Non, il ne faut jamais donner de paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®, Dafalgan®) à un chien. Contrairement aux humains, les chiens possèdent très peu des enzymes hépatiques qui métabolisent cette molécule : elle s’accumule dans le foie et devient toxique dès 100 mg/kg ingérés, puis altère les globules rouges au-delà de 200 mg/kg, avec un risque mortel, surtout chez le chiot et le chien de petite taille. Un seul comprimé de Doliprane 500 mg suffit ainsi à intoxiquer un chien de 5 kg. L’aspirine et l’ibuprofène sont tout aussi proscrits. Si votre chien en a avalé, ne le faites pas vomir de votre propre initiative et appelez immédiatement votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire : le CNITV répond 7j/7 de 8h30 à minuit au 04 78 87 10 40. Voici pourquoi cet antalgique si banal chez l’humain est une fausse bonne idée chez le chien, les doses réellement dangereuses, et par quoi le remplacer.
Les effets espérés par le maître…
Aussi appelé « acétaminophène », le paracétamol est une molécule ayant des propriétés antalgiques et antipyrétiques (contre les douleurs et la fièvre). À l’échelle mondiale, il est d’ailleurs le médicament le plus utilisé chez les humains, pour traiter des symptômes d’intensité faible à modérée.
À la maison, si votre chien paraît fiévreux ou semble avoir mal, peut-être êtes-vous tenté de lui donner un comprimé de paracétamol pour le soulager… comme vous le feriez pour vous-même. Pratique à première vue, cette solution est souvent tentante. Pourtant, il s’agit en réalité d’une fausse bonne idée !
Certes, à faible dose (c’est-à-dire moins de 10 mg/kg du poids total de votre chien, au maximum 2 fois par jour), cette molécule peut effectivement calmer ses maux. Mais cela dépend en grande partie de la sensibilité du toutou ; et les effets du paracétamol sur son organisme peuvent s’avérer bien plus néfastes que bénéfiques.
Les effets réels du paracétamol sur le chien !
En pratique, le paracétamol est métabolisé par l’organisme grâce à des enzymes présentes dans le foie. Or contrairement aux humains, les chiens ne possèdent que très peu de ces enzymes hépatiques. Leur organisme a donc beaucoup plus de mal à assimiler le paracétamol. Celui-ci s’accumule alors dans le foie, en détruisant ses cellules au passage et en altérant le sang.

Dès lors, le paracétamol devient toxique pour le toutou à partir d’une certaine dose consommée ; cette quantité restant relativement faible. Notez d’ailleurs que le surdosage est très rapide chez les chiens de petite taille.
Concrètement, chez la plupart des canidés, l’intoxication survient lorsque la dose ingérée dépasse les seuils suivants :
Au-delà de 100 mg/kg, le paracétamol s’amasse dans le foie et devient toxique pour lui (on parle alors d’ « hépato-toxicité »). Le chien ressent alors des douleurs abdominales et salive énormément.
Si la dose excède 200 mg/kg, le paracétamol oxyde le sang en transformant progressivement l’hémoglobine des globules rouges. Cette méthémoglobinémie empêche alors le sang de transporter correctement l’oxygène dans l’organisme. Cela entraîne des effets néfastes chez le toutou, comme des vomissements, une prostration, une anémie, des convulsions, des œdèmes, de l’hypothermie, etc.
Ainsi, une prise de paracétamol mal contrôlée peut s’avérer mortelle pour le chien. Particulièrement chez les chiots et chez les adultes qui souffrent de problèmes hépatiques, ce médicament doit donc être banni.
Au bout de combien de temps les symptômes apparaissent-ils ?
Les premiers signes cliniques surviennent généralement entre 1 et 12 heures après l’ingestion, d’après WanimoVéto, ce qui laisse peu de temps pour réagir. Un risque moins connu mérite d’être signalé : même à une dose plus faible, autour de 40 mg/kg, le paracétamol peut provoquer une kératoconjonctivite sèche (une insuffisance de production de larmes, source d’inconfort oculaire durable) qui peut apparaître plusieurs jours après l’ingestion, selon le Merck Veterinary Manual. C’est une bonne raison de surveiller votre chien plusieurs jours après un incident, même léger en apparence.
Autres médicaments interdits aux toutous
Le paracétamol n’est pas le seul antidouleur dangereux pour les chiens… Lorsque vous souffrez de maux de tête, de fièvre ou d’autres douleurs, vous avez peut-être l’habitude de prendre de l’aspirine (Aspirine UPSA®, Aspégic®) ou de l’ibuprofène (Nurofen®, Advil®), à la place du paracétamol. Chez le chien, ces médicaments doivent eux aussi être proscrits !
