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Fiche de race : Lévrier Afghan
Origine : Afghanistan · Groupe FCI : 10 / Lévriers
Taille (au garrot)
Poids
Espérance de vie
Prix d’un chiot
Cadre de vie
Il préfère les grands espaces où il peut courir librement. Peu adapté à la vie en appartement à moins de longues sorties quotidiennes.
Avec enfants & animaux
Compatibilité correcte avec les enfants respectueux. Peut avoir un instinct de chasse marqué vis-à-vis des petits animaux.
Aboiement
Faible – aboie rarement, sauf en cas de besoin particulier.
Fun fact
Son poil long et soyeux lui donne une allure unique : on l’appelle parfois le “roi des lévriers”.
*Les valeurs sont indicatives et peuvent varier selon les lignées et individus.
Le Lévrier afghan, aussi appelé Tazi, est un lévrier à poil long originaire d’Afghanistan, classé dans le groupe 10 de la Fédération Cynologique Internationale. Grand chien de 68 à 74 cm au garrot chez le mâle, capable de courir à 50 km/h, il se reconnaît à sa longue robe soyeuse et à son tempérament singulier : distant avec les inconnus, indépendant et parfois têtu, mais profondément fidèle à sa famille. Il s’adresse à des maîtres déjà expérimentés, capables de lui offrir au moins une heure d’exercice par jour et un brossage très régulier.
Reste à vérifier que ses exigences correspondent à votre mode de vie. Ce dossier passe en revue ses caractéristiques, ses origines, son caractère, sa santé et son éducation pour vous aider à décider en connaissance de cause.
Les caractéristiques du Lévrier afghan
D’une beauté tout à fait fascinante, le lévrier afghan dégage une expression orientale typique, pleine de force et de dignité. Ce chien de grande taille arbore un port de tête altier ainsi qu’une démarche élastique tout en souplesse, lui conférant une allure des plus nobles qui puisse exister. Sa coquetterie est soulignée par une somptueuse robe longue et dense d’une douceur incomparable, composée de poils extrêmement fins qui retombent naturellement sur les flancs. Le pelage est beaucoup plus court et serré sur le dessus du dos pour former la selle, mais aussi sur la face à partir du front, qui peut s’agrémenter d’un masque noir. Toutes les couleurs sont admises, unies ou non, mais les nuances du sable, fauve, crème au doré demeurent les plus appréciées.

Le mâle doit mesurer entre 68 cm et 74 cm au garrot, tandis que la taille de la femelle varie de 63 cm à 69 cm. Le poids du lévrier afghan peut aller de 25 kilos à 30 kilos maximum. Son crâne est long, tout comme son museau qui se termine par une truffe noire. Cependant, les sujets dont la robe est claire peuvent être affublés d’une truffe marron. De forme subtilement triangulaire, les yeux au regard scrutateur sont foncés ou parfois dorés, séparés par un stop léger. Les paupières sont comme fardées de noir, ce qui procure un raffinement sans nom. S’agissant des oreilles, elles sont attachées au niveau de l’œil et portées en arrière plaquées contre la tête.
Leurs longs poils lisses atteignent au moins la commissure des lèvres et donnent l’impression que le Tazi a pris tout son temps pour faire un brushing de star ! Et ce n’est bien évidemment sans compter sur l’abondant toupet qui coiffe le crâne avec énormément de classe et de style. Garnie de franges peu abondantes, sa queue n’est pas trop courte et son extrémité s’enroule en anneau tout en délicatesse. Elle est attachée bas et se dresse seulement lorsque le chien est en action.
Le cou est long et puissant, le dos droit et gracieusement musclé, alors que les hanches sont plutôt proéminentes. La poitrine est bien descendue et les épaules assez fortes. Enfin, les membres sont dotés d’une solide ossature pouvant témoigner de l’aptitude du lévrier afghan à courir une vitesse dont seule la race est capable.
Les origines du Lévrier afghan
L’histoire de cette race très ancienne se perd dans la nuit des temps. Néanmoins, le Lévrier afghan apparaît sur une illustration datant de 2 000 ans avant notre ère. Son nom figure également sur un papyrus égyptien qui semblerait avoir été rédigé encore bien auparavant. Une légende raconte même qu’un couple de lévriers afghans aurait embarqué sur l’arche de Noé !

