Fiche de race : Rhodesian Ridgeback
Origine : Afrique du Sud · Groupe FCI : 6 / Chiens courants, chiens de recherche au sang et races apparentées
Taille (au garrot)
Poids
Espérance de vie
Prix d’un chiot
Cadre de vie
Préfère une maison avec jardin clos. Pas adapté à une vie citadine en appartement sans activité physique intense.
Avec enfants & animaux
Protecteur avec les enfants de sa famille, mais peut être méfiant envers les étrangers et dominant avec d’autres chiens.
Aboiement
Moyen – aboie surtout pour prévenir ou défendre son territoire.
Fun fact
Surnommé « chien de lion », il était utilisé en Afrique pour suivre les lions lors des chasses grâce à son courage et son endurance.
*Les valeurs sont indicatives et peuvent varier selon les lignées et individus.
Le rhodesian ridgeback est un grand chien courant originaire d’Afrique du Sud, classé dans le sixième groupe de la Fédération Cynologique Internationale et reconnaissable à la crête de poils inversés qui court le long de son dos. Le mâle mesure 63 à 69 cm au garrot pour 36 à 41 kg, la femelle 61 à 66 cm pour 29 à 34 kg, et son espérance de vie tourne autour de 10 à 12 ans. Loyal, protecteur et indépendant, il réclame beaucoup d’exercice mais très peu d’entretien. Il convient aux sportifs et aux familles installées en maison avec jardin clos, à condition d’accepter un chien méfiant envers les étrangers et volontiers dominant avec ses congénères.
Egalement appelé lion dog ou chien de Rhodésie à crête dorsale, il tient son surnom de sa fonction ancestrale : suivre les lions à la trace lors des chasses, grâce à un flair exceptionnel resté intact.
Les caractéristiques
Musclé, robuste et capable d’atteindre d’impressionnantes pointes de vitesse, le chien de Rhodésie à crête dorsale est un canidé équilibré et harmonieux dans sa silhouette. Agile et d’un grand raffinement, il a une constitution puissante exempte de toute lourdeur. Ainsi, la poitrine est profonde et bien descendue, et les épaules bien taillées dénotent irrémédiablement la rapidité.
La race se distingue par un épi dorsal bien délimité, fuselé et symétrique, formé le long de la colonne vertébrale par des poils qui poussent dans le sens opposé au reste de la robe. Cette crête prend naissance derrière les épaules en formant deux couronnes identiques. Elle se prolonge en s’effilant jusqu’à la croupe, elle-même charpentée et subtilement voussée. Sur l’ensemble du corps, le rodhesian ridgeback a le poil court, dense et lisse, bien brillant, de couleur froment clair à fauve, parfois avec un peu de blanc sur le poitrail et les doigts.

La taille du mâle au garrot varie de 63 cm à 69 cm, pour un poids de 36,5 kilos environ. S’agissant de la femelle, elle mesure entre 61 cm et 66 cm au garrot et pèse en moyenne 32 kilos.
Le crâne est plat et assez large entre les oreilles, avec des rides quand le chien est attentif qui disparaissent lorsqu’il est au repos. Le museau est long et fort, le stop bien marqué mais sans excès. Modérément écartés, les yeux ronds et vifs arborent une élégante couleur ambrée, assortis à la truffe marron. Si cette dernière est noire, les yeux sont alors plus foncés. Quant aux oreilles, elles sont pendantes et de dimension moyenne, plutôt larges à la base pour se terminer en pointe arrondie. Elles sont attachées haut et adhèrent aux joues ciselées lorsque le chien n’est pas en éveil. De longueur modérée et attachée ni trop haut ni trop bas, la queue trapue à la naissance va en s’affinant vers l’extrémité. Elle est portée légèrement courbée vers le haut, sans jamais s’enrouler. Enfin, les membres bien d’aplomb témoignent d’une solide ossature et le cou assez costaud est totalement dénué de fanon.
Les origines du rhodesian ridgeback
Le rhodesian ridgeback a été développé en Rhodésie du Sud, autrement dit l’actuel Zimbabwe. En explorant le territoire du Cap de Bonne Espérance, les colons anglais et hollandais ont immédiatement été interpelés par le chien à crête des peuples San et Khoïkhoï. Aucun document ne vient l’affirmer, mais il serait très probablement arrivé avec le commerce des esclaves entre le Siam, soit l’ancienne Thaïlande, et la Rhodésie du Sud, puisque ce sont les seuls endroits où on retrouve cette particularité anatomique. Cet épi demeurant un véritable mystère, la légende raconte qu’il s’agirait de la trace de la patte d’un lion.
Associable, voire dangereux pour les Occidentaux, ce canidé de type primitif a fait l’objet de nombreuses tentatives de croisements avec une multitude de races européennes. Mastiffs, dogues allemands, boxers, bloodhounds, airedales terriers, bergers allemands, bouviers des Flandres, goldens retrievers ont ainsi été sélectionnés dès le 18e siècle. L’objectif était de créer de toute pièce un rabatteur de gros gibier, tout spécialement le lion mais aussi la gazelle, le phacochère et le léopard, presque aussi leste que lui. Son rôle est d’acculer la bête sauvage aux abois en attendant l’arrivée du chasseur.

