Les tares oculaires, et plus précisément deux malformations congénitales de l’œil : la persistance de la tunique vasculaire du cristallin (PHTVL) et la persistance du vitré primitif (PHPV). L’examen doit être réalisé par un vétérinaire habilité par la Société centrale canine. Depuis 2016, les résultats sont cotés en stades, et le club accepte à la reproduction les stades 0 et 1 seulement, en recommandant qu’un chien coté stade 1 ne soit accouplé qu’avec un chien stade 0.

Le club ajoute un conseil qui vous concerne directement en tant qu’acheteur : il est vivement conseillé de faire tester la portée entière avant son départ de l’élevage. Posez donc la question telle quelle, « la portée a-t-elle été examinée pour les PHPV et PHTVL avant le départ des chiots ? ». La réponse vous en dira long.

Ce qui se dépiste par test ADN

Le bilan génétique proposé pour la race en France couvre cinq points. Comme toujours, demandez les résultats des deux parents, sur papier, avec le nom et le numéro d’identification du chien testé.

  • La maladie de von Willebrand de type 1, un défaut de coagulation dont le dobermann est la race de référence dans la littérature. Le premier signe passe souvent inaperçu, des saignements gingivaux excessifs à la chute des dents de lait ; le vrai danger vient plus tard, lors d’une chirurgie ou d’un traumatisme.
  • La myélopathie dégénérative, maladie neurologique évolutive de l’adulte âgé.
  • La surdité bilatérale associée à un syndrome vestibulaire, qui se manifeste chez le chiot.
  • L’atrophie progressive de la rétine, qui conduit à la cécité.
  • La sensibilité médicamenteuse MDR1, qui n’est pas une maladie mais une information à donner à votre vétérinaire avant toute anesthésie ou vermifugation.

S’y ajoutent les tests de robe, dont le locus D évoqué plus haut, utile si vous êtes attiré par un chien bleu ou isabelle.

Et le reste

Le syndrome de Wobbler, une compression de la moelle épinière au niveau des vertèbres cervicales, est décrit dans la race et se traduit par une démarche vacillante de l’arrière-main. L’alopécie, la démodécie et la dermatite atopique figurent aussi parmi les affections rapportées. Enfin, ce chien sans sous-poil supporte mal le froid et l’humidité, ce qui relève moins de la maladie que du bon sens : manteau l’hiver, et pas de vie dehors.

Le dressage

La socialisation précoce est le point central, et elle commence dès l’arrivée du chiot, idéalement en école du chiot avec un professionnel. L’objectif n’est pas de lui apprendre à « distinguer les amis des non-amis », formule qui n’a aucun sens pour un chien : c’est de lui faire rencontrer un maximum de gens, de chiens et de situations pendant la période où il enregistre le plus vite.

L’éducation demande de la constance, pas de l’autorité. L’idée qu’il faudrait « s’imposer » ou l’empêcher de « prendre le dessus » relève d’une conception dépassée de la relation au chien, et elle est particulièrement contre-productive sur une race que son propre club décrit comme émotionnellement fragile. Récompensez ce que vous voulez voir se répéter, ignorez le reste, et faites-vous accompagner si un comportement vous inquiète.

Son gabarit fait qu'il est indispensable de le sortir en promenade quotidiennement, mais si vous avez l'occasion de le laisser courir et gambader, ce ne sera que plus bénéfique pour lui. En plus de tout cela, vous pouvez aussi lui apprendre le canicross, l'obéissance, les parcours d'agility et même à jouer au freesbie. Que rêver de plus lorsque l'on aime sa boule de poils ? Autant d'activités que vous partagerez avec lui, dans la plus grande satisfaction.

Quelques conseils

Un dernier mot sur le statut légal, puisque la question revient sans cesse au sujet de cette race. La Société centrale canine le dit clairement : la loi du 6 janvier 1999, qui définit les deux catégories de chiens dits dangereux, ne s’est pas intéressée au dobermann. Il n’est ni de première ni de deuxième catégorie, et n’est donc soumis à aucune des obligations qui s’y attachent.

Crédits photos : Dogs - zinkevych- stock.adobe.com & YamaBSM - pixabay

Nos sources

  • Société centrale canine, fiche de race Dobermann : tailles et poids, poil sans sous-poil, couleurs, oreilles désormais non coupées, historique de la race et de son créateur, comportement et cadre de vie, absence de catégorisation au titre de la loi du 6 janvier 1999.
  • Fédération cynologique internationale, standard n°143, Dobermann, version en vigueur du 13 novembre 2015 : classification, description de l’oreille naturelle, interdiction du sous-poil, deux variantes de couleur admises, hauteurs et poids, et défauts entraînant l’exclusion.
  • LOF Select / Dobermann Club de France, Dobermann : informations sur la santé : protocole de dépistage de la dysplasie (lecteur agréé du club, 12 mois minimum), dépistage des PHTVL et PHPV et recommandation de tester la portée entière, position du club sur la prise de sang et rappel du pronostic de la cardiomyopathie dilatée.
  • Wess G, Domenech O, Dukes-McEwan J, Häggström J, Gordon S, European Society of Veterinary Cardiology screening guidelines for dilated cardiomyopathy in Doberman Pinschers, Journal of Veterinary Cardiology, octobre 2017 : prévalence de 58 % dans la race, dépistage à partir de 3 ans par Holter et échocardiographie, seuils d’extrasystoles ventriculaires.
  • Antagene, bilan génétique du Dobermann : maladie de von Willebrand, myélopathie dégénérative, surdité bilatérale et syndrome vestibulaire, atrophie progressive de la rétine, sensibilité médicamenteuse MDR1, et tests de robe dont le locus D.

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2 commentaires

mar c · 12 février 2021 à 07:53

bonjour
élevez-vous des Dobermann?
si oui ont ils la queue et oreilles coupées
et en avez vous actuellement,
nous venons de perdre la notre d un arrêt cardiaque elle avait 8ans1/²

Carl Pelland · 2 mars 2021 à 20:31

Moi si !!!