Quoi qu’il en soit, les ancêtres du Tazi, des chiens de chasse du Moyen-Orient, seraient arrivés d’Asie centrale avec les Indo-européens pour s’installer dans les régions septentrionales de l’Afghanistan actuelle. Ceux-ci ont alors été croisés avec le lévrier Bakhmull qui vivait dans les montagnes afghanes. Des peintures rupestres produites vers 2 200 avant notre ère ont en effet été découvertes dans la province de Balkh, au nord-ouest du pays. Ces dessins représentent des chiens ressemblant en tout point au lévrier afghan, qui servaient à l’époque pour garder les troupeaux, attraper les lièvres, les daims et les gazelles, mais aussi pour faire fuir les loups et les léopards des neiges. Est-il nécessaire de rappeler que ce bel athlète a la capacité de courir à la vitesse moyenne de 50 km par heure ? Par la suite, ce peuple nomade aurait migré vers l’Iran, ce qui explique que le lévrier afghan est couramment appelé Tazi.
C’est seulement au cours des années 1880 que la race a été introduite en Grande-Bretagne par des soldats britanniques. Le tout premier standard a été créé par le Kennel Club anglais au début du 20e siècle. Puis, les Anglais ont commencé à importer le lévrier afghan dès 1920, pour se faire connaître en France vers 1930. Le club de race est ensuite fondé en 1936. N’étant pas autorisé à chasser dans l’Hexagone, ce splendide canidé est devenu un chien d’apparat qui peut toutefois exprimer son besoin instinctif dans des cynodromes.
Pour la petite anecdote, Salvador Dali a immédiatement été attiré par la race. Le célèbre peintre surréaliste a reproduit une œuvre en 1938 intitulée l’Afghan invisible, sur laquelle il est possible de deviner la silhouette du chien. Sa popularité est retentissante dans les années 70 lorsque le fabricant de jouets Mattel imagine un nouvel animal de compagnie pour Barbie qui n’est autre qu’un lévrier afghan. Aujourd’hui encore, cette race de chien continue de séduire les Français puisque les éleveurs comptabilisent en moyenne 600 naissances annuelles.
Lévrier afghan : Caractère
Peu démonstratif, un brin susceptible, indépendant, volontiers dominateur et têtu, le lévrier afghan n’est pas destiné à tous les amoureux des chiens. Néanmoins, il se révèle être un formidable compagnon pour qui parvient à le comprendre. Sa fierté et sa dignité sont telles qu’il préfère dans un premier temps ignorer les gestes de tendresse. Mais une fois qu’il a compris qui est le maître, il devient extrêmement affectueux et enjoué. Il faut simplement se méfier à ne pas froisser son orgueil ! Sous ses airs de snob, ce grand sensible est profondément attaché à son propriétaire et se montre véritablement distant avec les inconnus, voire hautain et dédaigneux sans jamais se montrer agressif. Ce grand timide réserve simplement sa fidélité à une seule famille, si ce n’est à une seule personne. Il faut tout de même garder à l’esprit qu’il n’est aucunement collant et qu’il peut lui arriver de se détourner de vos caresses.

Avec les enfants, le lévrier afghan se métamorphose en un petit clown facétieux prêt à les suivre dans leurs aventures les plus excentriques. Il sait également s’arrêter une fois que la partie de jeu est terminée et retrouve rapidement sa tranquillité légendaire. En revanche, il ressent une certaine gêne lorsqu’une tribu de chérubins se met à chahuter dans la maison, bien qu’il soit parfaitement apte à s’adapter dans le cas où il a grandi à leur côté.
Méfiez-vous de ce comédien ! Le Tazi joue effectivement sur les sentiments pour obtenir tout ce qu’il désire. Il est particulièrement difficile de résister à son regard enjôleur… Il est si obstiné qu’il n’hésite pas à déployer des astuces en tout genre pour parvenir à ses fins. A titre d’exemple, s’il veut à tout prix se coucher sur le lit alors que vous lui en avez donné formellement l’interdiction, attendez-vous à ce qu’il ouvre la porte pour accéder à son but ultime. Vous êtes prévenu !