En 1875, le missionnaire pionnier Charles Helm quitta Swellendam dans la province du Cap-Occidental pour séjourner en Rhodésie avec ses deux chiens issus de ce croisement hétéroclite. Il fit la rencontre d’un chasseur de gibier, Cornelius von Rooyen, qui lui emprunta ses compagnons à quatre pattes lors d’une séance de chasse. Il fut immédiatement impressionné par leurs capacités et décida de se lancer dans l’élevage. C’est ainsi que le chien lion a proliféré dans cette région, qui lui a donné son nom.
Le premier standard a été rédigé en 1922 à Bulamayo en Rhodésie par Sir Richard Barnès. Sa reconnaissance officielle par l’Union cynologique de l’Afrique du Sud en 1925 permit au rhodesian ridgeback de s’ériger au statut de race à part entière. Au tournant de la Seconde guerre mondiale, le chien de Rhodésie à crête dorsale commença à rencontrer un certain succès pour son comportement de gardien. En effet, l’urbanisation croissante allait de pair avec un sentiment d’insécurité. Le chien lion est alors devenu un animal de compagnie très prisé à tel point qu’aujourd’hui, il s’avère être le chien le plus populaire du pays. Les cynologues sont d’ailleurs si fiers de la seule race autochtone africaine qu’ils l’ont choisie comme emblème du Kennel Club de l’Afrique du Sud. La dernière publication du standard F.C.I. date du 2 avril 1997.
Rhodesian Ridgeback : Le caractère
Digne, vif, joyeux et très courageux, le rhodesian ridgeback est extrêmement fidèle et protecteur envers son maître et sa famille, y compris les enfants. D’ailleurs, il est d’une grande douceur avec les tout-petits et apparaît comme étant un compagnon de jeu idéal. Il n’hésite pas à les suivre dans leurs folles aventures, sans jamais se montrer brusque. Le chien lion demeure distant avec les inconnus. Pour autant, il ne montrera aucun signe d’agressivité. Sa docilité et sa grande loyauté en font une race polyvalente, pouvant aussi bien se lancer dans des parties de chasse interminables que garder et défendre votre domicile. En plus de s’avérer être également un chien de compagnie calme voire pot de colle, ce brave canidé excelle dans la conduite des troupeaux et veille vaillamment sur la ferme. Ceci s’explique par le fait que ses ancêtres éloignaient les babouins des cultures et des granges.

Les conditions de vie
Le rhodesian ridgeback est apprécié comme chien de compagnie mais aussi dans le pistage et l’obéissance. Les sportifs ont l’opportunité de renforcer le lien de complicité avec leur adorable compagnon en pratiquant l’agility, une discipline canine lui permettant de se défouler tout en faisant travailler son mental. Vous l’aurez compris, cette race très dynamique et athlétique a un immense besoin de s’adonner à des exercices physiques de manière régulière.