Ces molécules provoquent tout autant d’intoxications que le paracétamol. L’aspirine (ou « acide acétylsalicylique ») et l’ibuprofène ont des propriétés anti-inflammatoires, qui s’avèrent toxiques pour les muqueuses du système digestif. Selon les doses ingérées et la sensibilité de votre toutou, les effets néfastes sur son estomac, ses intestins et même ses reins peuvent être particulièrement graves. La coagulation de son sang peut aussi être dangereusement perturbée.
En cas d’ingestion d’ibuprofène ou d’aspirine, votre chien peut présenter les symptômes suivants : perte d’appétit, douleurs abdominales, diarrhées, vomissements, hémorragies digestives, muqueuses pâles, etc.
Finalement, les antalgiques humains (paracétamol, ibuprofène et aspirine) et leurs dérivés sont toxiques pour les chiens. Vous ne devez donc jamais en donner à votre compagnon ! Pour réduire les risques d’accidents, le mieux reste d’éviter l’automédication et de consulter votre vétérinaire.
Que faire si mon chien a consommé du paracétamol ?
Si votre chien a ingéré (accidentellement ou suite à une automédication) du paracétamol, ou en cas de doute sur la dose, appelez immédiatement votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire. En France, deux centres répondent 7j/7 de 8h30 à minuit : le CNITV, à Marcy-l’Étoile près de Lyon, au 04 78 87 10 40, et le CAPAE-Ouest, service de l’école vétérinaire Oniris à Nantes, au 02 40 68 77 40. Gardez si possible la boîte du médicament pour indiquer la dose exacte ingérée.
Ne faites jamais vomir votre chien de votre propre initiative : c’est le professionnel au téléphone qui juge si ce geste est utile selon le délai écoulé, et qui vous explique comment le réaliser sans risque. Fait dans la première heure sur avis vétérinaire, il permet d’éliminer une partie du médicament avant son absorption. Votre vétérinaire pourra ensuite administrer du charbon activé pour limiter l’absorption de la molécule, voire un antidote (généralement de l’acétylcystéine associée à de la vitamine C).
Enfin, selon l’état de votre toutou, une hospitalisation pourra être nécessaire : il sera alors perfusé et ré-oxygéné, voire transfusé. Pour reconnaître les signes d’un empoisonnement plus généralement, consultez notre article sur les symptômes d’un chien empoisonné, et pour les autres gestes d’urgence à connaître, notre guide des soins vétérinaires d’urgence.
Et s’il a ingéré de l’ibuprofène ou de l’aspirine ?
Notez qu’il n’existe ni antidote ni traitement pour l’intoxication à l’aspirine ou à l’ibuprofène. Si votre chien en a consommé une trop grande quantité, votre vétérinaire pourra uniquement purger son corps pour le débarrasser des molécules, et préserver ses fonctions vitales au cours d’une hospitalisation.
Mais alors, quel médicament donner à mon chien ?
Si votre chien a des douleurs ou de la fièvre, le premier conseil est d’éviter l’automédication ! Aussi, ne donnez aucun traitement humain à votre toutou, ni aucun médicament destiné à un autre animal (à votre chat, par exemple). L’organisme du chien a des besoins spécifiques et nécessite donc des médicaments adaptés.
À titre d’exemples, voici quelques traitements permettant de soulager efficacement la douleur chez le chien :
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens : piroxicam, kétoprofène, méloxicam, carprofène, flunixine, robenacoxib, etc.
Les opioïdes (administrés uniquement par un vétérinaire) : morphine, butorphanol, fentanyl, buprénorphine, etc.
Les sédatifs analgésiques (myorelaxants) : alpha2-agonistes.
Les anesthésiques : bupivacaïne, lidocaïne, kétamine, etc.
Bien sûr, seul un vétérinaire est apte à prescrire les médicaments adéquats à votre compagnon. Ensuite, pour de meilleurs résultats, veillez à bien respecter les doses prescrites.
Enfin, pour éviter les accidents, ranger tous les médicaments hors de portée de votre compagnon à quatre pattes !
Conclusion
Pour faire simple, ne donnez pas d’antalgiques humains à votre chien, car ils peuvent entraîner de graves intoxications ! En remplacement, il existe des médicaments spécialement conçus pour l’organisme des toutous. Le mieux est de demander conseil à votre vétérinaire.
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