Les conditions de vie
Le lévrier afghan est le chien de compagnie rêvé qui peut passer des heures entières couché tout contre vous, à l’unique condition de multiplier les opportunités de se dépenser. Ce sportif dans l’âme ne saurait être totalement épanoui s’il ne peut pas courir à sa guise de façon régulière. Une heure d’activité physique et de jeux au quotidien demeure le strict minimum. Débordant d’énergie, il doit impérativement avoir l’occasion de se défouler tous les jours pour demeurer équilibré et garder sa forme olympique.

Malgré le fait qu’il soit plus à son aise en milieu rural dans une maison équipée d’un jardin clôturé, le lévrier afghan apprécie son confort et n’est certainement pas fait pour rester dans une niche. Il est certes très résistant mais supporte mal le froid. Par conséquent, la chaleur d’un doux foyer est indispensable à son bien-être. Ainsi, la vie urbaine n’est pas à exclure d’autant plus que le Tazi est naturellement calme. Alors si vous habitez en appartement, vous devez encore moins lésiner sur les exercices physiques. S’agissant d’un lévrier, son instinct de chasseur doit être consciencieusement contrôlé en ville. Tout peut se transformer en une proie, même une simple feuille qui passe sous son nez. Restez donc vigilant si vous ne voulez pas que la sortie se transforme en une course dont vous ne serez plus maître. Les balades devront autant que possible avoir lieu à la campagne où votre brave boule de poils pourra gambader en toute liberté. Extrêmement endurant, votre lévrier afghan prendra un plaisir sans fin à vous accompagner en randonnée et à participer à des séances d’agility ou encore à des courses pour amateurs.
D’autres animaux vivent sous votre toit ? Il faudra l’habituer dès son plus jeune âge à cohabiter avec eux, sinon gare à vos rongeurs, vos oiseaux ou votre chat.
La santé du lévrier afghan
Cette section s'ouvrait sur une phrase à retirer : « peu tolérant à la douleur, le lévrier afghan a une forte tendance à se plaindre ».
Un chien ne se plaint pas par tempérament. S'il exprime une douleur, c'est qu'il a mal, et présenter cela comme un trait de caractère conduit à négliger des signaux réels. C'est d'autant plus regrettable que cette race a une particularité physiologique qui, elle, mérite vraiment d'être connue.
Ce qu'il faut dire à votre vétérinaire
C'est l'information la plus utile de cette page, et elle vaut pour tous les lévriers.
Le lévrier afghan a une composition corporelle très particulière : presque pas de graisse, une masse musculaire importante, et un volume de globules rouges naturellement plus élevé que chez les autres chiens. Deux conséquences pratiques :
- L'anesthésie se prépare différemment. La graisse corporelle sert de réservoir aux anesthésiques ; sans elle, les produits circulent autrement et les réveils peuvent être plus longs. Les vétérinaires habitués aux lévriers adaptent leurs protocoles en conséquence.
- Une prise de sang normale peut sembler anormale. Chez un lévrier, certaines valeurs sortent naturellement des repères établis sur la population canine générale. Interprétées sans le savoir, elles peuvent faire conclure à tort à une maladie.
La conduite à tenir est simple : signalez que votre chien est un lévrier avant une anesthésie ou un bilan sanguin, surtout si votre vétérinaire n'en suit pas régulièrement.
Les articulations
La page évoquait une exposition à la dysplasie « comme tous les grands chiens ». C'est le point à nuancer : les lévriers figurent au contraire parmi les races les moins touchées, du fait de leur légèreté et de leur morphologie. Le dépistage garde son intérêt chez les reproducteurs, mais ce n'est pas le sujet principal de cette race.
Le protocole officiel est une radiographie après 12 mois, sous sédation, lue par un lecteur agréé, et vous demandez les résultats des deux parents. Voir la dysplasie de la hanche chez le chien.
Le conseil de la page sur la croissance était en revanche juste et il est conservé : exercice modéré chez le chiot, le temps que le squelette se construise.
La paralysie laryngée
La page la mentionnait, et elle mérite d'être expliquée car ses signes sont méconnus. Les muscles qui ouvrent le larynx s'affaiblissent : le passage de l'air se rétrécit.
Ce qui doit alerter : une respiration bruyante à l'effort, un changement de voix ou un aboiement enroué, une toux après avoir bu, et une intolérance nette à la chaleur. C'est une affection qui s'aggrave, et les crises graves surviennent typiquement par temps chaud. Elle se traite chirurgicalement.