Le rhodesian ridgeback est rustique et peut vivre dehors, étant donné qu’il ne craint pas les intempéries. Néanmoins, rien ne vaut le confort d’un doux foyer qui lui apporte amour et câlins au quotidien. Si vous habitez en ville, cela ne le dérangera aucunement, à l’unique condition de lui accorder du temps pour de longues promenades deux à trois fois par jour et des sorties fréquentes dans la nature. Cette exigence est absolument nécessaire pour le maintien de son équilibre.
La santé du rhodesian ridgeback
Cette section affirmait que, « grâce à sa robustesse légendaire », le ridgeback « ne rencontre que très peu de problèmes de santé ». Elle citait ensuite, à juste titre, la dysplasie et le sinus dermoïde.
Ce qu'elle ne disait pas est pourtant le fait le plus remarquable de cette race : le gène qui produit sa crête dorsale est aussi celui qui le prédispose au sinus dermoïde. Le trait qui définit la race et son principal défaut congénital sont la même mutation.
La crête et le sinus dermoïde : une seule et même mutation
Des travaux publiés dans Nature Genetics ont montré que la crête dorsale du rhodesian ridgeback et du ridgeback thaïlandais résulte d'une duplication de 133 kilobases portant sur trois gènes de facteurs de croissance. Cette mutation est dominante, et elle prédispose au sinus dermoïde.
Le sinus dermoïde est un tunnel de peau qui se forme pendant le développement embryonnaire et relie la surface du dos aux tissus profonds, parfois jusqu'à la moelle épinière. Il se manifeste par un petit orifice sur la ligne du dos, souvent entouré d'une touffe de poils. Le danger est qu'il peut s'infecter et laisser l'infection remonter jusqu'aux enveloppes de la moelle, ce qui devient très grave.
Trois points pratiques :
- Il est présent dès la naissance. Un éleveur sérieux palpe la ligne du dos de chaque chiot avant la vente : c'est un geste simple et c'est une question légitime à poser.
- Le traitement est chirurgical, et il vaut mieux qu'il soit fait avant toute infection.
- Chez l'adulte, un petit trou ou une zone qui suinte sur la ligne du dos n'est jamais anodin.
Ce lien génétique explique aussi pourquoi les chiots nés sans crête dans une portée de ridgebacks, longtemps considérés comme des ratés, sont en réalité les seuls à ne pas porter le facteur de risque.
L'épilepsie myoclonique juvénile
Absente de cette page, elle est propre à la race et testable par ADN. Le chien jeune, souvent avant l'âge d'un an, présente des secousses musculaires brusques, surtout au moment de l'endormissement ou au réveil, parfois déclenchées par une lumière clignotante.
Le point utile : cela se confond facilement avec des tremblements banals ou des « rêves ». Chez un ridgeback jeune, des secousses répétées méritent d'être filmées et montrées au vétérinaire.
La dysplasie, avec le bon protocole
Cette page indiquait que la dysplasie « peut être diagnostiquée au moyen d'une radiographie dès le plus jeune âge ». C'est à corriger : la radiographie officielle de dépistage se fait après 12 mois, parce qu'avant cet âge l'articulation n'a pas fini de se former et le résultat n'est pas interprétable de la même façon.
Le protocole officiel est une radiographie après 12 mois, sous sédation, lue par un lecteur agréé, et vous demandez les résultats des deux parents. Voir la dysplasie de la hanche chez le chien.
Le reste du bilan génétique
Trois autres maladies sont testables : l'hémophilie B, trouble grave de la coagulation dont le statut doit impérativement être connu avant toute chirurgie ; le collapsus induit par l'exercice, malaise après un effort intense et surexcité ; et la myélopathie dégénérative, atteinte progressive et indolore de la moelle épinière chez le chien âgé, ce qui la distingue de l'arthrose. La sensibilité médicamenteuse MDR1 complète le panel.
Les trois questions à poser à l'éleveur
- Les chiots ont-ils été palpés pour le sinus dermoïde ? C'est la première question sur cette race.
- Le statut des parents pour l'épilepsie myoclonique juvénile et l'hémophilie B.
- Les radiographies de hanches des deux parents, avec leur stade.
Nos sources
- Salmon Hillbertz N.H.C. et al., Duplication of FGF3, FGF4, FGF19 and ORAOV1 causes hair ridge and predisposition to dermoid sinus in Ridgeback dogs, Nature Genetics, 2008 (« a dominant mutation that also predisposes to the congenital developmental disorder dermoid sinus » ; duplication de 133 kb portant sur trois gènes FGF).
- Bilan génétique du chien de Rhodésie à crête dorsale, Antagene (5 maladies testables : épilepsie myoclonique juvénile, hémophilie B, collapsus induit par l'exercice, myélopathie dégénérative, sensibilité médicamenteuse MDR1).
Le dressage
Le rhodesian ridgeback est très intelligent, une qualité pouvant rapidement se transformer en défaut si le chien ne bénéficie pas d’une bonne éducation. Vous devrez vous montrer persévérant et constant, afin que votre charmant compagnon devienne celui que vous avez toujours voulu. Un maître expérimenté ayant déjà possédé un chien de grande taille est nettement préférable. Bien entendu, la force et la brutalité ne mèneront en aucun cas au résultat souhaité, encore moins la solitude. Soyez juste et ferme, faites preuve de patience et récompensez-le dès qu’il vous obéit. Gardez bien à l’esprit que la maturité du chien lion arrive à terme après l’âge de deux ans.

Si vous pratiquez la chasse, sachez que le rhodesian ridgeback n’est pas disposé à rapporter le gibier. Il est donc important de lui apprendre. Bien entraîné, il saura être un merveilleux partenaire de chasse. En revanche, vous n’aurez pas à lui inculquer une quelconque éducation dans le cas où vous voulez en faire un gardien. En effet, il est doté d’une aptitude naturelle pour la garde et la défense. Cette compétence devra simplement être complétée par des cours élémentaires dans un club canin.
Quelques conseils
Cette race est encore assez rare en Europe. Vous rencontrerez certainement des difficultés pour trouver un chiot, car les élevages sont peu nombreux. Pour autant lorsque vous en aurez trouvé un, assurez-vous du sérieux de l’éleveur. Exigez que tous les tests génétiques aient été réalisés et demandez toutes les radiographies ou autres documents attestant que votre nouveau compagnon à quatre pattes n’est pas sujet à une pathologie héréditaire.
Crédits/Photos : Fotolia et © Flickr – Harold Meerveld - Andrew. - elaine... - Baloozer - Andre Hagenbruch