La peau, le poil et le froid
Le pelage long du lévrier afghan demande un brossage plusieurs fois par semaine, sous peine de nœuds qui macèrent contre la peau. Une tonte trop courte n'est pas une solution : le poil de cette race repousse lentement et mal.
Autre conséquence de l'absence de graisse : le lévrier afghan supporte mal le froid, bien plus mal qu'un chien de même taille. Un manteau en hiver n'est pas une coquetterie.
Le bilan génétique tient en deux lignes
Deux maladies sont testables : la myélopathie dégénérative, indolore, ce qui la distingue de l'arthrose, et la sensibilité médicamenteuse MDR1. Cette brièveté reflète l'état des connaissances sur une race peu nombreuse, pas une absence de problèmes.
Les deux questions à poser à l'éleveur
- Y a-t-il eu des cas de paralysie laryngée dans les lignées ?
- Le statut MDR1 des reproducteurs.
Nos sources
- Bilan génétique du lévrier afghan, Antagene (2 maladies testables : myélopathie dégénérative et sensibilité médicamenteuse MDR1).
- Statistiques LOF 2025 (PDF), Société centrale canine (lévrier afghan : 86 inscriptions en 2025).
Note : les particularités anesthésiques et hématologiques des lévriers relèvent de la pratique vétérinaire courante et non d'une étude que nous citerions ici. Nous les signalons parce qu'elles sont utiles à mentionner en consultation, pas comme un résultat chiffré.
Le dressage
L’indépendance et l’entêtement du lévrier afghan sont profondément ancrés en lui. Ajouter à cela un tempérament dominant et sensible, il serait tout simplement impensable de faire l’impasse sur un bon dressage. Ce chien délicat et raffiné ne doit surtout pas être brusqué. Pour autant, ne le traitez pas comme s’il était fragile car vous pouvez avoir la garantie qu’il fera fi de vos ordres. Agissez comme il le mérite, c’est-à-dire un chien d’une beauté époustouflante qui doit de temps à autre être remis à sa juste place. Son éducation doit donc impérativement être menée en douceur mais non pas sans fermeté. Il doit absolument comprendre ce qui est ou non autorisé.

Avec de la volonté et beaucoup de patience, vous verrez apparaître entre vous et votre chien une belle complicité. Néanmoins, ayez toujours à l’esprit que le lévrier afghan est très intelligent mais ne vous obéira pas dans le seul but de vous faire plaisir, cette race ne ressentant pas le besoin vital de satisfaire son maître. N’hésitez surtout pas à insister sur les ordres de base et à revenir dessus avec une régularité constante. Ce n’est que de cette façon que vous pouvez vous assurer qu’il les aura bien assimilés. Pour toutes ces raisons, il est préférable de ne pas être néophyte dans le domaine canin.
Enfin, la socialisation du Tazi est généralement aisée. Dès l’arrivée de votre nouveau compagnon dans votre foyer, habituez-le à voir du monde, à rencontrer ses congénères et à côtoyer vos autres animaux de compagnie. De la sorte, son instinct de chasseur sera moins prononcé et nettement plus vivable.
Quelques conseils
Ne projetez pas d’adopter un lévrier afghan si vous ne vous vous sentez pas capable d’assumer sa longue et sublime fourrure. Avant de commencer les recherches pour trouver le compagnon idyllique, il est impératif de prendre conscience de l’importance de son toilettage quotidien. Dans le cas contraire, il faut savoir renoncer au Tazi. Il existe sans aucun doute une autre race faite pour vous !
Pour que l’entretien de votre chiot ne soit pas perçu comme une contrainte, commencez à le brosser et le baigner dès les premiers mois de sa vie. En l’habituant progressivement à ce type de soin, il l’acceptera volontiers. Ce moment sera très vite vécu pour vous comme pour lui comme un instant de plaisir, renforçant dans le même temps votre complicité.
Peut-être envisagez-vous de participer à des expositions canines ? Vous devrez alors épiler le museau, le milieu du dos sans oublier la queue afin d’affiner la silhouette de votre prestigieux compagnon. Si vous ne vous vous sentez pas à la hauteur, vous pouvez confier votre chien à un toiletteur soucieux de s’en tenir aux exigences du standard de la race.
Crédit photo : Tsvetkova - stock.adobe.com
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